Une Vie dans les Marges volume 1 (Cornelius)

Je n’avais encore jamais lu de mangas de Tatsumi jusqu’à maintenant. Bien qu’il soit le chef de fil du gekiga, l’homme ayant emprunté le terme pour définir ce genre nouveau, son dessin n’a rien à voir avec celui de Gouseki Kojima (Lone wolf and cub) ou Shirato Sampei (Kamui-den), plus proche de l’« image dramatique » ou du moins de l’idée que je m’en faisais jusqu’à maintenant.

Se pose alors la question : « Qu’est-ce que le gekiga ? ». On ne trouvera pas la réponse dans ce premier tome, tout juste quelques prémices ; il va falloir attendre le second. Rageant ? Non, préparez-vous à redébourser 33 euros pour connaître la fin de l’œuvre et surtout la suite du cheminement de l’auteur vers « son » manga, son parcours pour proposer quelque chose de différent et affirmer sa conception du média.
33 euros, oui, ça fait cher le volume (et ça fait chier des enclumes), mais lorsque la qualité est au rendez-vous, les extrémités de l’acier semblent moins anguleuses. Et l’ouvrage proposé par les éditions Cornélius est à la hauteur.

À mi-parcours, Une vie dans les marges se présente comme un aperçu du Japon des années 50 et un témoignage de l’évolution explosive du manga à cette période. Un point de vue inédit raconté avec sobriété et efficacité. On trouve, certes, peu de fantaisies dans l’agencement ou dans l’élaboration des cases, mais la narration gagne en fluidité ce qu’elle perd en originalité. Difficile de décrocher une fois qu’on a commencé, on découvre un récit intimiste, mais surtout une véritable mine d’or pour quiconque s’intéresse à l’histoire du manga et aux auteurs qui ont participé à sa popularisation, nationale puis internationale.

À lire absolument.

ah merci d’être le premier à donner ton avis sur une vie dans les marges (en plus ça me motive un peu plus à donner le mien)

Le plus gros interet viens surtout de cette perpétuelle mise en parallèle des évènements histoires qui ont secoué le Japon et l’avancé du manga avec un grande mise en avant de l’importance d’Osamu Tezuka dans le développement du manga et forcement du gekiga!
Il nous permet de passer en revue tous les auteurs important de l’époque, l’évolution de la narration, de la demande du public, du milieu de l’édition à l’époque, tout autant de chose qui permettent de donner forme à une veritable bible de l’histoire du manga!

Pas de fioritures, c’est une autobiographie qui se veut explicative et simple ce qui change beaucoup des autres oeuvres de tatsumi sorties en France ou il nous presentait plutôt la misère et la violence ordinaire de manière démonstrative et sensible.
L’auteur arrive à se renouveler même à 60 ans (âge auquel il a commencé Une vie dans les marges)
vivement le volume 2 qu’on aborde la période Garo, en tout cas on effleure le chef d’oeuvre dans ce premier volume passionnant!