VENOM #1-33 (Donny Cates / Stegman, Coello, Bagley)

Je pense déjà qu’on va découvrir que l’Ebony Blade est une construction de Knull.

C’est pas déjà le cas ?

On sait que la Necrosword, dénommée « All-Black », est une émanation de Knull (de son ombre, je crois). Donc il peut très bien avoir généré d’autres armes. Il ne me semble pas que ce soit précisé ou expliqué quelque part, mais bon, cela paraît logique. D’autant que le Black Knight est passé par les cases malédiction / chute / rédemption, et depuis les Avengers de Harras et Epting, on sait qu’il n’a plus besoin de ça pour être intéressant. En revanche, on sait que l’Épée d’Ébène a son propre potentiel d’histoires, donc faire évoluer les deux en parallèles pourrait être une piste.

Jim

Oui, ça me titille depuis l’annonce du one shot King in Black.
L’occasion me semble trop belle.
L’épée a été forgée dans un météore par Merlin. C’est assez flou pour combler.

L’idée me plairait beaucoup. Et contribuerait à l’élargissement de cette espèce de Cates-verse qui gagne en cohérence. Déjà que son travail de rangement sur Venom me satisfait beaucoup, alors s’il va plus loin en y greffant l’un des plus anciens piliers de l’univers Marvel, ça me semblerait savoureux. À voir sur la durée, mais l’idée est intrigante.

Jim

On pourrait y ajouter Blackout

Ah tout ce qui tourne autour des énergies noires et tout ça, ouais, bien sûr…

Jim

Elle est en outre « confirmée » par les dernières pages de King in Black #1 et l’énoncé des expériences/actes de Knull, où on nous dit qu’il a sûrement créé d’autres armes/armées/artefacts.

Pas encore lu.
Ce qui ne saurait tarder puisque j’ai fini de rattraper mon retard sur la série centrale.

Jim

D’ailleurs, puisqu’on parle de rattrapage de lecture…

Donc, Brock a fait l’expérience des pouvoirs de Dylan, qui peut blesser des symbiotes, mais également les commander à distance. Inquiet des capacités nouvelles de l’enfant, il décide de demander de l’aide au Maker, dont il se méfie comme de la peste, mais qui pourrait peut-être lui apporter un quelconque éclairage. C’est là qu’il découvre que ce Reed Richards alternatif porte désormais un symbiote lui aussi, et a développé des connaissances nouvelles sur ces derniers. Mais au moment où les choses se précisent surgit un nouvel ennemi, un certain Virus, qui visiblement entretient une certaine rancœur à l’endroit du héros. On pourra remarquer que le scénariste invente ici un personnage composite (prismatique ?), arborant une armure de War Machine, des peintures de guerre semblable à celles du Punisher, et un planeur sans doute piqué à un Goblin (qu’il soit « green » ou « hob »). Le mystère de son identité sera maintenu quelques épisodes, dans ce qui me semble être un évident clin d’œil aux démasquages traditionnels de la lignée Osborn (et des séries consacrées à Spidey).

Baston, explosion, tout ça : le portail que le Maker a construit en vue de retourner sur son monde à lui (qui dont n’a pas été détruit ? Je comprends plus rien à l’univers post-Hickman, moi…) catapulte ce dernier, Eddie, Dylan et Virus dans d’autres mondes. Si le Maker semble être arrivé dans un monde qui ressemble au sien et qui lui convient, les trois autres ont atterri dans un autre univers alternatif.

Dans ce monde, c’est Venom qui règne. Brock fait notamment la rencontre d’un groupe d’Avengers vénomisés qui font régner une justice expéditive sur la société. On retrouve ici une vision proche de celle que Cates avait proposé dans son Cosmic Ghost Rider, avec des immeubles ornés du logo du personnage et une société pacifiée par la terreur.
À la fin de l’épisode, ayant la preuve qu’il vient d’atterrir dans une dystopie (dont le catalogue Marvel a le secret), Brock croise le chemin des inévitables résistants locaux, parmi lesquels on peut retrouver des versions alternatives de Peter Parker, Cletus Kasady, Wade Wilson et Andi Benton (encore l’inclusion d’un élément du passé vénomien : Cates ne jette rien). Plus grande surprise encore, ce commando souterrain est fédéré par l’Agent Venom, qui n’est pas le Flash Thompson de cet univers, mais… Annie, la femme que Brock a aimée et perdue. Sauf que dans ce monde, c’est Eddie lui-même qui est mort !

Parallèlement à tout cela, on apprend également que ce monde a été conquis par un certain Codex. Si le mot évoque quelque chose à Brock (et aux lecteurs d’Absolute Carnage), on croit un temps reconnaître en ce personnage une version de Knull, peut-être moins puissante mais en tout cas aussi nuisible. Cependant, quelques indices, à commencer par la réaction de Codex à l’annonce de la présence d’Eddie dans son univers, laissent présager que, comme souvent, la vérité est ailleurs…

Le début du récit est illustré par Iban Coelho, qui assure des planches très dynamiques à l’encrage précis. Il est remplacé par Juan Gedeon, dont le trait est plus suggestif, moins précis, plus flou, mais qui ne manque pas de charme et d’énergie (ah, les bastons dans les égouts), même si certaines cases font un peu brouillon.

La belle surprise provient des deux derniers chapitres, illustrés par Luke Ross, qui s’encre dans un style nerveux, plein de hachures et de déliés, qui s’inscrit un peu dans la lignée de l’encrage « brouillon propre » qui fleurit ces temps-ci (dans la foulée des Sean Murphy et des Matteo Scalera). On sent les coups de plume, c’est particulièrement vivant, et ça m’a également rappelé le travail d’un Kieron Dwyer. Super chouette.

Si « Venom Beyond » demeure une exploration d’univers parallèle parmi d’autres, avec son lot de révélations (que sont devenus les versions alternatives des personnages, comment le destin a basculé), elle sert aussi l’avancée du récit (on a la confirmation de l’identité de Virus, ce qui permet aussi de développer de nouvelles capacités régénératrices des symbiotes, et donc de « réparer » Brock sans que ça fasse trop « cheveu sur la soupe ») et vaut vraiment pour sa conclusion, qui est assez chouette : plutôt que de tabasser le méchant, Eddie et Annie tentent autre chose, à savoir une embrassade guidée par le pardon. Cela inscrit la séquence dans la logique récurrente de la série, à savoir « ensemble, on est plus forts ». Cela renvoie aussi à certaines séquences intéressantes dans d’autres récits du scénariste, impliquant le rapport entre le corps, l’esprit, le mal et le pardon. C’est plutôt bien troussé.

Le cinquième chapitre ramène, à la fin, Eddie et Dylan dans leur monde d’origine. Où bien entendu, les étoiles ont disparu : il s’est passé des choses durant leur absence, et ça annonce King in Black.

Jim

Un numéro assez léger.
Suite directe de King in Black #1, on voit Eddie tomber après que Knull l’ait dépossédé du symbiote… et il tombe durant tout l’épisode. Bon, une voix-off issue du vétéran vu au début rappelle « la base » d’Eddie Brock, et poursuit le travail de Donny Cates pour réhabiliter Eddie, d’anti-héros à héros.
Mais bon, la chute est longue. On voit un peu Dylan, on voit Eddie essayer de s’en sortir, jusqu’à l’impact final. Mouais.
Léger, rapide, et pas vraiment intéressant, même si les caractérisations restent bonnes. Iban Coello livre des planches correctes, bien adaptées à l’ambiance de la série.

Mouais, mouais.

Pour ma part, j’ai trouvé l’épisode assez rusé, au vilain sens du terme.

En effet, on est au début du cross-over. Donc Brock est dans une situation critique à la fin du premier numéro de King in Black, et le lecteur (enfin, moi en tout cas) se dit que, bon, dans ce chapitre annexe, Brock va se terrer dans un coin, faire une rencontre qui lui permettra de rebondir, se connecter à un autre symbiote, rallier une alliance souterraine… Bref, tous les espoirs sont permis, d’autant que, justement, le scénariste ouvre l’épisode sur Rex Strickland, personnage du début de la série qui avait tenu le rôle d’éducateur auprès de Brock un peu à la manière de Stick auprès de Matt Murdock, à lui expliquer les tenants et les aboutissants de choses qu’il ne comprenait pas.

Et justement, envoyant tous les signaux d’ordinaires liés à un retournement de théâtre, au surgissement d’un deus ex machina quelconque, Cates préfère justement ne rien faire, et laisser littéralement Brock tomber au sol. Même la séquence consacrée à Dylan, qui peut être perçue comme une piste pour un éventuel sauvetage, aboutit sur une impasse, les auteurs étant parvenus à consacrer un épisode entier, trente-deux secondes (c’est le titre) et un nombre invraisemblable d’étages, à une simple chute.

Cela raffermit encore la dimension catastrophique de l’intrigue, et nourrit la sensation de danger qui s’en dégage. Le lecteur qui découvrira la saga plus tard, par exemple à l’occasion d’un futur recueil, verra dans ce chapitre une volonté de faire durer le suspense (voire de remplir les pages), mais à suivre l’affaire « en direct », cet épisode bat le froid et le chaud et malmène le lecteur. J’avoue que je trouve le procédé plutôt réussi.

Jim

Je comprends… mais ça n’a pas pris sur moi.
Car cette impression d’apocalypse et de désespoir, je l’ai déjà dans King in Black #1, en fait.
Donc là, ça fait doublon pour moi.

Oui, bien sûr, mais bon, pour un épisode « suite directe » qui avait tout pour promettre un rebond, un début de contre-attaque, une réaction, je dois avouer que ça fonctionne bien : ça douche les espoirs, et froidement.
Après, ouais, une relecture rétrospective mettra sans doute en évidence ce doublon…

Jim

(W) Donny Cates (A/CA) Iban Coello, Jesus Aburtov
KING IN BLACK ARRIVES!
• EDDIE BROCK is about to face the biggest challenge of his life…but he’s not alone.

Rated T+
In Shops: Jan 06, 2021
SRP: $3.99

Pas mal, pas mal.
La série Venom est une annexe indispensable à King in Black, et s’intéresse uniquement à Eddie Brock - ce qui est autant logique vu le nom du titre, mais aussi très pertinent pour cette approche personnelle et directe.
Là, on suit Eddie qui est mort à la fin de King in Black #2 mais qui se trouve en fait dans la ruche collective des symbiotes, où il retrouve un vieux copain… puis l’esprit de Flash Thompson, aussi. L’épisode semble ne pas raconter grand-chose, mais il est très fin dans l’approche d’Eddie, et le travail pour en faire un vrai héros est intense mais bien fichu.
J’aime bien, même si c’est moins « fort » ou imposant que King in Black. Iban Coello livre de jolies planches, dans la veine de Stegman, et c’est réussi.

Un compagnon indispensable et pertinent à King in Black.

Clap de fin pour Cates & Stegman sur Venom avec le #200 (juste après la conclusion de King in Black).

As the King in Black spreads his suffocating darkness across the Marvel Universe, Eddie Brock looks for a light, any light, that can pierce it — and comes up empty-handed…

Venom #33

Written by Donny Cates
Art by Iban Coello
Colors by Jesus Aburtov
Letters by Clayton Cowles
Cover by Iban Coello
Release Date : February 3, 2021

Efficace.
Donny Cates utilise la série Venom pour appuyer King in Black, faire avancer les pions mais surtout acter l’évolution de son Eddie Brock. Jim en a beaucoup et bien parlé ici, Cates fait un bon travail pour que Eddie accepte et assume d’être un super-héros, et non plus un super-vilain ou un anti-héros flou.
Là, Donny Cates y va « à fond » avec un dialogue avec Flash Thompson, dont l’ombre a été forte au début pour acter le fait que Eddie soit « indigne » de ce successeur plus héroïque. L’auteur gère bien cet aspect, creuse bien les ruches des symbiotes.
L’ensemble fonctionne bien, et Iban Coello produit des planches solides, dans la lignée de Stegman.

Un bon complément, qui affine le projet sur Eddie Brock.

A cause de vous j’ai acheté les 2 premiers tomes de Venom en VF et c’est très sympa à lire ^^!
Un peu bourrin pour le 1er arc mais ça reste Venom donc attendu.
Les voix off sont parfois pénibles mais je me surprends à aimer Brock (bien plus que Thomson).

Et je trouve le personnage de Knull, une sacrée bonne idée, ou comment Cates remplit les trous de la continuité des copains pour son histoire. Rien que Knull expliquant pourquoi les symbiotes détestent le bruit et le feu, ça me plaît bien.

Vivement la suite !