Vers une concentration des éditeurs ?


(flo32) #1

Bonjour !

Je ne me prétends pas du tout un spécialiste du Manga ou de la Bande Dessinée en général, mais au fur et à mesure de mes lectures/discussions/visite chez les libraires, j’ai remarqué (et je ne dois pas être le seul), plusieurs choses.

  • L’augmentation globale du prix du manga. Je suppose que c’est lié, au moins en partie, à la réussite du manga en France. Mais je me souviens qu’il y a 5 ou 6 ans, j’achetais mes Angel Sanctuary (Tonkam) 5,25 euros pièce. Ils valent aujourd’hui 6,25 euros.
  • La réduction du nombre d’éditeurs. Il devient difficile de se procurer certaines séries, parfois très intéressantes (je pense aux premières saison de Jojo’s par exemple, paru aux éditions J’ai Lu), car l’éditeur a mis la clé sous la porte. Récemment, j’ai cru comprendre que le changement d’Asuka en Kazé allait de pair avec la fin d’édition de certaines séries déjà terminées (dites-moi si je me trompe, je ne prétends pas avoir la science infuse sur ce sujet). On constate le même processus dans le manwha, avec les éditions Samji qui ont repris Tokebi/Saphira.
    Une série comme Les Trois Royaumes a été stoppée par Toki. J’en passe et des meilleures.

J’en viens au fond de mon sujet: Ne faut-il pas craindre, à terme, une monopolisation du marché du Manga par de très gros éditeurs, ce qui conduirait à considérablement réduire l’offre ? On passerait ainsi à côté de séries remarquables mais jugées trop ardues/risquées… N’est-ce pas déjà un peu le cas ?
Je pense que la plupart d’entre vous conviendront que les blockbusters, c’est bien, mais que les titres alternatifs représentent un aspect intéressant du manga.
Pensez-vous que la concentration des éditeurs est un fléau pour le monde du manga ? Je sais que je me projette à long terme, mais j’ai peur que la monopolisation des maisons d’éditions amène à condamner certaines séries assez longues, déjà commencées mais - parce qu’elles ne seraient pas assez rentables -, seraient stoppées au milieu de sa parution par l’éditeur français. Un peu comme au Japon actuellement pour certains titres, il me semble.

PS: Désolé si un sujet similaire a déjà été évoqué récemment, j’ai regardé rapidement, je n’ai rien trouvé.


(Nil Sanyas) #2

L’inflation, ça touche tous les secteurs dans tous les pays du monde (sauf quelques exceptions).

Qui plus est, le secteur de l’édition est lié à d’autres secteurs (imprimeries, etc.). Si un augmente, tous les autres augmentent. Et l’inflation dans le marché du manga est pour le moment pas si dingue que ça.

Pour la mort d’un éditeur, y’a aussi la création de bien d’autres éditeurs. Il existe des marchés avec deux ou trois entreprises. Le marché du manga en est encore TRES loin. Il y a combien d’éditeurs aujourd’hui ? 30 ? Plus ? Ok, y’en a 5 qui mangent sûrement 80 voire 90 % du marché (voire plus ?), mais on est encore vraiment loin d’une concentration des éditeurs. Cela arrivera peut-être, mais à l’heure où on dit qu’il ya trop de mangas qui sortent, ça m’amuse de voir que t’as peur que le nombre de sorties se réduise :mrgreen:

Cependant, à long terme, des rapprochements ne sont pas impossibles… (comme dans n’importe quel marché)

Concernant les séries indisponibles, pas besoin qu’un éditeur ferme ses portes pour que ça arrive… Des vieilles séries Tonkam et Pika sont aujourd’hui très difficiles à avoir par exemple. C’est juste une histoire de production et de licence.

Sinon, pour les séries non rentables, si t’es un petit éditeur, t’as plus de chance de l’arrêter que si t’es un gros qui a un Naruto à côté qui compense non ?

Non parce que si t’es un petit éditeur, et qu’en plus tu perds de l’argent sur tes séries, tu files droit vers la faillite… La logique petit éditeur = gentil = continue jusqu’au bout les séries me semble idéaliste et surtout très fausse. Le “respect” des séries des petits, et les méchants gros qui ne veulent que faire du fric, c’est un peu manichéen comme principe. Les petits aussi veulent faire du fric.


(ivan isaak) #3

Evolution normale du marché… Nous n’avons pas à nous en réjouir, c’est sûr, mais c’est “logique” et malheureusement inéluctable.

Pas du tout, bien au contraire… Si certains “mettent la clé sous la porte”, d’autres arrivent et “prennent la place”, sans aucun problèmes. On est très loin d’une réduction des éditeurs, certains décidant de cibler une catégorie bien précise.

[quote=“flo32”]Récemment, j’ai cru comprendre que le changement d’Asuka en Kazé allait de pair avec la fin d’édition de certaines séries déjà terminées (dites-moi si je me trompe, je ne prétends pas avoir la science infuse sur ce sujet). On constate le même processus dans le manwha, avec les éditions Samji qui ont repris Tokebi/Saphira.
Une série comme Les Trois Royaumes a été stoppée par Toki. J’en passe et des meilleures.[/quote]

Tu mélanges un peu tout là… Les titres “arrêtés” pas Asuka étaient des très vieux titres du catalogue et leur disparition était tout à fait normale puisqu’ils ne se vendaient plus du tout. Pareil pour Samji, rien à voir. SEEBD (Tokebi+Saphira+Kabuto+Akiko) a fait faillite (suite à une gestion… bref, ce n’est pas le sujet) et l’ancien responsable de la branche manwha a décidé de reprendre cette partie du catalogue (preuve de ce que je disais plus haut : un éditeur part et un autre le remplace). Pour l’exemple des 3 royaumes, il en rejoint beaucoup d’autres mais il s’agit une nouvelle fois d’un cas “normal” : un éditeur (ou un titre d’un éditeur) qui ne fait pas de bénéfices n’a aucune raison de continuer dans cette voie…

[quote=“flo32”]J’en viens au fond de mon sujet: Ne faut-il pas craindre, à terme, une monopolisation du marché du Manga par de très gros éditeurs, ce qui conduirait à considérablement réduire l’offre ? On passerait ainsi à côté de séries remarquables mais jugées trop ardues/risquées… N’est-ce pas déjà un peu le cas ?
Je pense que la plupart d’entre vous conviendront que les blockbusters, c’est bien, mais que les titres alternatifs représentent un aspect intéressant du manga.[/quote]

Vu l’état actuel du marché du manga en France, aucune chance. En tout cas pas dans les proportions que tu sembles imaginer. Le marché actuel est déjà détenu en très grande majorité par 9 éditeurs, mais il y en a tout de même plus d’une trentaine différents… Il suffit de voir le nombre de nouveautés parues cette année en France : on bat tous les records.

Déjà, il n’y aura pas de monopolisation des maisons d’éditions, en tout cas pas plus qu’aujourd’hui. N’importe quelle série, courte ou longue, peut être arrêtée si elle ne se révèle pas assez vendeuse. Et c’est normal… Un éditeur ne va pas perdre de l’argent sans réagir. Après, certains sont plus “doués” pour cela que d’autres… Au Japon, l’oeuvre s’arrête mais l’auteur a la plupart du temps la possibilité de finir sa série (il est prévenu quelques semaines avant la fin de la parution) : on est donc dans un cas totalement différent.

Bref, je pense que l’on est très loin de ce que tu imagines, même si personne n’aurait été capable de prédire il y a 5 ans l’état du marché actuel… Il y aura toujours de gros éditeurs et des plus petits, qui ne jouent absolument pas dans la même catégorie et ne visent pas le même lectorat. Pas vraiment de quoi s’alarmer à mon avis.


(Sherryn) #4

Je pense tout le contraire. Si les éditeurs pouvaient arrêter de faire la course au block buster en publiant tous les mêmes genres de titres (je ne nommerai pas le shônen à rallonge…), on aurait droit à davantage de titres peut-être moins vendeurs mais très intéressants quand même.