VIOLENT CASES (Neil Gaiman / Dave McKean)


(Benoît) #1

[quote]Violent cases
*Ecrit par Neil Gaiman
Illustré par Dave McKean
Traduit par Michel Pagel
Paru le 25 mai 206
Support Livre broché
Nb de pages 48 p. (2006)
ISBN-10 2846261075
ISBN-13 9782846261074
Prix : 17,00 €

« Après l’accident, j’ai eu le bras en écharpe. Mon père m’a emmené chez un ostéopathe dont on lui avait parlé. On a traversé les rues grises de Portsmouth et on s’est arrêté devant une maison crasseuse.
On est descendu au sous-sol.
Là, il y avait quatre ou cinq vieux messieurs qui parlaient et faisaient cuire le même genre de trucs que mes grands-parents, des trucs bizarres, qui ne sortaient pas d’un emballage.
L’un d’eux était l’ostéopathe d’Al Capone. »

Publié pour la première fois en France par Zenda en 1992, complètement épuisé depuis plus de dix ans, c’est avec une nouvelle et somptueuse palette chromatique, toute en nuances de bleus, de gris et de bruns, que se présente Violent Cases dans cette nouvelle édition.

Ce comic est le premier produit par le duo magique formé par le scénariste Neil Gaiman et le dessinateur Dave McKean, dont la longue collaboration a donné à lire Coraline, Mirrormask, Des loups dans les murs ou encore Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges.
Dans ce récit onirique, sombre mais magnifique, Gaiman se met en scène lui-même et, s’adressant directement au lecteur, évoque ses souvenirs d’enfances. Il se souvient de sa rencontre avec un vieillard qui se révèle avoir été l’ostéopathe d’Al Capone.

Une fascinante mise en abîme, où dessins et scénario se déroulent comme de vrais souvenirs, insaisissables et évanescents. A mesure que le gamin écoute les souvenirs du vieil homme, le lecteur découvre avec lui l’époque de la prohibition et de ses armes que l’on cachait dans des étuis à violons, les « violent cases ».*[/quote]

Lien:
Le site de l’éditeur : www.audiable.com


(Photonik) #2

Superbe, en effet.
Avec “Signal to noise”, un des travaux les plus intéressants du duo, bien plus fort à mon avis qu’un “Black Orchid” de bonne facture, mais qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable non plus, que ce soit au niveau du scénario ou celui de l’illustration…

Une histoire d’une grande originalité et qui explore une thématique qui court sur toute l’oeuvre de Gaiman, mais de manière plus frontale dans ses premiers travaux : le rapport entre la fiction et la réalité, avec notamment le recours à l’évocation des souvenirs comme illustration de la fusion des deux (les souvenirs, faillibles par nature, sont un mélange de réalité et de fiction en quelque sorte), du caractère naturellement enchevêtré des deux.

A noter que Gaiman sur ce oeuvres là ne rédige pas à proprement parler de script comme on le fait pour une B.D. “classique” : il rédige des textes, qui sont mis en page et illustré par McKean, entièrement en charge du “découpage” (entre guillemets parce que les planches ne sont pas toujours découpées justement).

Du grand art, dont un des points forts est comme pour “Signal…” son originalité.

Il ne faudrait pas non plus oublier une oeuvre plus tardive du tandem (mais pas rééditée depuis longtemps je pense) que j’aime aussi énormément, où McKean change sensiblement d’approche : c’est “Mr Punch”, autre sommet de leur travail en duo.


(artemus dada) #3

Tout à fait d’accord avec toi sur Violents Cases et sur Mr punch, mais j’émettrais beaucoup moins de réserve sur Black Orchid dont je garde un souvenir impérissable.


(Benoît) #4

En dépit du fait que c’était un travail de commande, j’ai beaucoup aimé Black Orchid, dont la poésie de l’histoire et les thématiques de la renaissance et de la recherche d’identité m’ont touchées.


(artemus dada) #5

[quote=“Benoît”]
En dépit du fait que c’était un travail de commande, j’ai beaucoup aimé Black Orchid, dont la poésie de l’histoire et les thématiques de la renaissance et de la recherche d’identité m’ont touchées.[/quote]

Je n’aurais pas dit mieux.


(Benoît) #6

C’était aussi ma porte d’entrée sur le travail des auteurs, que je ne connaissais que via des articles parus dans le défunt magazine Eklipse, dont un entretien fleuve avec Neil Gaiman sur Sandman que je proposerai en fin de semaine prochaine (en y repensant, c’est fou le nombre d’auteurs et de bande dessinées que j’ai découvert rien qu’avec deux numéros de cette revue).


(Photonik) #7

Faudrait que je relise “Black Orchid” alors, peut-être…
Après, si mes souvenirs sont bons, j’ai dû découvrir ça à peu près en même temps que le “Swamp Thing” de Moore, où les thématiques de la renaissance et de la recherche d’identité sont également présentes, ey j’en ai gardé un souvenir plus fort.
Derrière cette lecture, “Black Orchid” m’avait laissé un petit goût de déjà-vu, malgré les différences entre les deux oeuvres.
Quelques années ayant passé, je peux relire ça avec un oeil plus “frais”, ouais.