WESTERN (Jean Van Hamme / Grzegorz Rosinski)

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La critique de Western T.1 (simple - Le lombard) par ginevra est disponible sur le site!

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Un homme arrive dans l’ouest sauvage pour une mission encore mystérieuse. Au fil des dialogues, on découvre qu’il cherche son neveu, apparemment enlevé enfant par les Indiens. Quand il retrouve le jeune homme, il décide de l’abattre : en effet, ce dernier est l’héritier direct d’une grosse fortune, dont il faut se débarrasser pour toucher le pactole. Il s’avère qu’il s’agit d’une escroquerie, le faux Indien s’enfuit, non sans avoir perdu son frère complice ni sans avoir abattu le méchant oncle. S’ensuit une fuite de dix ans, jusqu’à ce que l’adolescent, devenu jeune homme mais désormais manchot, revienne dans la région, avec un plan en tête. Il rencontre le shérif, qui lui même a un plan en tête. Et le destin va faire en sorte qu’aucun des deux ne se réalise comme prévu…

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Récit d’usurpation d’identité à tiroir, Western égrène les fausses pistes. Les personnages avancent tous plus ou moins masqués, n’annonçant pas leurs projets, qui souvent déjouent les attentes des lecteurs. Ce projet parallèle des créateurs de Thorgal, né en partie de l’envie de Rosinski de se frotter à de nouvelles techniques graphiques, peut se lire comme une sorte de pastiche de XIII, mais un XIII qui tournerait résolument mal. Les intrigues à tiroir et les révélations en cascade fonctionnent assez bien. On reprochera peut-être un épilogue un peu court, deux planches là où quatre auraient mieux tourné.

En dépit de ce petit bémol, Jean Van Hamme fait preuve d’une maturité d’écriture qui l’amène à bâtir des séquences audacieuses et maîtrisées. La voix off d’ouverture est épatante d’efficacité, mais la double page résumant dix ans d’errance est un beau morceau également.

Quand à Rosinski, il traite les couleurs d’une manière plus libre que sur Thorgal, glissant des techniques picturales en complément du trait (ce qui occasionne des cases nocturnes particulièrement réussi). Le chapitrage du récit est renforcé par les ruptures marquées grâce à des toiles occupant des doubles pages, et que l’illustrateur réalise dans la tradition des peintres de l’Ouest américain, à l’exemple de Charles Russell ou de Frederic Remington.

Rien que pour ces tableaux magnifiques, l’album faut le détour.

Jim

PS : et BONNE ANNÉE 2020 à tous !

Je l’ai lu il y a un paquet de temps, cet album, à une époque où j’avais laissé la BD européenne de côté, et donc je ne savais pas ce qu’était la collection Signé. J’avais beaucoup aimé et j’ai su par la suite qu’il avait plusieurs bonne réputation, pas usurpée d’ailleurs. Il faudrait que je le relise avec le prisme d’aujourd’hui.

Edit : et bonne année à toi aussi, Jim.

Ce genre de collections prestigieuses m’a servi à me refamiliariser avec la bande dessinée franco-belge, il y a quelques années. J’étais un peu perdu au milieu des séries à suivre, des éditeurs que je confondais, des personnages que je ne situais pas vraiment, et ça me servait de prisme, de filtre.

Je serais curieux d’avoir ton avis.

Jim

J’ai cherché et je ne le retrouve pas. Donc, je pense que j’ai lu ça ailleurs et que j’ai confondu avec un autre signé que j’ai.

Et ça te fait un nouveau truc à chercher !
:wink:

Jim

Je crois que les « Signé » vont être mes prochains défis, ouais. J’en ai quelques-uns mais faut que j’y regarde de plus près, en fonction des thèmes.

Et des auteurs, peut-être, aussi ?

Jim

Aussi, oui.