WESTWORLD (Saisons 1-4)

[size=85]Westworld de Michael Crichton/1973[/size]

…. **[size=150]C[/size]**ontrairement au premier épisode de la série télévisée Cage (Pour en savoir +), celui de Westworld est le théâtre d’un feu d’artifices diégètiques saisissant : chaque personnage dépassant le rôle de figurant semble capable de produire du récit. Voilà une idée éminemment généreuse dont l’un des principes actifs est de captiver sans coup férir (c’est du moins ce type de réaction que cela génère chez moi)
Et alors que la répétition est au cœur de l’intrigue de cette première histoire, cette dernière suscite a contrario plus d’intérêt que d’ennui ; un joli tour de force.

Le pitch de cet épisode qui reprend peu ou prou celui du film dont il s’inspire a été sans nul doute réécrit sous l’obédience d’un Philip K. Dick en pleine possession de ses moyens (dont l’imagination semble avoir pollinisé un large part de l’imaginaire collectif des créateurs de mondes imaginaires en activité) : paranoïaque à souhait. Et très réussi !

Un départ très prometteur donc, qui en prenant le risque de saturer le spectateur de subplots, risque néanmoins plus de décevoir que de passer la seconde.
Mais il en va des séries télévisées comme des professionnels du tennis ; il y a celles qui jouent en fond de court et celles qui montent au filet.

[size=85]À la manière des matriochkas les intrigues s’emboîtent, et promettent un « jeu » dans le « jeu » [/size]

Pour ma part je préfère largement les secondes aux premières, et je crois que Westworld en fait partie.

(*À suivre … *)

J’ai été soufflé par ce premier épisode : la série est à la fois fidèle à ce que l’on pouvait en attendre (quand on en connaît le principe) et surprenante à bien des égards…

On peut commencer par relever que la série, dotée semble-t-il de moyens conséquents, a une sacrée gueule : réalisation, interprétation, etc… tout ça est au top, sans l’ombre d’un doute.
Malgré cette facture technique irréprochable, c’est quand même l’écriture qui épate le plus.

L’idée des récurrences, répétitions et autres « glitchs » narratifs, je la trouve incroyablement porteuse, et bien menée ici. La répétition de certaines scènes ou répliques, voire de plans identiques, c’est « cinématographiquement » passionnant (c’est pas pour rien que des auteurs de la trempe d’un Luis Bunuel se sont penchés sur ces procédés).
Le scénario réserve une sacrée surprise au spectateur informé par la vision du film de 1973 ; on croit avoir affaire à tel type de perso et on se rend compte qu’on a été mené en bateau. Et quand un personnage semble avoir en apparence épuisé son potentiel, hop, on rebondit et on embraye sur une autre idée qui enrichit le show (le Man In Black incarné par Ed Harris promet énormément).
J’ai d’ailleurs lu quelques commentaires sur le net où les spectateurs qui ne connaissent pas le film de Crichton se plaignaient du manque de clarté de l’histoire : je peux le comprendre. Ce premier épisode s’adresse me semble-t-il essentiellement aux autres, ce qui ont vu « Mondwest », pour en goûter toutes les subtilités ; j’imagine cependant que ce petit écueil sera surmonté à l’occasion du déroulement de la série.

Très impressionnant, vraiment ; je ne m’attendais pas forcément (même si c’est cohérent au fond) à voir planer l’ombre du grand Mamoru Oshii (« Ghost In The Shell ») sur ce titre, mais l’influence semble assumée, comme en atteste le très beau générique qui renvoie un peu à l’imagerie du génie nippon de la SF.
Comme lui, « Westworld » est porteur d’un type nouveau d’empathie, celle que l’on pourrait éprouver à l’égard des machines ou des êtres artificiels en règle générale, une idée que l’on peut étendre aux personnages de fiction eux-mêmes (puisque les machines ici sont prises dans des boucles narratives).

Puissant, et potentiellement vertigineux.

Je ne peux que « plussoyer » tout ça.

Dites, un nom m’a frappé en regardant le générique du 2e épisode… Ed Brubaker y est crédité en tant que supervising producer (quoique ça puisse vouloir dire). Et après un peu de recherche il serait l’auteur du scénario pour l’épisode 4. 8)

Ah tiens, la nouvelle m’avait échappé…

Après vérif’, l’épisode écrit par Ed Brubaker est réalisé par Vincenzo Natali (Cube, Hannibal…).
Et l’épisode précédent, le numéro 3, est signé Neil Marshall (The Descent, Game of Thrones…).

Au fait, voici un billet sur le film à l’origine de la série :

comics-sanctuary.com/forum/mondwest-michael-crichton-t87505.html

[size=85]Déjà en 1980 il y avait un pistolero tout de noir vêtu[/size]

…. [size=150]C[/size]’est au réalisateur Ted Post (réalisateur de Pendez-les haut et court et d’au moins un Dirty Harry) que revient l’honneur d’ouvrir le bal de la très courte série Beyond Westworld, diffusée sur les écrans de télévision américains au cours du mois de mars 1980 : 5 épisodes de tournés mais seulement trois de diffusés pour le compte de la chaîne CBS.
Et on comprend pourquoi dès le premier intitulé :« Westworld Destroyed ».

Effectivement, terminé les parcs d’attractions, les robots sont parmi nous, et ils veulent le bien de l’humanité.
Du moins c’est ce que dit l’un de leurs concepteurs passé à la clandestinité et pour qui tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Même éradiquer une ville des Etats-Unis grâce à un missile nucléaire et l’aide d’une de ses inventions. Des inventions dont il a bien entendu le contrôle ; un robot reste un robot (robota signifie corvée, travail).

[size=85]Robert Wolfe au travail[/size]

…. Si on regarde attentivement les scénarios de nos programmes préférés, tout autant que certains de nos romans et de nos bandes dessinées favoris, il y a de fortes probabilités que lesdits scénarios nous apparaissent un brin naïf ou bien trop alambiqués mais, emmené ici par l’interprétation d’acteurs talentueux, là par la mise en scène ou le storytelling, voire par l’épaisseur psychologiques des personnages et les rebondissements inattendus, la pilule non seulement passe mais elle laisse une empreinte dont le bon souvenir restera vif longtemps.

Dans le cas de Beyond Westworld il y a peu de chance que ce soit le cas. En effet si tout le monde ne peut pas avoir inventé la poudre, ça n’excuse pas de ne pas savoir s’en servir.

Alors certes je l’ai vu ces jours-ci, et ma fraîcheur n’est plus celle d’un adolescent de 13 ans (« l’âge d’or » selon Philip K. Dick), mais force est de constater que rien ne sauve ce programme.

Les acteurs ont fort peu de charisme, la mise en scène déjà pas formidable, est en plus plombée par des stock-shots dont le but est sûrement de parvenir à tenir le temps réglementaire de ce type de programme, malgré l’épaisseur d’un scénario qui tient sur un ticket de métro (par ailleurs le seul moyen de locomotion qu’on ne voit pas dans cette histoire).

…. Incidemment les prétentions de Simon Quaid, l’ingénieur à l’origine des robots du parc Westworld, et la présence d’un pistolero vêtu comme il convient de noir, n’ont peut-être pas été oublié par tout le monde.

[size=85]Même tenue ou presque, même position de l’arme crosse de revolver retournée[/size]

Cela dit j’ai aussi découvert une anecdote en passant, sans beaucoup de précision, ce qui est dommage ; bref treize ans avant Michael Crichton un dénommé Robert Wolfe aurait - selon les archives photographiques du magazine LIFE, mis au point un « pistolero robot », que l’on peut voir notamment sur une photographie face à Mike Connors.
Plus connu peut-être dans l’Hexagone sous le nom de Joe Mannix (un épisode de la série ***La Quatrième dimension *** de Rod Serling ?).

Étonnant non !?


Merci au Spy de m’avoir donné la possibilité de voir ce premier épisode.

[quote]Cela dit j’ai aussi découvert une anecdote en passant, sans beaucoup de précision, ce qui est dommage ; bref treize ans avant Michael Crichton un dénommé Robert Wolfe aurait - selon les archives photographiques du magazine LIFE, mis au point un « pistolero robot », que l’on peut voir notamment sur une photographie face à Mike Connors.
Plus connu peut-être dans l’Hexagone sous le nom de Joe Mannix (un épisode de la série La Quatrième dimension de Rod Serling ?).[/quote]

J’avais déjà eu l’occasion de voir ces photos et je n’avais pas trouvé non plus d’infos sur leur origine. Je pencherais tout de même pour des photos promotionnelles pour un article sur le pistolero robot de Robert Wolfe…Mike Connors n’a jamais joué dans des séries du genre Au-delà du réel et La Quatrième Dimension (on le trouvait surtout au générique de polars et de westerns) et vu la date de la photo (1960), ça ne correspond pas à ce qu’il tournait à cette période (la série Tightrope).

[quote=« Le Doc »]
…] Mike Connors n’a jamais joué dans des séries du genre Au-delà du réel et La Quatrième Dimension …][/quote]

Oui j’avais vérifié ce qu’il tournait aux alentours de la date supposée de la photo, et finalement sur tout ce qu’il a fait de connu ; et même s’il n’a pas tourné dans La Quatrième dimension, l’idée me plaisait tellement que je n’ai pas pu m’empêcher d’y faire référence.

Une sorte d’épisode « oublié ». :wink:

[quote=« artemus dada »]

[quote=« Le Doc »]
…] Mike Connors n’a jamais joué dans des séries du genre Au-delà du réel[/quote]

et La Quatrième Dimension …]

Oui j’avais vérifié ce qu’il tournait aux alentours de la date supposée de la photo, et finalement sur tout ce qu’il a fait de connu ; et même s’il n’a pas tourné dans La Quatrième dimension, l’idée me plaisait tellement que je n’ai pas pu m’empêcher d’y faire référence.

Une sorte d’épisode « oublié ». :wink:[/quote]

Et c’est franchement une jolie idée…c’est le genre de photo qui laisse libre cours à l’imagination… :wink:

J’ai été décidément si emballé par l’entame de ce « Westworld » nouvelle génération que j’en étais à me tâter à regarder ce prototype de « spin-off » ; dieu merci ton billet m’en dissuade. :wink:

C’est un peu mon cas car le film m’est complètement inconnu. On sent derrière le fantôme de références.

Mais l’excellente production m’a fait resté sur mon fauteuil. Mais j’espère que ce sentiment s’estompera. :wink:

Je pense à l’aune du deuxième épisode que c’est déjà le cas. Le show prend son indépendance, s’appuie sur sa propre cohérence interne pour se déployer et s’éloigne de son modèle original, très ostensiblement, au niveau de la tonalité.
(pour le premier épisode et ses « références fantômes » comme tu dis, c’est surtout le jeu sur les attentes du spectateur par rapport aux rôles respectifs de Marsden et Harris qui est savoureux, et l’apparition du vieil automate touchante et un peu « méta »… Les autres rappels ou clins d’oeil me semblent plus anecdotiques).

Et je dois dire que ce deuxième épisode, sacrément bien troussé dans son genre, me laisse à penser que cette série peut prendre une belle ampleur dans des délais très brefs. Le morceau de bravoure autour du « gunslinger » incarné par Ed Harris, joliment ébouriffant, promet du lourd quand les enjeux se préciseront. L’émotion déjà très palpable sur le premier épisode se manifeste autour du perso incarné par Thandie Newton, pour un rebondissement qui surgit finalement très tôt (et en appelle d’autres du genre, on imagine, avec celui incarné par James Marsden par exemple).

Vraiment une série à suivre de près, je crois.

Épisode 1.
C’est un petit bijou de construction scénaristique, à la fois pensé pour ceux qui connaissent le film comme pour ceux qui ne l’ont pas vu.
Le cast est également impressionnant. Wright est toujours aussi bon dans la sobriété, Hopkins « incarne » enfin (ça faisait un bail), Harris est égal à lui-même (ce mec a-t-il fait ne serait-ce qu’une bouse ?), Kundsen et Rachel Wood sont au diapason… et les seconds rôles sont accrocheurs. Mention spéciale à Louis Herthum pour sa composition dans la dernière partie (joli spectre émotionnel).
Bref, avec The Night of, c’est ce que j’ai vu de mieux cette année.

[quote=« sylvain cordurié »]
Hopkins « incarne » enfin (ça faisait un bail), [/quote]

Moi qui déteste cet acteur en temps normal, je dois avouer que j’aime bien ce qu’il fait là. Il paraît qu’il est très motivé par la série, à ce que j’ai lu…

Ça me rappelle sa lettre à Cranston…
Comme tous les acteurs, il voit ce que les séries d’aujourd’hui offrent comme possibilités. Le temps de construire un personnage, une écriture et une réalisation soignées. Il finit sa carrière sur des rôles plutôt trippants : Odin, ce Gepetto moderne…

C’est marrant, sans être déshonorante, je trouve la série Westworld un peu « bateau » pour le moment. Je ne déniche pas le coup génie. Rien de ce qui ce fait ici n’a pas déjà été dit par un Michael Crichton - dans le précédent Mondo et surtout Jurassic Park - qui se serait envoyé toute l’œuvre japonisante sur le thème de l’homme contre la machine (Ghost In the shell, Metropolis, il y a de quoi faire, etc.)

C’est joli, c’est bien propre, les pièces de la machine sont bien usinées, les acteurs y croient (mention spéciale à l’excellent Jimmi Simpson) mais la série ne me transporte pas. Elle est justement trop bien huilée pour me surprendre totalement. Je ne crois pas pouvoir bien l’expliquer mais elle manque d’honnêteté. En plus, je n’ai pas confiance en Jonathan Nolan pour relancer l’intrigue régulièrement.

Par goût du débat, je te dirais qu’il n’est pas illogique, en termes de cohérence, que le show à ce stade se donne comme « une machine trop bien huilée » ; à ce stade, j’entends. C’est raccord avec ce que la série raconte, des machines qui se mettent à « glitcher ».
Logiquement, les grains de sable qui commencent déjà à gripper tout ça devraient faire dérailler ce côté trop propre et « joli » que tu évoques.

Je n’ai pas une confiance aveugle en Nolan (dont je n’aime pas les travaux pour le compte de son frangin), mais la façon dont il commence à amener les questions « Ghost In The Shell » sur le tapis me semble très intéressante…

Je n’ai pas de quoi faire débat. C’est simplement que je ne suis pas soufflé et je m’étonne des critiques « dithyrambiques » qui entourent la série pour un lancement qui manque de surprendre (à mon sens).

De plus, je dois avouer que l’éveil d’une matière à la conscience et donc, à fortiori, à l’indépendance, me rappelle l’excellente série Dollhouse. Et j’émets le doute que Westworld ne soit pas aussi surprenant ni foisonnant d’idées que ne l’était la première série.

En aparté, le romancier Georges R.R. Martin suggère à la chaine HBO de faire un crossover entre Westworld et Game of Thrones. En voilà une riche idée. Des attractions multiples. WesterosWorld ?

C’est juste, effectivement.

c’est exactement ce que je me suis dit en regardant les épisodes 1 et 2. Westworld c’est Dollhouse sur HBO donc avec des culs nuls et des fck* en veux-tu en voilà

[quote=« Jack! »]

Je n’ai pas de quoi faire débat. C’est simplement que je ne suis pas soufflé et je m’étonne des critiques « dithyrambiques » qui entourent la série pour un lancement qui manque de surprendre (à mon sens).[/quote]

Surprenant, pas surprenant… à chacun de se faire son idée.
D’une certaine manière, The Nighf Of n’était pas surprenant non plus. Mais c’était sacrément bien foutu.
Je verrai l’épisode 2 prochainement, mais le 1er m’a tout de même scotché par la précision de sa structure. Le tout est peut-être un poil aseptisé, mais ça ne m’arrête pas pour l’instant.
Il y a aussi que sur 2016, il y a eu peu de nouveautés vraiment emballantes. Ça joue peut-être sur ma réception du show.