WONDER WOMAN : DIEUX ET MORTELS t.1-2 (Perez, Potter, Wein)

Il a tout dit, l’ami tonton.
Et ça fait bien plaisir, parce que c’est un boulot agréable à faire, mais qui pose des tas de petites questions au détour des pages…
Exemple :

Le titre VO, « Time Passages », dit tout. Il est immédiatement compréhensible. Mais pas directement transposable. Et le traducteur (bibi, ma pomme, mézigue…) s’est retrouvé devant, suspendu dans une incertitude, les doigts au-dessus du clavier, dans l’attente… on ne sait trop de quoi, au demeurant. Mais quand il opte pour « Le temps passe… », après bien des atermoiements, il a des doutes, il trouve que c’est pas terrible, que c’est un peu plus petit dénominateur commun, que c’est un peu une solution facile. On a de ces doutes, parfois, en bossant…
Bref, cette petite mention, au détour d’un billet par ailleurs enthousiaste, fait bien plaisir à lire.

J’aimerais aussi relever (ce qui revient à prêcher contre mon église) le fait, souvent laissé de côté, que la série bénéficie d’un lettrage assez épatant, réalisé par le grand John Costanza. Ce dernier contribue à donner à certains épisodes leur allure particulière. Celui que cite l’Oncle Hermès, celui consacré à Myndi Mayer, ce sont les deux plus notables, mais il y a plein d’autres occurrences. La variations des calligraphies employées, par exemple, donnent à d’innombrables séquences une dimension toute particulière. Fatalement, comme souvent, malgré les efforts de l’édition VF (qui propose pour l’épisode cité plus haut deux polices « tapuscrites » et une police « manuscrite », là où il y en a quatre dans la version d’il y a trente ans), il y a un peu de perte.
La série Wonder Woman est sans doute, là encore, l’une de celles qui a profité d’un soin tout particulier. De la note d’intention au lettrage, c’est une série formidable.

Jim

Je viens de recevoir mes exemplaires.
Le truc qui m’épate (moi qui ai l’édition du début des années 2000, mais qui ai travaillé à partir de fichiers scannés d’après les éditions en fascicules), c’est la qualité de la reproduction : le papier est excellent, le trait n’est ni rongé ni empâté, c’est super propre. Les éditeurs américains commencent à faire un boulot vertigineux en termes de restauration de planches).

Jim

Article sur le site de RTL.

Jim

Ah, je crois que c’est elle que Katchoo a aidé pour écrire un article, je cais essayer de lire ça.

Katchoo n’est pas citée dans l’article, donc c’est peut-être autre chose. Pour ma part, j’ai apporté quelques réponses.

Jim

Je ne sais pas si c’est le meilleur topic pour ça, mais pour ceux qui veulent aller plus loin (et lisent l’anglais), Sequart a décidé de consacrer une semaine à Wonder Woman à l’occasion, évidemment, de la sortie du film. Pour l’instant ont été publiés les articles suivants :

[ul]]Reflections in a Mirror: Wonder Woman’s Multiverse. Où l’on apprend que WW rencontra son double d’un autre univers près de dix ans avant Flash, et l’on s’interroge sur les traits définitoires du personnage à travers ses variations dans les mondes parallèles de DC./:m]
]An Amazon and a Crime Writer Walk into a Wardobe: The Retconned Legacy of Dorothy Woolfolk. Un bel hommage à la première editor féminine de DC./:m]
]Wonder Woman: The Promise of Hope. Une analyse plus générale des valeurs qu’incarne le personnage./:m]
] ‘11: Ill-conceivedWonder Woman. Un retour sur le projet abandonné de série télé avec Adrianne Palicki, qui n’est pas allé plus loin qu’un épisode pilote controversé./:m]
] at Stake with Really**Wonder Woman. Un édito sur la question de la promotion du film, et c’est bien plus intéressant que ce qu’on pourrait croire quand je le dis comme ça./:m]
] in a Polarized WorldWonder Woman**Dawn of Justice. Retour sur le rôle de WW dans le Batman v Superman de Snyder, une ex-héroïne qui a renoncé dans un univers où les valeurs qu’elle défend sont absentes./:m]
]Wonder Woman’s Origin is Clay to Be Molded. Quelques problèmes posés par la réécriture de l’origine de l’héroïne comme fille de Zeus à partir des New 52./:m]
]Beyond the Sword and Shield: A Critical Analysis on the Princess of Themyscira. Une autre analyse générale du personnage et de ce qu’elle incarne en tant que super-héroïne./:m]
]Wonder Woman: Spirit of Truth and Child of Love. Une étude qui s’intéresse en particulier à la reconstruction / réaffirmation récente de WW en héroïne queer./:m]
] and Wonder Woman**Sandman. Qui me fait dire que je ne suis pas le seul à avoir vu le rapprochement entre le run de Pérez et Gaiman, même si finalement l’auteur de l’article insiste surtout sur les différences fondamentales entre les deux./:m][/ul]

J’ai commencé la lecture, et étrangement, je me demande pourquoi les cinéastes ne se sont pas plus inspirés de ce run, au lieu de nous pondre un film avec plein de trous dans le scénar (avec certes aussi des qualités, mais bon, ça ne fait pas tout). Pourquoi avoir changé Trevor en espion par exemple (pour ce que ça apporte en plus)? L’existence d’Ares a ici un sens.

C’est dingue quand même d’avoir tout un tas de matos sous la main et de ne rien en faire.

Arf fais chier, on n’a plus le lien des critiques, voila la mienne :
Critique Wonder Woman - Dieux et mortels 2 par Blackiruah

Tout à fait d’accord avec toi, surtout que ce travail d’origine est assez spectaculaire dans le premier acte, mais faut croire que ce n’était pas assez tape à l’oeil pour eux…

Il faut bien justifier le salaire du scénariste, même si c’est pour faire du caca… :thinking:

Le générique du film cite le boulot de George Pérez en premier, et mis en évidence.

Jim

Je m’en étais d’ailleurs fait la remarque : il est indiqué en premier, et à l’écart des autres (et en plus gros ? je ne sais plus).

Tori.

Je suis d’accord avec Blacki sur le côté moins épique et plus intime de ce tome, mais pour ma part c’est ce qui m’a plu. L’épisode sur Myndi Mayer est formidable dans sa construction, dans son rythme et dans sa caractérisation.

Et je suis énormément d’accord avec lui quand il dit que c’est le point d’entrée parfait pour le personnage.

Jim

C’est l’épisode que j’ai préféré dans ce volume mais c’est loin des 2 premiers arcs

Z’ont un peu fait les sagouins sur le coup là quand même.

Que veux-tu par ces propos aussi sibyllins que cryptiques ?

Jim

George Pérez parlant de son travail sur Wonder Woman. (pour les anglophones)

1 « J'aime »

Merci d’avoir posté ça (et la vidéo sur Crisis).

la couverture du 1 ayant disparu, je me permets de la remettre :

image

Je ne suis pas allé lire l’avis de Tonton pour éviter d’être orienté dans mon ressenti (j’irai voir ça après).
J’avais pas de doute, j’en attendais pas mal et ça tient la dragée haute à un paquet de trucs, ça !
Déjà, j’ai eu l’impression de lire du Lug dans l’ambiance, le phrasé, le rythme, le dessin, … la trad’. Jim a francisé le Manhunter, ce que n’avait pas fait Panini, il me semble.
Et en plus, les couleurs sont plutôt pas mal, pas flashy du tout. Et j’ai bien aimé qu’Urban traficote les titres en arrière-plan dans les dessins (à deux reprises, je crois). ça donne du cachet à l’ouvrage.

Pour le fond : on sent bien les années 80 (ère Watchmen) avec la menace d’une guerre nucléaire, la Guerre Froide, … sauf que chez Pérez, y a pas de morosité, même quand la tension monte, que le péril est devant WW. Et ça, qu’est-ce que ça fait du bien. J’ai eu la banane quand j’ai fini ce 1er tome, avec cette fin qui est joyeux, ensoleillée, sans être cucul, fleur bleue ou niais. Pas besoin de tuer un protagoniste pour que la tension soit palpable, pour que le sentiment de danger soit présent, avec avoir de l’héroïsme et sentir le souffle épique d’un récit. C’est album est un vrai péplum moderne.

Et j’ai eu l’impression de voir en WW dans cet album, une jeune femme qui quitte d’abord le foyer pour faire ses études, puis revient pour régler quelques points, se rappeler d’où elle vient, pour finir par quitter le cocon familial pour bosser (ou autre). en tout cas, c’est la métaphore qui m’est venue dans la dernière page.

Je vais passer sur tout les sujets et thématiques qui sont évoqués, mais je trouve qu’il y a un épisode très fort quand WW résiste à Zeus. Avec le repentance d’Hercule, c’est plutôt bien orchestré, je trouve (dommage qu’Hercule ressemble tant à celui de Marvel, en revanche).
L’épisode avec Cheetah fait presque bizarre, au milieu de tout ça, comme si péprez avait besoin de souffler au niveau du scénario, de revenir à des choses plus basiques avant de repartir vers un nouveau récit très construit. Le scénar’ de ces 14 épisodes est quand même chiadé, sur la longueur en plus.
Au niveau du dessin, c’est aussi du haut niveau (je n’avais jamais fait gaffe, mais j’ai l’impression qu’il y a des similitudes entre le dessin de Byrne et celui de Pérez). D’ailleurs, ça se voit de suite dès qu’il ne fait que des crayonnés sur un épisode.
Et j’ai bien souri dans le dernier épisode quand cela parle d’éteindre ses cigarettes dans l’avion, d’un problème de walkman et de de Bon Jovi. Va falloir que j’explique tout ça à ma fille ! :slight_smile:

Je l’ai fait réapparaître.

Tori.

1 « J'aime »