X-MEN / FANTASTIC FOUR #1-4 (Chip Zdarsky / Terry Dodson)

Premier aperçu :

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Source : www.bleedingcool.com

(W) Chip Zdarsky (A/CA) Terry Dodson, Rachel Dodson, Laura Martin (CA) Mark Brooks (CA) Chris Eliopoulos (CA) Meghan Hetrick
KRAKOA. Every mutant on Earth lives there … except for one. But now it’s time for FRANKLIN RICHARDS to come home.
It’s the X-MEN VS. the FANTASTIC FOUR and nothing will ever be the same.
Rated T+
In Shops: Feb 05, 2020
SRP: $4.99

Source : www.newsarama.com

Du Dodson inspiré.

J’attendais beaucoup de ce titre vu les noms, et finalement à la lecture ce #1 est… sympa. Mais sans plus. :thinking:

Je me dis que c’est peut-être en partie lié au fait (ou accentué) d’avoir lu peu avant, puisque sortie en même temps, la dernière livraison du Daredevil du même Zdarsky, série autrement plus originale et ambitieuse — qui continue après 17 numéros à déconstruire, reconstruire, redéconstruire ses personnages, interroger les logiques mêmes du genre, sans autoriser à son héros aucune facilité, et en se payant le luxe de passer des numéros entiers avec peu ou pas de scènes d’action en costume. En comparaison, ce X-Men/Fantastic Four paraît vraiment un produit calibré, du blockbuster de calibration standard.

Une intro de deux pages dont une grosse splash-page d’action sans conséquence (c’est même mot pour mot dans le script de Zdarsky reproduit ensuite), cinq pages pour la montée de la tension #1 côté mutants, cinq pages pour la montée de la tension#2 côté famille Fantastic, rencontre des deux tensions, bim bam boum en costumes.

Ce n’est pas mal fait, on sent une attention à caractériser les personnages, à bien clarifier les dynamiques des uns et des autres, et, ce qui ne gâche rien, à s’appuyer çà et là sur des éléments de la continuité, ancienne (le Fantastic Four vs. X-Men de 87 de Claremont) comme récente. Et c’est joli à regarder : même s’il me semble, contrairement à la remarque de Victor ci-dessus, que Dodson n’est pas nécessairement à son plus inspiré, ça reste une plainte de « riche » par rapport à ce qu’on peut voir dans certaines autres séries, évidemment.

Mais ça ne respire pas. Les personnages ne semblent avoir qu’une idée, c’est de se sauter à la gorge. Ce qui vu les enjeux posées, d’une part, et, puisque je parlais de continuité, de l’historique qu’il y a entre eux, d’autre part, est vraiment facile et plat. Entre deux groupes d’amis et alliés de longue date, qui veulent tous le bien de la même personne, on pourrait imaginer autre chose même si l’on comprend que ça « gratte » sur un enjeu aussi intime. Non, là, tout le monde est à couteaux tirés dès le début. Et tout le monde — sauf Kitty (ouf !) — agit comme un £%*#@$. Le lecteur se retrouve dans la même situation que Franklin, étouffé par tout ça. De ce point de vue-là, c’est réussi, mais bon, ce n’est quand même pas idéal.

Oui, c’est pas fou.
Chip Zdarsky s’empare du contexte de Dawn of X pour provoquer une rencontre avec les Fantastic Four, seuls héros Marvel vus d’ailleurs dans House of X & Powers of X. Le scénariste a la dignité de se rappeler d’une rencontre précédente des équipes, avec un lien pertinent entre Kitty et Franklin. Ce dernier est « voulu » par les Mutants, qui considèrent que sa place n’est qu’à Krakoa ; un Mutant n’est heureux que parmi les siens.
Sauf que, en opposition à ce point de vue extrémiste, l’attitude des F.F. n’est pas « bonne », avec Reed qui agit (encore) dans le dos de ses proches pour les « protéger », tout en en réussissant pas à solutionner la disparition des pouvoirs de Franklin. Ca mène à des crispations, des cris, une petite bagarre, une fugue… et, bien sûr, un vieil ennemi.
Tous les ingrédients sont là, donc, mais ça ne prend pas forcément. Sûrement parce que ça va trop vite, parce que les points de vue sont survolés, parce que les positions surprennent, parce que les colères explosent trop vite, parce que les personnages sont « bêtes et méchants » dans leurs positions, aussi. Que Sue ne veuille pas que son fils parte, d’accord ; qu’elle explose aussi vite, c’est moyen. Que Charles Xavier veuille Franklin, d’accord ; qu’il menace de contrôler mentalement les F.F., c’est moyen. Que Valeria veuille aider son frère, d’accord ; qu’elle se barre avec lui pour aller sur Krakoa, juste comme ça, c’est moyen.
Bon, ça se lit bien quand même, et les enjeux ont du sens ; mais ça va trop vite, c’est survolé. C’est dommage. Comme Terry Dodson, qui ne se donne pas à fond et livre des planches lisibles… sans plus.
Une petite déception, donc.

X-MEN/FANTASTIC FOUR #2

Written by: Chris Zdarsky.

Art by: Terry Dodson.

Covers by: Terry Dodson, Chris Eliopoulos, Meghan Hetrick.

Description: The world has been re-shaped by the X-Men. But you can’t reshape a world without encountering its true master … Doom…

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Feb. 26.

Source : www.comicscontinuum.com

C’est mieux.
Chip Zdarsky gère mieux ses personnages, ici, en les éclatant et en les opposant à leurs doutes et failles. Reed culpabilise d’avoir ainsi manipulé ses enfants, Sue ne supporte pas l’arrogance des X-Men et leur suffisance face à Valeria (notamment), les X-Men craignent les F.F., tandis que Kitty est confrontée à Dr Doom qui veut soigner Franklin, pour des raisons mystérieuses ; Kitty accepte, pour éviter une guerre avec la Latvérie, en se souvenant que Doom l’a aidée, aussi. Ils sont sur la mystérieuse Doom Island, vers laquelle vont converger les X-Men et les F.F. après une échauffourée à Krakoa.
C’est mieux, oui. Plus équilibré que le premier, avec des points de vue plus pertinents et plus logiques de chaque côté. Peut-être que Valeria et Franklin font « trop facilement » confiance à Doom, mais le reste fonctionne bien, grosso-modo. Ca ne sera pas une grosse saga, mais Zdarsky maîtrise ce qu’il raconte, ici.
Terry Dodson livre des planches solides, ses bastons sont bonnes et le reste est dynamique. Un beau rendu graphique, pour un scénario plus maîtrisé.

Même sentiment de mieux de mon côté. L’épisode part sur les mêmes (mauvaises) bases, mais les choses se posent un peu plus. Je dirais que c’est à la fois un peu moins énervé et un peu moins énervant. Ça reste du fast-food, cela dit.

Written by Chip Zdarsky
Art by Terry and Rachel Dodson
Colors by Laura Martin
Cover By Terry and Rachel Dodson
This issue crash lands on shelves Wednesday 25 March 2020!

A nation of mutants’ lives is at stake while Franklin Richards makes a momentous decision! Will the Fantastic Four and X-Men just stand by and allow it to happen?

Source : www.comicwatch.com

Chip Zdarsky réussit très bien un excellent dialogue Doom/Xavier, où le premier réplique sèchement mais intelligemment aux questions du second, qui demande pourquoi la Latvérie n’accepte pas « l’offre » de Krakoa (reconnaître la Nation de Krakoa et l’immunité totale aux Mutants, contre des médicaments). Le scénariste écrit fort bien ce moment court mais intense, où le dictateur plonge complètement Xavier « dans son caca », sa suffisance, sa supériorité, son rejet de principes culturels et diplomatiques chèrement gagnés.
C’est bien fait, et ça fait du bien.
Et c’est, en fait, le seul bon moment d’un épisode fort convenu, où les personnages ne sont pas intéressants, où le débat sur « Doom va-t-il rendre ses pouvoirs à Franklin et est-il gentil » est chiant, où le final est complètement prévisible. Même Dodson n’y croit pas, ses planches sont précipitées et sans intérêt.
Un vrai échec que cette mini-série. Hormis, en effet, ce bon dialogue.

The exciting finale! On an island of doom, the X–Men and Fantastic Four fight to save the future! Lines will be drawn in the sand and enemies will be made, upending the Marvel Universe!

X-Men/Fantastic Four #4

Written by Chip Zdarsky
Art by Terry Dodson
Release Date: July 22, 2020

Source : www.aiptcomics.com

Une Fatalinelle ?

Pas loin, oui.

Pff sinon, hein.
Chip Zdarsky conclue sa saga avec un gros affrontement bordélique contre Dr Doom, avant que « le pouvoir de l’amour » ne permette aux Richards de se remettre, d’accepter le souhait de Franklin de se découvrir plus lui-même sur Krakoa. Et, grand prince, Charles Xavier accepte d’admettre qu’il a été un peu « agressif » dans son envie de le recruter. Mais, plus tard, le même Xavier vient littéralement supprimer une idée de l’esprit de Reed Richards, le lobotomiser, pour l’empêcher de reproduire l’engin qui cache la signature ADN des mutants, et qui peut couper le gène X. Et Charles lui laisse le souvenir qu’il « savait », juste pour qu’il sache qu’il n’aurait pas dû faire ça…
J’ai un sentiment de gâchis. Chip Zdarsky est un bon auteur, mais il s’est perdu sur cette mini-série où il a passé trop de temps dans les machinations lourdes de Dr Doom, avec sa Sentinelle naze. Alors qu’il finit sur une note terrible, où on a un Xavier brutal et violent, mais qui finalement s’en « prend » à un Reed qui est allé trop loin.
Ca, c’est intéressant. Ca, ça mérite une mini-série. Ca, ça a de l’importance… bien plus que la Sentinelle de Doom, la pseudo reprise du lien Kitty/Franklin complètement artificiel ici, ou dans les numéros précédents les combats assez faibles.
C’est du gâchis, et c’est quand même bien dommage. D’autant que Terry Dodson ne brille pas et propose une prestation bien pauvre.

Une grosse occasion manquée.

Comme à chaque fois ?

A chaque fois ?

(Bon, Victor s’était trompé … c’était la deuxième en fait)

Non, non.

Hum …

Alzheimer me guette ?

J’en sais rien , mais je n’aurais jamais affirmé une chose pareille sans avoir vérifié. :wink: