Ex-libris BDFugue :
Jim
Sur le compte Facebook des Éditions Dargaud, le 21 mars 2026 :
Manipulations politiques, élections truquées, complots au sommet de l’État… XIII se retrouve au cœur d’une machination qui pourrait faire vaciller la démocratie américaine.
Entre tentatives d’assassinat, secrets d’État et course contre la montre, Jason Mac Lane n’a que quelques jours pour reprendre le contrôle… et survivre.
XIII – Tome 30 : So Help Me God!, de Yves Sente et Iouri Jigounov
En partenariat avec @leparisien et @lesoirbe
En librairie le 27 mars
Jim
Tiens, après avoir replongé mon nez dans les Peter Pan de Loisel (quel plaisir), j’ai enfin repris XIII.
Ça va bien faire une quinzaine d’années que j’ai acheté les 24 premiers numéros à un prix raisonnable et je n’en ai jamais passé le quart (pour de nombreuses raisons, notamment parce qu’ils sont restés dans un carton pendant une grande partie des quinze années).
Pour la première fois, je viens de passer le numéro… 13.
Et franchement, c’est très sympa. Alors déjà, je trouvais très drôle le mystère a rallonge et presque impossible de l’identité du héros. J’avais souvenir que le scénariste en faisait des caisses mais après relecture, il évacue la chose plutôt « rapidement » tout en aménageant des mystères supplémentaires plutôt bien venu, notamment en jouant sur le fait que, malgré la révélation, il y a des zones d’ombres sur le passif de l’homme originale.
C’est là où je trouve que la série est assez fortiche ; elle parvient à se relancer sans (trop) s’essoufler.
Bon, derrière, je ne vais pas parler de l’inspiration très Ian Flemingienne de la chose (en tout cas des films), ni de son héritage presumé sur la culture télé (la série 24 me semble être un bel exemple). On pourrait aussi dire que Morrison a pu faire un clin d’oeil avec son Arme +0ou encore que Le Prisonnier de Patrick McGohan est pas loin. Reste que je prends beaucoup de plaisirs a lire ses aventures menées à brides abattues.
Et puis bon, William Vance, qu’est ce que c’est beau. Il y a un épisode - uniquement dans la brume et la pluie - après « Pour Maria », qui est a tomber. Parfois, c’est aussi un poil rigide. On sent qu’il se fait chier sur l’action. Mais ça reste très chouette.
Je connaissais plus Largo Winch (dont j’ai lu les 20 premiers il y a une paye d’annees),mais ça s’équivaut. C’est charmeur, malin, pointu souvent, et ça relance la machine de belle manière, a chaque fois.
Sans compter Robert Ludlum.
Et pas seulement sur le postulat de départ.
Bah ouais.
Je continue à préférer ses prestations précédentes, genre Bob Morane ou Bruno Brazil (voire certains tomes de Bruce J. Hawker ou de Ringo, qui sont à tomber). Mais quand même, XIII, il assure grave. Les personnages sont davantage traités en face / profil, le découpage est plus franco-belge classique (comprendre : plan-plan), mais quand même, l’évasion dans « Toutes les larmes de l’enfer », c’est une super utilisation de la narration BD pour ajouter du suspense.
Et Van Hamme lui offre de très belles scènes à illustrer. Surtout les moments de silence, de solitude. XIII dans sa chambre d’hôtel, une magnifique case muette matérialisant le désarroi du personnage au milieu du « Jour du soleil noir », c’est super fort.
Ou le Major Jones devant sa glace, contemplant la cicatrice sur son ventre. Autre moment intense.
Et ensemble, les deux auteurs ont construit une galerie de personnages secondaires, soit réguliers soit épisodiques, qui est formidable de crédibilité. Le couple du premier tome, par exemple, il est d’une intensité incroyable.
Vraiment, la période Van Hamme, la seule que je connaisse, elle est chouette.
Jim
Possible. Je connais peu Ludlum. C’est le papa de Jason Bourne si je ne le trompe pas ?
J’avais plutôt cette idée flemingienne dans le changement de décors (exotiques) assez fréquent (au moins trois fois par tome) et, bien entendu, la femme fatale, forte, qui tombe éperdument amoureuse (fragile) devant ce condensé masculin (mais pas forcément macho) qu’est XIII.
Je ne sais pas si ça se joue pareil dans les bouquins de Ludlum.
En ce qui concerne Vance, je te crois. C’est un poil figé parfois (l’époque, le style, les habitudes, etc.) mais il y a des moments où je n’arrive pas à lâcher une case sans en avoir decortiqué chaque détail (ce qui ne m’étais pas arrivé depuis longtemps).
C’est ça.
Même postulat (l’amnésie d’un héros assassin), mais il y a des similitudes structurelles (les romans sont moins bondiens, moins spectaculaires), avec une traque menée par plusieurs factions, des alliances, tout ça…
Après, c’est sûr que Van Hamme a su jouer des clichés du complot et des mystères à tiroir, éloignant un peu son héros et sa série de la dimension wolverinienne que tu as relevée (là où les films Bourne s’engagent à fond). On a donc deux univers et deux intentions qui divergent (ce qui fait beaucoup), mais qui sont plantés exactement dans le même terreau.
Dans le corpus vanhammien, je trouve que c’est surtout Largo Winch qui correspond à cette description. Jusqu’à la copie : Largo qui virevolte autour d’une nana qui préfère les émois saphiques (le diptyque de Venise, de mémoire : mais pareil, j’ai pas lu ça depuis bien longtemps), ça me rappelle un roman de Fleming.
Largo a commencé comme héros de romans d’aventure / espionnage un peu leste, avec une dimension presque parodique (surtout dans l’édition avec les couvertures de Pichard, fatalement).
Genre :
Jim
J’ai relu sa série Ringo récemment, qui s’étend sur une plus longue période que, mettons, Ramiro, donc on voit l’évolution de son style. Et vraiment, « Trois salopards dans la neige », c’est une sacré leçon d’encrage.
Tu peux aller sur ce sujet, j’y ai laissé pas mal de commentaires. Mais y a plein d’autres séries qu’il a illustrées avant XIII et avec un peu moins de raideur, je trouve.
Jim
Si tu continues, je vais le dire à ma mère que tu détournes l’argent de mon déjeuner pour que j’achète des BD.
Je trouvais aussi que c’était palpable dans Largo Winch que je n’ai pas lu, aussi, depuis un bail, mais on retrouve bien cette dimension dans XIII (en tout cas, de ce que j’ai lu jusqu’ici).
Il y a toujours une figure imposée de la femme fatale.
Cependant, j’ai un doute sur les décors exotiques. Il y en a peut être moins par album que ce que je pense (surtout sur les dernier où l’action se concentre sur une seule zone, majoritairement).
Par contre, c’est peut être sur les vilains qu’il faut réfléchir. Chez Fleming, il me semble, le grand ennemi provient de l’extérieur, une menace anti-colonialiste, alors que dans XIII les ennemis sont souvent tous de l’intérieur avant tout. C’est une cabale.
Et là, je me demande si ce n’est pas plus proche des écrits de Ludlum aussi (avec tout son cheptel de manigances inter-agences*) ?
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*Qu’on retrouve aussi a moindre coût chez Bond
C’est une cabale
Oui, clairement.
Qu’on retrouve aussi a moindre coût chez Bond
Et, dans la version cinéma, plus tardivement.
(C’est tout le fonds de commerce des Brosnan, par exemple.)
Jim
Même postulat (l’amnésie d’un héros assassin)
Quand j’ai lu pour la première fois XIII, ses multiples identités possibles, ça m’a fait penser au Voyageur sans bagage de Jean Anouilh (même si ce dernier n’a, évidemment, pas tout le côté politique/espionnage).
Bon, comme Marko autrefois, je ne suis pas allé très loin dans XIII, cela dit.
Tori.

Quatre jours, c'est le temps dont dispose Jason Mac Lane pour sauver la démocratie américaine. La tension monte entre le président des Etats-Unis Thomas Allerton et l'épouse de Jason, Janet Fitzsimmons, elle-même présidente de la fondation Mayflower....