Je n’étais surtout pas plus positif …
X-Men Forever Annual #1: La dernière valse
Dans ce premier et seul annual de la première saison d’X-Men Forever, Chris Claremont relate des évènements se passant avant le [premier épisode->4920] de cette série.
Avant de s’inviter au manoir, Fury sollicite l’aide des X-Men pour mener une mission de reconnaissance dans la Pacifique Sud. Devant reconstruire le manoir en ruine, Cyclope refuse catégoriquement. Logan etJean en revanche réponde à l’appel. Une fois sur l’île paradisiaque, l’enquête s’avère plus compliquée que prévu puisque la télépathie de Phénix est bloquée, contrairement aux sens de Wolverine qui détecte bien quelques attitudes étranges de clients et personnels de l’hôtel. Mais à force de jouer le couple de jeunes mariés, Logan se prend au jeu et vole un baiser à sa partenaire. C’est à ce moment là que la Main apparaît. Les deux X-Men sont alors enchaînés dans une grotte, tandis qu’un prête se lance dans des incantations pour faire des deux mutants leurs assassins.
Heureusement, apparaissent Jubilé, Psylocke, Shadowcat et Diablo et le combat s’engage. Seulement, l’enchantement a fonctionné sur Wolverine et seul le souvenir du baiser lancé par télépathie par Jean (qui, apparemment, a retrouvé ses pouvoirs !!!) lui fait reprendre ses esprits.
Une fois les assassins aux mains des autorités compétentes, leurs camarades reprennent la route de l’école, tandis que les deux tourtereaux restent sur place pour profiter de derniers moments de quiétudes et enfin, s’avouer pleinement leur amour.
Voilà l’explication à cette relation intense que l’on voyait dans les tous premiers épisodes de cette série. O peut donc supposer que cet annual s’intercale entre les épisodes de l’ancien Claremont. L’auteur réinvente donc ce passé sur lequel il devait se baser (et qui accessoirement, a lui-même créé). Cela ne semble pas être le seul point changeant, puisque de premiers indices semblent montrer que les évènements se déroulant sur Lune et entraînant le voyage dans le futur du bébé Nathan Summers ne sont pas ceux qu’on a toujours lus. Même si Claremont s’appuie sur ses vieux plans qui avaient été modifiés par ses éditeurs de l’époque, l’utilisation d’une continuité rétroactive change tout de même le concept initial de Forever, pour un effet et un intérêt quasiment nuls jusqu’à présent.
« Nul » est aussi le qualificatif que l’on peut utiliser pour ce récit. Des histoires avec Wolverine en co-protagoniste principal, avec des prétextes de scénarii alambiqués et/ou redondants, il en existe des palanquées. Ici, Claremont n’essaie même pas d’imaginer quoi que ce soit, son seul intérêt semble d’arriver à la dernière scène (que l’on sent venir dès la première page), peu importe le chemin. Celui-ci est d’ailleurs bourré d’incohérence, entre la « situation critique » alors que Fury n’a aucun élément, les raisons de la présence de la Main, la non-inquiétude de Jean sur la perte temporaire des pouvoirs (d’ailleurs, Psylocke ne semble pas du tout affectée), l’arrivée impromptue de l’équipe de secours … le « sense of wonder » poussé à un tel paroxysme que cela en est ridicule. Et ne parlons pas des dialogues toujours aussi peu inspirés et souvent en décalage par rapport aux attitudes connues des personnages (la version française y est-elle pour quelque chose ?). Même s’il fait des rappels par des bulles de pensées, montrant qu’il maîtrise le passé des X-Men, on peine à croire que cet homme a dirigé pendant 15 ans la destinée des mutants de l’univers Marvel.
On pourrait trouver cela enfantin, on pourrait penser que Claremont essaie de revenir au style des années 60, avec des bulles pour chaque personnage d’une case. Mais on est très loin de l’élégance des comic books de l’Age d’Argent.
Le pauvre Sana Takeda essaie tant bien que mal de donner un peu de rythme avec un style graphique très orienté manga, parfois déroutant par des expressions inhabituelles dans les comic book. Les fans du genre devraient d’ailleurs apprécier certaines pages assez réussies, notamment grâce à la colorisation de Simone Peruzzi.
La mise en page reste néanmoins assez classique et on peut lui reprocher d’avoir quelques poses répétitives dans le combat.
Avis : à oublier pour toujours.