Ale Garza

Ale Garza

DAREDEVIL vol.2 #51-55 :

Voici mon histoire, elle n’est pas faite de mots, mais de mouvements et de souvenirs, de formes et de sentiments…
David Mack a créé le personnage d’Echo pour l’arc narratif Parts of a Hole de la série Daredevil (#9 à 15 des Marvel Knights, voir fiche correspondante). Joe Quesada lui a ensuite demandé d’écrire une histoire pour étoffer les éléments appris sur la vie de cette athlète et aventurière sourde, fille d’un gangster d’origine cheyenne et pupille de Wilson Fisk, alias le Caïd…qui l’a manipulée toute sa vie car elle ne savait pas que c’était son « oncle » qui avait tué son père, autrefois son associé. David Mack avait d’abord écrit Echo sous la forme d’une mini-série en six chapitres avant de la réduire à cinq parties car Quesada voulait l’intégrer au mensuel Daredevil, ce qui a permis à Brian Bendis et Alex Maleev de faire une petite pause après le #50.
Panini a publié cet arc narratif à part dans la collection Marvel Graphic Novel, ce qui était une bonne idée car le grand format est plus adapté aux planches de David Mack, notamment avec leur profusion de détails. Le travail graphique de l’artiste passe par une narration éclatée qui ne se limite pas aux habituelles cases. Les crayonnés parfois abstraits côtoient des peintures plus détaillées, les textes débordent des récitatifs pour s’approcher au plus près des dessins, les traits se mêlent aux collages pour former presque des kaléidoscopes qui ne perdent pas en lisibilité (même si je trouve quand même qu’il y a quelques pages un peu trop chargées).
David Mack trouve les mots justes pour parler de handicap, d’adaptation et décrit le parcours d’une jeune femme qui doit se reconstruire, trouver un nouveau but. Cela passe par des visites aux êtres qu’elle a aimés (et permet de caser une apparition de Daredevil qui ne fait donc que passer dans ces cinq épisodes) avant de faire un retour aux sources et d’entreprendre une quête intérieure au cours de laquelle elle va croiser la route d’un certain mutant griffu, Wolverine étant habitué aux retraites hors du « monde civilisé » pour réconcilier ses natures humaines et animales.
Il y a de très beaux moments, très bien écrits et illustrés dans ce voyage qui permettra à Maya Lopez de faire la paix avec son passé…mais aussi des longueurs et des répétitions (la rencontre avec Wolverine est ainsi un peu trop étirée). En relisant, je me suis dis que le parcours de Maya aurait pu s’arrêter là, sous les crayons de son créateur…mais elle est revenu quelques mois plus tard dans les New Avengers de Bendis…
Ma vie ne se joue pas sur des notes, mais dans les silences qui les entourent. C’est là que la magie opère…
Rediff’ (billet par Soyouz) : WOLVERINE NOIR

Ce récit de la collection Noir ne se situe pas dans le même périmètre que celui des X-Men. C’est ici un autre Logan à mon sens, car même si rien n’est dévoilé dans X-%en Noir sur le passé de Wolverine, celui qui est décrit ici, et son présent, ne me paraissent pas compatible avec les deux X-Men de la même collection.
Donc, partons en 1937, dans une ville que je pense être New York. Logan tient une agence de détectives avec son comparse Cabot, qui semble avoir des difficultés intellectuelles. Quand la japonaise Mariko, fille d’un richissime homme d’affaire, passe le pas de leur porte, leur ancienne vuie va finir par les rattraper.
Stuart Moore revisite, en quelque sorte, Origin, l’histoire signée Jenkins, Quesada et Kubert. On retrouve les perso, mais aussi quelques personnages et caractéristiques de la série Wolverine, à l’époque où il était Patch. L’auteur se met dans une ambiance à Chandler, notamment par sa narration, et le dessin de CP Smith s’y prête pas mal, avec notamment des jeux d’ombre et des oments de pause. Pour autant les épisodes s’enchaînent plutôt bien, sans impression d’ennui ou de répétition.
Il y a un truc dans le scénario que me rappel un peu Angel Heart, un élément du passé non maîtrisé de Logan, qui revient le hanter, lui et Cabot. Un trauma commun, mais pas vécu de la même façon.
Moore met en parallèle la rentrée progressive du Japon et de la Chine dans la guerre, ce qui donne aussi une temporalité via des coupures de journaux, sans le dire.
Donc, pas le récit de l’année, mais une histoire très alambiquée, mais elle laisse son lot de surprises, et elle est suffisamment bien construite pour passer un bon moment.Pas toujours le cas avec les récits du griffu.
Sinon, j’aime bien CP Smith, et ici, il ne me déçoit pas du tout, que cesoit par le rythme, la qualité graphique, les expressions des visages. L’ambiance Noir est bien retranscrite.
Rediff’ (chro concise par Soyouz) : WOLVERINE SAUDADE

Deux ans après Spider-Man : Le Secret du verre, Panini relance sa ligne Marvel Transatlantique (les héros Marvel dirigés par des artistes européens) avec les créateurs du blockbuster Sillage (Delcourt) et le non moins célèbre Wolverine !
Logan arrive à peine au Brésil pour ses vacances que trois jeunes voyous lui piquent sa moto. Sacrilège ! Mais le problème est bien plus compliqué qu’un simple vol, surtout quand un sauveur-purificateur est concerné.
Morvan livre un album dans la veine de ce qu’ont pu produire moult scénaristes américains sur le personnage. Pas de prise de tête, du Wolvie bien bourrin avec des bastons et de la violence, le récit est bien rythmé et respecte le cahier des charges. Le dessin de Buchet est lui aussi dynamique, expressif et détaillé (sauf pour les décors). Le gros défaut reste cette profusion outrancière d’injures, et pas forcément à bon escient (surtout avec le mot « putain »). C’est donc cela le langage cool, fun et jeune pour Monsieur Morvan ?
Rediff’ (billet par Soyouz) : WOLVERINE - LOGAN

En 2008, Marvel sort trois épisodes d’une mini-série réalisée par une équipe que j’estime être du tonnerre : Brian K. Vaughan, Eduardo Risso et Dean White.
Le dernier travail de l’auteur pour la Maison des idées était la fin de son intéressante série Runaways et le dernier épisode de son excellente mini-série sur le Docteur Strange, un an plus tôt.
Quant à Risso, le voir faire une petite pige chez Marvel était vraiment excitant.
Le souci est que le récit va se concentrer sur Wolverine, x-man qui connaissait déjà à l’époque pléthore de mini-séries, ce qui amoindrit l’intérêt. Cependant, j’avais fait fi de tout cela, faisant confiance à l’auteur, et avec une garantie de plaisir intense pour les mirettes. Et de ce côté-là, pas de surprise, c’est juste magnifique. Je ne sais pas si c’est la colo qui donne ce rendu, mais j’ai trouvé le trait de Risso plus léché, moins exagéré que dans 100 Bullets. Je ne saurais pas dire si c’est mieux ou pas,juste que ce n’est pas tout à fait pareil. Pour autant, on reconnaît aisément son style caractéristique, notamment les scènes où il n’y a pas de combat. Il est toujours capable d’une extrême sensualité sans en montrer beaucoup, les traits de sa Japonaise ont une typicité rissote plaisants à voir. A sa manière, il donne du rythme dans les mouvements, rien n’est véritablement figé (on reconnait une fixettes pour des personnages qui saute en brandissant un sabre). Vraiment de l’excellent travail graphique, auquel j’associe Dean White, qui m’a semblé très juste et qui a son importance dans la toute dernière page.
Vous l’aurez compris, l’histoire se passe au Japon, sur deux époques. Le passé, pendant la seconde guerre mondiale, autour du 6 août 1945. Et le présent, avec Wolverine qui a récemment retrouvé sa mémoire et qui a donc des choses encore à régler (bon, ce qui a amené Logan en ces lieux au présent n’est pas très clair) et qui va donc retrouver une vieille connaissance. Le scéanrio est très classique, surtout pour du Wolverine. Mais je trouve que c’est bien réalisé, et j’ai bien aimé les dialogues, et récitatifs. Bien dosés, donc un avec humour pour ce qui concerne la « mort » des personnages.
Alors, oui, ces trois épisodes sont très classiques. Mais je trouve qu’il n’y a pas de fausse note, pas d’ennui, et surtout, c’est magnifique.
Rediff’ (billet par Soyouz) : DARK REIGN - THE LIST : WOLVERINE
Osborn veut le Monde !!! N’entendez pas par là la Terre en elle-même, bien que cela lui plairait sûrement beaucoup, mais plutôt le fameux laboratoire géant servant à créer et contrôler des supersoldats pour le programme Arme Plus.
Marvel Boy, ayant décidé de quitter les Vengeurs Noirs pour différent philosophique et cherchant à mettre des bâtons dans les roues de son ancien chef, prévient Wolverine, qui décide finalement d’y mettre son grain de sel. Une fois sur place, le Canadien est rapidement sous l’emprise mentale de l’Arme XVI, une sorte de gaz-virus fabriqué par le Monde, devenu conscient et intelligent. L’Arme contrôle alors tout ceux qui ont la « foi ». C’est ainsi que les soldats-zombies envoyés par Osborn sont dans le même état que le mutant. Mais fort heureusement pour le Kree, Fantomex, athée de par ses nannites, traînait dans les parages. Le duo va finalement permettre au griffu de retrouver ses esprits et de contrecarrer les plans du Bouffon Vert. Le Monde, une fois miniaturisé, sera dorénavant gardé par Fantomex.
Même s’il est estampillé Dark Reign, ce one-shot n’a pas une grande influence sur l’évènement, ni même sur les personnages qui y sont présents, excepté peut être pour Fantomex qui devient une sorte de « conservateur ». Au moins, on ne pourra pas reprocher à Marvel de ne pas faire les fonds de tiroir sur tout ce que pourrait exploiter Osborn pendant son règne.
On sent dès la première page que Jason Aaron veut faire sourire le lecteur, notamment avec un directeur du HAMMER ayant une attitude d’enfant gâté et capricieux, mais aussi avec les différents dialogues qu’il y a au sein de ce trio inédit (dont le clin d’œil à l’habituelle baston avant le rabibochage de rigueur). Ce choix est sûrement fait pour compenser et alléger ses allusions et ses positions sur la religion, qu’il montre plutôt sous un jour agressif et une sorte de défense contre l’inconnu, une peur qu’il résout simplement par l’amour. Manichéen me direz-vous ? C’est également ce que l‘auteur doit penser, puisqu’une seconde courte histoire complète ce numéro, où l’on voit clairement une bonne âme croyante et pleine de bonté ne pas résister à la violence qui entoure le héros. A mon sens, c’est vulgariser et simplifier un sujet très complexe, sans qu’on comprenne réellement quel message il a souhaité faire passer en souhaitant être religieusement correct. Une imprécision que l’on retrouve également dans une intrigue pourtant simple, avec deux répliques de Fantomex (dont on se demande également ce qu’il fait là) qui mettent le trouble sur l’identité des zombies, à la fois familiers de l’Arme XIII et fabrication d’Osborn ( ?). Si on oublie ces détails, le scénariste mène bien son épisode, avec beaucoup de rythme et d’efficacité, en utilisant surtout le surprenant duo de créations de Morrison avec beaucoup d’humour (Wolverine devient presque un faire-valoir).
Esad Ribic a mis de côté son style figé, illustratif et froid comme on peut le voir sur la couverture (ou dans Loki), qui n’aurait pas été adapté du tout à cet épisode, avec un résultat peut être plus classique et plus comic-book, mais qui est franchement très réussi. Il participe assurément au dynamisme qui en ressort, avec sa mise en page et des personnages quasi-continuellement en mouvement. Il serait dommage qu’il laisse cette voie de côté, tout comme il est dommage que ce soit le studio Udon qui ait dessiné la deuxième partie.
Parution française dans Dark Reign Hors Série #1
Diable… j’avais pas pensé à reposter ça.
C’est que ça manque de mots dans ce sujet…
Alors, oui, ces trois épisodes sont très classiques. Mais je trouve qu’il n’y a pas de fausse note, pas d’ennui, et surtout, c’est magnifique.
J’adorerais voir une édition regroupant la version couleur et la n&b.
Rediff’ (billet par Soyouz) : WOLVERINE/BLACK CAT

Je me demande bien pourquoi j’avais acheté cela. Peut être parce qu’il traînait à un endroit où je suis passé et j’ai eu de la peine de le voir toute seul.
Ou peut être que j’ai lu vos avis, et je suis passé au-dessus d’une impression non factuelle.
Et même si je lis ça plus de dix ans plus tard, bah je vous rejoins, vous qui avez donné votre avis sur ces deux mini-séries.
Parce que ouais, même si le trio a fait ce qu’il faut pour que ça s’enchaîne, il y a 5 ans entre les deux triptyques.
Et moi, j’ai beaucoup aimé le premier épisode. Il donne le ton, léger, un tout petit peu grivois, mais c’est assez bien fait, car moi, ça m’a bien fait sourire (y a des lignes de dialogues savoureuses, mais peut être plus pour des adultes). Le ton est léger, y a pas de prise de tête, c’est même presque souriant malgré les divers contextes rencontrés. C’est du fun, qui n’est pas très intelligent, mais qui n’est pas con non plus. A sa place, qui cherche juste à divertir.
Donc, en gros, on pourrait se demander par quel prétexte les deux perso ont pu avoir une aventure ensemble ? Bah, relisez vos histoires des années 70, les prétextes sont tout pareils. Si bien que tout semble naturel, et Gray et Palmiotti font ce qu’il faut pour qu’ils se découvrent que juste ce qu’il faut.
Linsner, je ne sais pas si je suis fan ou pas. Mais c’est en tout cas quelqu’un qui maîtrise ses exagérations, et ça passe vachement bien ici, surtout avec un ton comme celui-ci. C’est très adapté. J’aurais peut être préféré que la colo reste comme en 2005, mais ça s’oublie vite, et on n’y fait plus gaffe.
Donc, ouais, plutôt une lecture sympathique. Bien plus que je ne l’aurais cru.
Alex Lins

X-23 par Kalman Andrasofsky

Marc Silvestri

X-23 par Elise Strong
