Tim Sale :
L’arme X par Ferran Sellares
X-23 par Ferran Sellares
Serval par Ferran Sellares
Dent de Sabre par Dave Dorman
WOLVERINE #56 (2007) :
Si le scénariste Jason Aaron s’est d’abord fait connaître avec la mini-série The Other Side chez Vertigo (un galop d’essai concluant, lui permettant ensuite de transformer l’essai avec l’ongoing Scalped), celui-ci avait techniquement fait ses premiers pas balbutiants à l’âge de 28 ans, au début des années 2000 (déjà en compagnie du griffu). Après avoir remporté un éphémère concours de jeunes talents, Aaron a ainsi eu l’occasion d’écrire un back-up passé quelque peu inaperçu (d’où le hiatus qui suivra, avant qu’il ne finisse par percer) dans les pages de Wolverine #175 (dans l’ombre du run de Tieri).
Une histoire forcément anecdotique (située en Alabama, la terre natale du scénariste), mais néanmoins assez intéressante rétrospectivement, via ce que cette étude de caractère annonce en terme de futures récurrences thématiques (d’ordre religieux) chez cet auteur (Logan peut-il se considérer comme un homme bon dès lors que celui-ci passe le plus clair de son temps à faire preuve d’autant de violence ?), concernant un griffu lucide à son sujet, sûr et certain qu’il ira en Enfer (Aaron finira par l’y envoyer).
Près de cinq ans plus tard, suite à ses succès chez le label Vertigo de DC, le scénariste fait son retour chez Marvel avec plus d’expérience, où il signe l’un des meilleurs runs du Ghost Rider (voire LE meilleur), un très bon tie-in à l’event Secret Invasion du côté de Black Panther, où encore la reprise remarquée du Punisher dans sa version MAX (peut après la fin du run de Garth Ennis, un auteur qu’il admire). Soit une propension à alors écrire des durs à cuire badass et violents (avant de prouver avec Astonishing Spider-Man & Wolverine et Wolverine & the X-Men qu’il sait user d’un registre fun).
Avant d’entamer une fructueuse collaboration avec le talentueux Ron Garney (de Wolverine: Get Mystique à Men of Wrath, en passant par Wolverine: Weapon X, Wolverine #300 et Thor: God of Thunder), Aaron a d’abord produit un fill-in en compagnie de son aîné Howard Chaykin (ayant aussi illustré l’arc suivant, celui avec le retour ignoré de Shingen Yashida, sous la plume de Guggenheim).
« The Man in the Pit », le récit d’un homme ordinaire, prend des allures de joute psychologique entre un Logan en retrait (ses griffes ne sont pas son principal atout cette fois, mais plutôt ses mots tout aussi tranchants) et l’un de ses geôliers (tous chargés de le fusiller à intervalles régulières). Un stand-alone plutôt sombre (assez chargé en terme de désespoir), où Logan est perçu comme un antagoniste par le personnage principal (là où « A Good Man » privilégiait le point de vue du griffu). Après avoir montré les bons côtés de Wolverine, cet épisode-là aborde ainsi les pires, dans sa propension à savoir retourner la situation à son avantage (un fort manipulateur tout compte fait), quitte à faire preuve de cruauté en ne mettant pas fin aux souffrantes de quelqu’un souhaitant mourir (un châtiment adapté selon Serval).
Bon, pour ne pas faire mon ronchon (et parce que j’ai un peu de temps devant moi et que ces billets ont aussi leur place ici), je vais procéder à une grosse opération de recyclage (c’est bien aussi de recycler). Mais je le répète, pour des billets inédits, il ne faudra pas compter sur moi…
C’est parti pour les fonds de tiroir…
WOLVERINE #7 et 8
Un an après Incredible Hulk #340 (et sa célèbre couverture…voir mon avis post 614), Marvel a orchestré une nouvelle rencontre entre Hulk et Wolverine…mais dans une ambiance totalement différente. À l’époque, les X-Men étaient présumés morts et Logan a alors adopté une nouvelle identité pour enquêter sur les activités criminelles qui gangrènent l’île de Madripoor…bon, il a juste copié Nick Fury et s’est fait appeler le Borgne (Patch en V.O.). Pas vraiment la couverture la plus élaborée pour passer incognito…
Dans les épisodes 7 et 8 de son titre solo signé Chris Claremont et Big John Buscema, Wolverine recroise donc le chemin de Hulk…ou plutôt Joe Fixit, « prêté » par son boss Mike Berengetti à un de ses partenaires en affaires afin de régler une situation compliquée à Madripoor. Arrivé sur place, Joe Fixit goûte au sens de l’hospitalité très particulier des habitants et croise rapidement la route du Borgne. Logan découvre rapidement le secret du colosse gris (là encore, ce n’était pas très compliqué) et s’amuse à le faire tourner en bourrique, ce qui sert en même temps ses plans…
Dans Wolverine , Chris Claremont et John Buscema ont pleinement joué des références au film noir en faisant du Borgne un personnage « bogartien » (avec l’inévitable clin d’oeil à Casablanca ) au costume taillé sur mesure. La virée de Logan et de Joe Fixit dans les rues glauques de Madripoor est savoureuse, avec de l’humour, des grosses bastons et des situations qui donnent le sourire tout au long de ce jeu du chat (gris) et de la souris (griffue). Et comme nous sommes dans sa série, c’est ce bon vieux borgne qui a le dernier mot !
WOLVERINE/HULK : SIX HOURS
Même si elles ont été moins nombreuses que les face-à-face avec la Chose, les rencontres entre Hulk et Wolverine font partie des incontournables de l’histoire des deux personnages et ce depuis la toute première apparition du mutant griffu à la fin de Incredible Hulk #180 en 1974. En 2003, ce fut au tour du scénariste Bruce Jones, alors aux commandes de la série du Titan Vert, d’en orchestrer une…avant de signer un Hulk/The Thing l’année suivante.
Hulk/Wolverine : Six Hours est une mini-série en quatre parties qui doit son titre à son unité de temps resserrée. L’action se passe en effet dans une période assez courte, le temps d’une journée. Le premier numéro présente efficacement les personnages : un ado qui se prépare à faire un voyage en avion pour se rendre à un camp de vacances (et qui se fait mordre par un de ses serpents, ce qui est le catalyseur de ce qui va arriver par la suite), deux dealers de drogue dépassés et un Bruce Banner en fuite. Cette fine équipe va se retrouver dans le même avion privé…et pendant ce temps, Logan effectue un de ses rituels retours vers la nature, dans une cabane au Canada blottie au fond des bois…
Mettez des gangsters, un ado empoisonné et Bruce Banner dans un avion et il arrive ce qui devait arriver : l’engin se crashe pas loin de la forêt où Wolverine a établi ses quartiers. Les protagonistes sont séparés, Banner faisant équipe avec Logan pour retrouver les dealers, la pilote et le gamin qui n’a plus que six heures à vivre. Commence alors un compte à rebours pour sauver la vie des deux innocents…
Le contexte de l’intrigue donne beaucoup de rythme à l’ensemble, le suspense est maîtrisé, les bastons musclées (l’inévitable affrontement entre les deux têtes d’affiche est réservé pour la dernière partie) et la dynamique entre Banner et Wolvie est assez savoureuse, avec de bonnes piques lancées entre les deux héros. Ce Six Hours est donc plutôt bien ficelé (Bruce Jones aurait juste pu se passer d’une menace supplémentaire, un tueur sadique au look grotesque) et solidement dessiné par Scott Kolins.
WOLVERINE/HULK
Wolverine survole les montagnes du Nouveau Mexique dans un vieux coucou. Il perd soudainement le contrôle et doit se poser en catastrophe. À moitié à poil et sans provisions, Logan sait que la survie sera difficile. Et voilà que surgit de nulle part une petite fille appelée Po. Elle supplie le mutant griffu de l’aider à sauver son père, un pilote dont l’avion est coincé sous l’eau. Vu qu’elle ne fait que disparaître et réapparaître, Logan se demande si elle pourrait bien être une hallucination causée par le choc et le froid. Mais comme elle insiste, le duo se met en marche…
Po parle…beaucoup (les réactions de Logan à sa logorrhée sont très drôles)…et elle déballe tous les détails sur sa famille, son père et son oncle très intelligent. Un oncle qui se révèle être un certain Bruce Banner. Un oncle qui n’est pas très loin car cette drôle d’équipe finit par tomber littéralement sur Hulk dans une caverne…et on sait que le titan vert et Logan ne s’apprécient pas particulièrement…
Wolverine/Hulk doit être l’entrée la plus atypique des nombreuses rencontres entre les deux héros. Ce qui n’est guère étonnant vu que l’auteur en est Sam Kieth, le créateur de The Maxx. Sam Kieth signe ici le scénario, les dessins et les passages peints (le reste de la colorisation a été confiée à Richard Isanove). Et son talent éclate à chaque page, entre savoureuses anatomies exagérées, croquis d’enfant qui font partie intégrante de la narration et visuels participant pleinement au côté surréel de l’expérience qui unit Logan et Hulk.
Je trouve juste que le récit est très décompressé et aurait pu être raconté en un long one-shot au lieu d’une mini-série en 4 épisodes. Mais cette étrange aventure superbement illustrée ne manque pas de moments réjouissants. Il y a du mystère, des pointes d’humour bienvenues, de la poésie, de l’action, du drame…et un final très émouvant, qui touche en plein coeur…
Moi j’ai tout recyclé dans le X-Men. Donc vais pas remettre ici.
En pleine Saga des Broods , les moments de calme sont aussi importants. J’ai toujours beaucoup aimé cette petite scène entre Wolverine et Diablo dans Uncanny X-Men #165 de Chris Claremont et Paul Smith. Logan y découvre Kurt en train de prier, amenant une discussion sur la foi. Les deux héros ne voient pas les choses de la même façon (Kurt trouve le réconfort dans la prière, Logan ne croit que ce qu’il peut voir, sentir et toucher)…mais au final ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre et le « I ain’t alone, Bub…I got you » est une belle déclaration d’amitié…
Ouais, va pas me piquer mon boulot, non mais.
C’est très tendance.
Jim