Entre Captain America et Wolverine, cela remonte à loin. Chris Claremont a imaginé la première rencontre des deux héros dans un fameux numéro de Uncanny X-Men dessiné par Jim Lee et Daniel Way a ajouté des éléments rétroactivement dans son Wolverine : Origins. Si les deux hommes n’ont pas vraiment les mêmes méthodes, les combattants se respectent même si ce n’est pas toujours facile selon les auteurs (voir la réaction de Cap à l’entrée de Wolverine chez les New Avengers).
Wolverine/Captain America est une mini-série publiée sur un rythme hebdomadaire en 2004. On la doit au dessinateur Tom Derenick qui s’est également chargé du scénario en compagnie de R.A. Jones…et ce n’est franchement pas le haut du panier des collaborations entre le mutant griffu et le vengeur étoilé (et il ne faut pas oublier Carol Danvers, la troisième protagoniste de l’histoire oubliée par le titre). L’intrigue tourne autour d’un microprocesseur extraterrestre dérobé à Forge par une bande de mercenaires alors qu’il apportait cette « super-puce » à l’hôtel des Vengeurs pour examen. Captain America se lance alors à la recherche des voleurs avec Warbird tandis que les X-Men envoient Wolverine de leur côté.
Cette technologie Shi-Ar, c’est le « macguffin » d’une histoire centrée principalement sur la dynamique entre les trois héros et leurs combats contre l’équipe appelée la « Prévention » en V.F…et ça ne va pas plus loin, malgré un bon règlement de comptes de la part de Cap à la fin du dernier épisode. L’ensemble tire en longueur, avec des affrontements répétitifs et graphiquement, ce n’est pas joli joli. J’aime généralement le style de Tom Derenick mais là il abuse des silhouettes et des traits un peu trop massifs et surtout, la colorisation numérique de Hi-Fi Design est une véritable purge (mes mirettes ne leur disent pas merci).
Bref, une mini-série mutante hautement dispensable !
En 2000/2001, Marvel a publié trois mini-séries relatant les aventures passées de Reed Richards, Ben Grimm, Sue et Johnny Storm avant qu’ils deviennent les 4 Fantastiques . Deux restent toujours inédites à ce jour : Before the 4 - Reed Richards par Peter David et Duncan Fegredo et Before the 4 - The Storms par Terry Kavanagh et Charles Adlard. La troisième, Before the 4 - Ben Grimm and Logan , a été traduite par Panini dans les pages de la revue Wolverine .
Au scénario de Before the 4 - Ben Grimm & Logan , on retrouve un habitué des comics du mutant griffu, Larry Hama. La mini-série est dessinée par un Kaare Andrews alors dans les premières années de sa carrière et au style déjà très énergique. Le scénariste reste flou sur la période à laquelle se déroule l’histoire…mais les ennemis restent bien entendu les russes. Une équipe composée de Logan (agent pour les services secrets canadiens), Ben Grimm (pilote d’essai) et Carole Danvers (déléguée par le ministère de la défense) est envoyée en Russie par Nick Fury pour une mission d’espionnage…mais le plan ne va pas se dérouler sans accrocs…
Larry Hama mise tout sur l’action et le rythme pour cette aventure aussi sympathique qu’anecdotique qui vaut surtout pour la dynamique entre les personnages principaux, deux gros durs qui ont beaucoup de mal à se supporter (cette première virée en commun des futurs super-héros commence et se termine dans la castagne). C’est nerveux, la lecture est rapide et efficace…mais l’ensemble est tout de même vite oubliable…
En 1996, Marvel et DC ont organisé l’événement « DC vs Marvel », une suite d’affrontements au scénario timbre-poste qui a débouché sur une idée aussi amusante qu’inégale dans son traitement : « The Amalgam Age of Comics ».
À la fin du troisième épisode de la mini-série principale, les frères astraux, personnifications des univers DC et Marvel, décident de fusionner leurs dimensions…ainsi que les héros et vilains qui les peuplent. Les lecteurs ont alors pu découvrir la « Terre Amalgam » dans une série de numéros spéciaux qui vont du très bon (comme le Super Soldier de Mark Waid et Dave Gibbons) au médiocre.
En ce qui concerne Dark Claw, l’amalgame entre Batman et Wolverine, je suis partagé. Il y a eu deux one-shots, le premier dans le style comics habituel (par Larry Hama et Jim Balent) et le second dans une version « animated » inspirée par le dessin animé Batman des années 90 (par Ty Templeton). Ma préférence va à ce Dark Claw Adventures, qui fait partie de la seconde année de DC vs Marvel et qui a été traduit en V.F. dans les pages de DC vs Marvel #14. Bien ficelée, l’histoire se suffit à elle-même et offre une lecture divertissante et accessible.
Ce qui n’a pas été le cas de tous les Amalgam. Il y en a beaucoup qui commencent in media res et qui se terminent sur une fin ouverte. Dark Claw et Bruce Wayne Agent du S.H.I.E.L.D. (car dans cet univers, Batman et Bruce Wayne sont deux entités distinctes) en font partie. Malgré de bons scénaristes (Larry Hama et Chuck Dixon) qui ont concocté quelques chouettes scènes, la lisibilité s’en ressent et le jeu des amalgames (reconnaître qui est qui ?) tourne un peu à vide. Bref, sur les trois Amalgam « batmanien », un seul se distingue vraiment par la bonne utilisation de ses particularités narratives et graphiques.
Incredible Hulk #340 est un numéro à la couverture restée célèbre. Il s’agit d’un chapitre d’une intrigue globale qui a ensuite été compilée sous le titre Ground Zero (V.O.) / Point Zero (V.F.) . Dans Cercle Vicieux , Peter David orchestre un nouvel affrontement entre Hulk et Wolverine, des années après leur première rencontre dans Incredible Hulk #181 (j’ai un peu la flemme de vérifier s’il y en a eu d’autres entre ces deux épisodes). Et les circonstances font un peu penser à du Marvel « à l’ancienne » puisque le colosse gris tombe sur les X-Men carrément par hasard.
Peter David construit progressivement les étapes de la mission de Hulk, Rick Jones et Clay Quatermain sur la recherche de possibles bombes Gamma fabriquées par le gouvernement et touche par son portrait de Betty et la tristesse qui se dégage des dernières cases. Le « Cercle Vicieux » du titre a plusieurs sens et concerne aussi bien la relation entre Bruce et Betty que la façon dont se terminent les face-à-face musclés entre Hulk et le mutant griffu.
Hulk et Wolverine ont beau se dire qu’ils ont changé depuis leur première baston, la violence prend toujours le pas sur la raison. Le gros de l’épisode est donc consacré à leurs échanges de coups dans une nature bouleversée par la fureur des éléments et l’ensemble est illustré très efficacement par un Todd McFarlane qui signait là quelques unes de ses meilleures pages sur la série, notamment grâce à un encrage qui s’améliorait après des débuts assez décevants. Le futur créateur de Spawn allait encore tenir jusqu’au #346 (pas lu ses derniers numéros, j’ai des manques dans la très longue prestation de Peter David) avant d’être transféré sur Amazing Spider-Man avec le succès que l’on sait.
Fin 2020, Wolverine : Black, White and Blood a inauguré une collection de mini-séries anthologiques à l’identité visuelle bien adaptée aux personnages choisis (il y a eu ensuite Carnage et Deadpool et prochainement Elektra). Pour cette édition française, Panini a respecté le format de l’oeuvre originale, un livre de grande taille à la couverture souple, le but étant de donner plus d’espace aux planches pour admirer le travail des dessinateurs. Et certains le méritent (pas tous)…même si je trouve que l’initiative fait un peu gadget et n’est pas toujours pratique pour la prise en main pendant la lecture (oui, je chipote).
Publié à l’origine en 4 numéros, le titre propose 12 histoires courtes, autant de vignettes qui couvrent différentes facettes du mutant griffu et les rôles qu’il a remplis au fil de sa longue vie. Il y a le cobaye de l’Arme X, l’espion, le super-héros, le samouraï, la figure paternelle et par dessus tout l’homme qui cherche à contrôler sa nature sauvage. C’est donc du classique pour les lecteurs qui connaissent bien Wolverine et l’ensemble ne s’élève jamais au-delà de son caractère anecdotique…mais qui dit anecdotique ne veut pas forcément dire sans intérêt, loin de là…
Les scénaristes se tirent bien de l’exercice du récit court (oui, même Chris Claremont). Il y a bien quelques exceptions, c’est le cas de toute anthologie (si je devais faire un classement, je mettrais les segments de Vita Ayala, Donny Cates et Jed McKay en queue de peloton), mais une bonne partie des histoires est bien ficelée. L’accent est bien entendu mis sur l’action, avec quelques touches d’émotion qui s’expriment surtout dans le 32 Guerriers et 1 coeur brisé de John Ridley et Jorge Fornes et même des ambiances un chouïa plus légères qui contrastent avec le gore (Festin de Sang et Vacances sauvages ).
Graphiquement, les festivités commencent très fort avec un Adam Kubert particulièrement inspiré (découpage efficace et splash-page sauvage et percutante). Sur le reste du sommaire, Joshua Cassara, Declan Shalvey, Kev Walker et Jorge Fornes sont ceux qui se distinguent le plus mais dans l’ensemble tous font un assez bon usage de la couleur prédominante qui ne sert pas uniquement aux hectolitres de sang et à la tripaille (car pour charcler, ça charcle).
Le diptyque Incredible Hulk #180/181 doit être l’un des plus connus de la série du Titan Vert période années 70 et c’est (très) certainement du à la première apparition du plus célèbre des mutants, Wolverine, création collective de Roy Thomas, John Romita Sr et Len Wein. L’agent du gouvernement canadien a attendu la dernière case du #180 pour montrer le bout de ses griffes puisqu’il n’est qu’un personnage secondaire dans ce deuxième round entre Hulk et le monstrueux Wendigo, créé par Steve Englehart et Herb Trimpe dans les pages de Incredible Hulk #162.
Hulk veut juste être tranquille et après une série de bonds surpuissants, il se retrouve en pleine forêt canadienne, ce qui attire l’attention des autorités…mais pas que. Marie Cartier cherche à délivrer son frère Paul de la malédiction du Wendigo qui touche tout ceux qui ont commis un acte de cannibalisme pour survivre. Grâce à un rituel magique, elle veut transférer le Wendigo dans le corps de Hulk. Elle est aidée par son ami Georges Baptiste, secrètement amoureux d’elle et bourré de remords car c’est en partie de sa faute si Paul est devenu le Wendigo.
Bien évidemment, le plan de Marie ne se déroule pas sans accrocs. Hulk se réveille trop tôt et attaque le Wendigo…et c’est à ce moment précis qu’un petit bonhomme en combinaison jaune se lance dans l’action. La différence de taille ne fait pas peur à celui qu’on ne connaissait pas encore sous le nom de Logan (inconscience ?), les auteurs orchestrant un combat bondissant et pas si déséquilibré que ça. Pendant l’échange de coups de poings…et de griffes…le drame de la famille Cartier se poursuit, avec une conclusion tragique, remplie d’une amertume qui n’était pas étrangère aux aventures du colosse de jade.
Suite au crossover La Chute des Mutants, les X-Men se sont fait passer morts et ont vécu un temps au bout du monde, dans une nouvelle base d’opérations en Australie. Ce nouveau statu-quo a permis à Chris Claremont, le big boss de l’univers mutant, de lancer deux nouvelles séries au ton très différent, Excalibur et Wolverine. Le mutant griffu avait déjà eu droit à un titre solo en 1982, une mini-série imaginée par Claremont et Frank Miller, mais cette fois-ci le rendez-vous avec les aventures de Logan allait être régulier, avec un prologue publié dans les pages d’une nouvelle revue anthologique, Marvel Comics Presents.
MCP proposait à chaque numéro 4 histoires de 8 pages chacune. Wolvie était l’un des personnages réguliers du sommaire et son premier serial en 10 chapitres a été compilé par Semic dans le 28ème tome de la collection Un Récit Complet Marvel. La comparaison avec le serial est bien adaptée puisque la construction de l’histoire rappelle bien ces vieux feuilletons ciné, avec des épisodes courts, des récaps, des cliffhangers et une atmosphère qui évoque les films noirs des années 40 et 50.
L’île de Madripoor avait déjà été évoquée dans un New Mutants qui n’avait pas été publié dans Titans et c’est surtout à partir de cette histoire qu’elle a pris un peu plus d’importance dans les comic-books Marvel. Logan s’y rend pour honorer une promesse mais à peine arrivé, il est pris pour cible et il va devoir naviguer entre les différentes factions qui veulent prendre le contrôle des activités criminelles…certaines seront amicales, d’autres beaucoup moins…
Dans une interview, Chris Claremont avait décrit le comic-book comme étant plus centré sur l’aventure exotique que les super-héros aux costumes colorés, une sorte de croisement entre Conan et Terry et les Pirates de Milton Caniff. Il n’est donc pas étonnant que John Buscema fut choisi pour en être le premier dessinateur. Sur les MCP, Big John était visiblement en mode esquisses, l’encrage de Klaus Janson donnant à l’ensemble un côté rugueux qui colle bien à l’ambiance voulue par le scénariste et à sa violence un peu plus prononcée (Wolvie est notamment longuement torturé, son oeil brûlé par une cigarette et le temps qu’il guérisse, il porte un bandeau qui deviendra sa signature pendant son long séjour à Madripoor).
Malgré quelques faiblesses (dont deux ou trois parties qui ne font pas vraiment avancer l’intrigue), Les Mystères de Madripoor posait plutôt efficacement les bases de la série mensuelle. Logan se dévoile dans les dernières pages en émule de Bogart. À Madripoor, il se fera appeler le Borgne…ce qui n’était pas franchement le « déguisement » le plus élaboré pour passer incognito…
S’il avait déjà écrit pour Marvel UK et co-scénarisé des épisodes de Excalibur avec Chris Claremont, le one-shotWolverine : Bloodlust (Possession en V.F.) doit être l’une des premières histoires écrites en solo par Alan Davis pour Marvel U.S. (peut-être même la première). Cet épisode spécial de 48 pages débute par une scène sortie d’un film d’horreur…un homme poursuivi dans une forêt enneigée est violemment mis à mort par une silhouette qui rappelle celle de Wolverine.
Le mutant griffu reprend alors ses esprits dans un bar du Yukon en se demandant s’il s’agissait d’un rêve ou d’un souvenir. Il est aidé par une jeune femme appelée Saskia avant d’être asticoté par des rednecks. La bagarre est un passage obligé et cette fois, Logan a un peu plus de mal à se contrôler. Saskia réussit à lui faire récupérer ses esprits mais à peine dehors, le duo est attaqué par des sortes d’hommes des neiges albinos. Après un combat sanglant, les survivants s’enfuient en emmenant Saskia…
Sans se douter qu’il est suivi par les mecs du bar, Logan part à la chasse et retombe sur les « bigfoots »…mais il va se rendre compte qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Alan Davis délivre aussi un message écologique avec l’histoire des Neuri, des humains évolués (leur vraie forme ne peut se voir que sur un plan spirituel) dont une faction est devenue incontrôlable après avoir été exposée aux dégâts que les hommes ont fait subit à l’environnement. La discussion entre Logan et les « gentils Neuris » a lieu sur un autre niveau d’existence, magnifié par le superbe travail sur les couleurs de Bernie Jaye.
La deuxième moitié de l’album ne manque pas d’intensité, Alan Davis et Paul Neary livrant des pages puissantes pour décrire une sanglante lutte pour la survie dans une région aussi belle que sauvage. Sur la dernière page, Wolvie réfléchit en quelque sorte sur sa spiritualité en se rappelant les mots de son guide Neuri, le fait qu’il ne pourra jamais atteindre l’harmonie à cause de son adamantium. Parcourir le cosmos en se fondant dans une colonie spirituelle, ça a l’air sympa…mais ça manque de binouzes là-haut !
Intitulé Jungle Saga, le 30ème album de la collection Un Récit Complet Marvel a compilé deux aventures de Wolverine aux styles très différents et qui se rejoignent juste par leurs unités de lieux très exotiques : le one-shotWolverine - The Jungle Adventure (1990) par Walt Simonson et Mike Mignola et deux épisodes de la série Punisher War Journal signés Carl Potts et Jim Lee et publiés quelques mois avant le numéro spécial qui ouvre le sommaire.
Dans The Jungle Adventure, Logan est attiré en Terre Sauvage après avoir été attaqué par un robot qui lui semble familier (en bref, il « sent comme lui » avec une vivace odeur de jungle en parfum supplémentaire). Le griffu passe plus de la moitié du bouquin à traîner avec une tribu qui le prend pour un dieu (parce qu’il est tombé du ciel)…il chasse, prend goût à la vie sauvage et passe du bon temps avec la grande Gahck, la chef de la colonie. Malgré les très bons dessins de Mignola, ça traîne un peu…jusqu’à ce qu’une rencontre avec un tyrannosaure qui se révèle être une machine rappelle à Wolvie pourquoi il est là…
Logan suit la trace laissée par le dino cyborg et atterrit dans l’antre d’Apocalypse…ou presque puisque lui aussi était un robot. Ce n’est pas la partie la plus convaincante de l’histoire, aussi bien par les dialogues du faux Apo (suivi par le vrai) que par les détails qui laissent à penser que les auteurs allaient faire d’Apocalypse le vrai vilain derrière le projet Arme X…mais tout ceci n’a pas eu de suite (et je ne me rappelle pas non plus si le bébé que l’on aperçoit en dernière case, clairement l’enfant de Logan et de Gahck, a eu droit à d’autres apparitions).
Dans la deuxième histoire, Wolverine suit la trace d’un trafic de peau de bêtes jusqu’en Afrique et observe de loin une expédition où passe incognito un certain Frank Castle supposé en vacances (même loin de la ville, il ne quitte jamais ses flingues). Ces deux numéros de Punisher War Journal (les #6 et 7 précisément) valent surtout pour les dessins de Jim Lee (j’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de ses pages des années 80/90) que par un scénario assez bourrin qui n’évite pas les clichés et qui joue un peu trop sur les malentendus et l’opposition entre deux des stars des comics de l’époque (qui ne s’étaient donc jamais rencontrés avant si j’ai bien compris).
One-shot publié aux U.S.A. en 1991, Rahne of Terra (en V.F. dans le Récit Complet Marvel #36) se déroule presque entièrement dans une dimension alternative, une Terre version medieval fantasy où presque tous les mutants ont une contrepartie à l’exception de Wolverine (ce qui ne sera jamais expliqué). Sur ce monde, Rahne Sinclair est une princesse et elle est protégée par un puissant mage (Cable). La menace principale est un magicien adepte des forces obscures (Magneto). Bien décidé à réaliser une prophétie qui dit que la princesse mourra à l’âge de 16 ans en étant dévorée par une bête, ce qui entraînera la chute de son royaume, Magnus a kidnappé Wolverine, lui effaçant la mémoire pour le réduire à l’état de bête sauvage. À l’insu de Magnus, le Mage a échangé les places de Rahne et de la princesse Rain, afin de donner une chance à son monde de survivre…
Il y a des choses qui ne fonctionnent pas dans cette histoire…face au comportement de celle qu’il prend pour Rahne, Cable ne trouve pas d’autre solution que de lui passer la camisole de force et de l’enfermer (pas vraiment compréhensif, le Nathan). Avec les Nouveaux Mutants, il attend juste que les choses se règlent d’elle-même. Si je me rappelle bien, le Professeur Xavier n’était plus sur Terre à la même période, mais ils ne pouvaient demander de l’aide à personne ? Bref…
Si le récit a ses faiblesses, j’aime bien les visites de réalité alternative. Ce n’était pas la première fois que les mutants étaient projetés dans un univers de fantasy (voir l’arc narratif de Uncanny X-Men avec Kulan Gath…même si la situation était différente) mais cela reste amusant de découvrir les différentes variations des protagonistes, dans une logique à la What If ?. Peter David reste tout de même classique dans son approche car les doubles chevaleresques des Nouveaux Mutants sont très proches de leurs modèles au niveau de la caractérisation…
Wolverine passe l’essentiel du bouquin à montrer les dents et à grogner avant de se réveiller à temps pour un final spectaculaire. Rahne de Terra fait partie des premiers travaux de Andy Kubert sur l’univers mutant. Il n’en était pas vraiment à ses débuts (avec déjà quelques années chez DC derrière lui) mais c’est toujours intéressant de constater l’évolution de son style et il est ici à l’aise dans l’atmosphère particulière de ce monde fantastique, avec de bons designs et une certaine efficacité dans l’action saignante. Je suis juste moins convaincu par les couleurs souvent trop sombres de Sherilyn Van Valkenburgh.
À noter qu’il existe une suite restée inédite en V.F., Wolverine : Knight of Terra par Ian Edginton, John Ostrander et Jan Duursema.
Le numéro flashback de Wolverine prend place à une période bien précise de la longue histoire du mutant griffu. Après s’être échappé du Projet Arme X, Logan était dans un état second, un véritable animal sauvage. Il a été recueilli par James et Heather Hudson, qui l’ont aidé à retrouver son humanité. Mais Logan a perdu une partie de ses souvenirs et il a besoin de réponses. C’est pour cela que le futur Guardian lui a obtenu un rendez-vous avec le scientifique et métallurgiste Myron MacLain, le créateur de l’adamantium.
Logan a droit à un avion personnel pour se rendre à Washington puisqu’il accompagne un pilote qui teste un nouvel engin…un certain Ben Grimm. La discussion avec un MacLain très intrigué tourne court avec l’arrivée de Dents-de-Sabre. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps mais Wolvie ne se rappelle plus de lui, une situation qui amuse Creed. Quand une nouvelle équipe surgit pour enlever Logan, les esprits s’échauffent et le canadien sort les griffes. La cavalerie débarque, menée par le colonel Nick Fury et l’agent spécial Carole Danvers…
Si la grosse scène d’action de l’épisode est nerveuse (comme souvent avec Larry Hama), l’histoire illustrée par un bon Cary Nord (j’aime bien même si c’est assez léger en décors) est au final un peu creuse et se contente d’enchaîner les vieilles connaissances de Logan (Black Widow débarque comme un cheveu sur la soupe avant de repartir trois cases plus tard) sans que ce dernier ait la moindre idée de ce qui s’est passé. Wolverine préfère retourner auprès des Hudson, entamer une nouvelle période de sa vie qui le mènera à travailler pour le Département H du gouvernement canadien.
Après être passé par la case cinéma (il a notamment co-écrit Commando avec Schwarzenegger, Teen Wolf avec Michael J. Fox et Pie Voleuse avec Whoopie Goldberg), Jeph Loeb, fan de comics de longue date, a écrit sa première bande dessinée pour DC Comics en 1991 avec la mini-série Challengers of the Unknown. C’est sur ce titre qu’il a rencontré celui qui deviendra un ami et un collaborateur régulier, le regretté Tim Sale. Loeb & Sale ont signé de nombreux comics ensemble aussi bien chez Marvel que chez DC et je garde une préférence pour des mini-séries comme Superman for all Seasons, Daredevil Yellow et Spider-Man Blue.
Il n’y a cependant pas eu que des excellentes choses et leur premier bouquin Marvel, la mini-série Wolverine & Gambit : Victims sortie en 1995 (traduite chez nous dans la collection TOP BD), reste assez moyen. L’histoire tourne autour d’une série de meurtres commis dans les rues de Londres, l’une des victimes étant l’inspecteur Alexandra Davies, une vieille connaissance du cajun Gambit. Les autorités redoutent un nouveau Jack l’Eventreur…et d’après les indices, Gambit craint que le tueur soit son co-équipier Wolverine…
Cette histoire vaut surtout pour son ton plus sombre et la partie graphique de Tim Sale. Son travail sur les ombres ne manque pas de nuances et est parfait pour cette atmosphère particulière. Les cases réservent aussi de bonnes idées visuelles, notamment lors des scènes d’illusions hypnotiques après la révélation des identités des deux adversaires des X-Men. La toute première page, qui fait un excellent usage des onomatopées, est également très réussie.
Je suis un peu plus réservé sur le scénario. Après une entame efficace, les deux chapitres qui suivent s’étirent un peu trop (même avec 4 numéros, c’est un poil décompressé, je me dis qu’un one-shot aurait suffi) et je n’ai jamais été convaincu par les motivations (assez glauques pour la vieille connaissance des mutants) et la dynamique du duo de vilains. Et c’est ce qui rend pour moi l’ensemble (très) bancal…
Entre la fin du long run de Larry Hama et le bref retour de Chris Claremont, Warren Ellis avait pris les commandes de la série Wolverine pour un unique arc narratif de quatre épisodes (#119 à 122). Cette saga intitulée Not dead yet en V.O. et La Mort aux trousses en V.F. a marqué les débuts marvelliens du dessinateur philippin Leinil Francis Yu qui a ensuite signé une dizaine d’épisodes du titre du mutant griffu à la fin des années 90. S’il est devenu inégal avec les années, j’aime encore beaucoup ses débuts pour lesquels il avait formé un duo efficace avec son compatriote Edgar Tadeo à l’encrage. Je les trouve ici aussi bon dans les scènes statiques (et il y en a pas mal compte tenu de la place prise par les discussions entre Logan et McLeish) que dans l’action très sauvage (Logan et ses adversaires ne retiennent pas vraiment leurs coups).
Le premier chapitre débute à Hong Kong, dix ans auparavant. Logan discute avec un écossais nommé McLeish qui lui raconte à quel point il est le meilleur dans sa partie, à savoir tuer. Le futur Wolverine le laisse pour sortir avec son amie Ai-Cha. De retour chez la jeune femme après une séance ciné, le couple découvre le père de Ai-Cha assassiné. Logan repère McLeish et le file en moto (une poursuite bien énergique) avant de le tuer en l’écrasant avec sa bécane et en faisant exploser son bateau (pourquoi faire les choses à moitié ?). Dix ans plus tard, Logan rentre chez lui pour y trouver un cadavre et un indice qui mène à McLeish. Le chasseur blanc au coeur noir serait-il toujours en vie après tout ce temps ?
Not Dead Yet est une histoire facile d’accès, qui ne nécessite pas de connaître tout ce qui s’est passé avant ce #119. Warren Ellis examine l’aspect berserker de Wolverine, son côté animal qu’il tente de contrôler, en l’opposant à un tueur impitoyable qui adore tuer comme il le dit lui-même en ouverture de la troisième partie. Les premiers échanges sont intéressants…mais le problème est qu’Ellis se répète un peu trop et cette partie de l’histoire devient vite redondante. Cet arc en 4 parties est donc très décompressé et aurait franchement pu tenir en un seul numéro spécial, comme un annual par exemple. Mais malgré ces défauts, la lecture reste divertissante, grâce à la partie graphique, à l’atmosphère qui se dégage de la traque et aux bastons bien teigneuses.
Historiquement, Wolverine est la deuxième mini-série publiée par Marvel, la première histoire parue sous ce format étant Le Tournoi des Champions. Vu la popularité du griffu, il n’était pas étonnant que le mutant soit le premier membre des X-Men à recevoir son titre solo. Chris Claremont voulait à tout prix travailler avec Frank Miller, qui était encore à l’oeuvre sur son cycle historique de Daredevil. Mais pour Miller, Wolverine n’était alors qu’un fou furieux psychotique, une caractérisation un peu trop unidimensionnelle, et il n’avait pas vraiment envie de travailler sur ce genre de personnage. Il a changé d’avis lorsque Claremont lui a expliqué qu’il voyait plus Logan comme un « samouraï déchu » et le résultat final est venu de leurs discussions sur ce qui est au coeur de celui qui se présente comme le meilleur dans sa partie…et ce qu’il fait de mieux n’est pas vraiment joli…
Après une scène dans les Rocheuses Canadiennes qui insiste efficacement sur la dualité humaine et sauvage du héros, Logan est appelé au Japon par un vieil ami des services secrets qui lui apprend que Mariko Yashida a été obligée de se marier pour respecter une dette d’honneur contractée par son père Lord Shingen, de retour après avoir été présumé mort. Amoureux de Mariko, Wolverine entre dans une colère noire et les choses ne s’arrangent pas lorsqu’il découvre que le mari en question est une ordure qui bat sa femme. Il est amené devant Lord Shingen pour un combat qui ne tourne pas en sa faveur. Le face-à-face est intense, violent et Logan échoue…
Balancé dans la rue comme un moins que rien, Logan fait la rencontre d’une certaine Yukio, qui travaille en secret pour Shingen. Yukio devait tuer Logan mais elle s’attache à lui et en tombe amoureuse, provoquant la colère de Shingen. Yukio manipule alors Logan pour qu’il se déchaîne sous les yeux de Mariko, horrifiée par son côté bestial. Le but de Claremont et de Miller était de le détruire psychologiquement parlant pour le faire évoluer et c’est très réussi. Cela passe par une série d’épreuves, des vérités difficiles à affronter et un combat décisif pour l’honneur aussi important pour le héros-titre que pour sa bien-aimée…
J’aime beaucoup le duo formé par Frank Miller et Joe Rubinstein. Les visages dessinés par le premier, l’énergie qui se dégage des nombreux combats, le découpage de l’action (la double page avec les ninjas dans l’épisode 2…pour ne citer qu’un exemple…est excellente), l’atmosphère des scènes nocturnes, des ruelles glauques…le travail sur les textures, les ombres (le final qui voit Logan et Mariko se déclarer à nouveau leur amour est superbe)…
Après tout ce qui s’est passé, la dernière page se referme sur un happy-end. Mais pour Logan et Mariko, le bonheur allait être de courte durée…
Après s’être éloigné un temps du monde des comics, Barry Windsor-Smith a recommencé à dessiner pour Marvel en 1983, choisissant soigneusement ses projets, de la mini-série Machine Man à des épisodes d’Iron Man et Daredevil en passant par un numéro de Uncanny X-Men par an (dont les superbes Lifedeath). Au début des années 90, Terry Kavanagh, devenu le responsable éditorial de la revue anthologique Marvel Comics Presents, lui a demandé s’il voulait bien travailler sur une histoire courte. Il ne s’attendait pas à ce que BWS lui apporte les deux premiers chapitres d’une saga racontant l’expérience qui a donné à Wolverine son squelette d’adamantium.
Barry Windsor-Smith a donc eu carte blanche pour ce récit sérialisé tout au long de treize numéros de Marvel Comics Presents. Sur Weapon X, il est scénariste, dessinateur, encreur, coloriste et même co-lettreur avec Jim Novak. Il n’a pas eu à se préoccuper de ce qui se passait dans les autres séries mutantes et a eu juste laissé un petit mystère à résoudre en ce qui concerne l’identité du commanditaire de l’Arme X (Claremont voulait dans un premier temps que ce soit Apocalypse).
Au début de Weapon X, Logan est un homme errant, un vagabond qui ne trouve de place nulle part. On devine qu’il tente d’échapper à son passé mais ce n’est pas vraiment développé puisqu’il est ensuite enlevé pour être emmené dans un complexe caché et bien gardé. Le prologue est raconté du point de vue du mutant canadien et il faudra attendre les deux dernières parties pour avoir de nouveau accès à ses pensées. Avant cela, Logan sera complètement détruit, son humanité lui étant retirée pour être restructuré en quelque chose d’autre, la parfaite machine à tuer…
Le gros de l’histoire s’intéresse donc surtout à un trio de scientifiques qui contrôlent et observent la transformation de Wolverine, le docteur Cornélius, l’effacée Carol Hines et l’amoral Professeur. Leurs discussions sur l’expérience dont Logan est le cobaye involontaire rythment une narration non-linéaire que Barry Windsor-Smith maîtrise parfaitement, aussi bien au niveau du découpage que de la manière dont il intègre les bulles et les récitatifs à l’ensemble. L’auteur va même jusqu’à brouiller les pistes en manipulant aussi bien son personnage principal que le lecteur avant de rebondir dans un dernier acte qui se termine d’une façon aussi abrupte qu’efficace (j’aime bien ce genre d’effet). Le petit épilogue de 5 pages ajouté quelques années plus tard n’était même pas utile même s’il reste très visuellement très beau.
La mini-série Weapon X met en scène le couple formé par Logan alias l’Arme X (il n’est pas appelé Wolverine dans cette autre réalité) et Jean Grey. Au début du premier chapitre de cette aventure concoctée par Larry Hama et Adam Kubert, les héros sont en mission pour le Haut Conseil des Humains (dirigé par Brian Braddock, Emma Frost, Moira McTaggert, Bolivar Trask et Mariko Yashida) qui a demandé aux mutants d’ouvrir une brèche dans le grand mur océanique d’Apocalypse. Le titre commence donc directement par une bonne grosse scène d’action, Logan et Jean causant suffisamment de dégâts pour laisser passer un pont aérien et évacuer des milliers d’humains tout en blessant l’arrogant prélat Havok par la même occasion.
Mais cette dynamique d’équipe ne survivra pas à l’annonce du plan de Brian Braddock qui veut bombarder l’Amérique d’Apocalypse pour en faire un désert radioactif. Si Logan n’est pas contre, Jean veut tout faire pour empêcher ce désastre, ce qui va causer leur séparation (elle rejoint Scott Summers dans la deuxième moitié de la mini-série Factor-X). Le griffu n’a pas le temps de la rattraper puisqu’il était occupé par les soldats d’Apocalypse dont font partie les Reavers, cyborgs menés par Donald Pierce qui arrivent à détruire le système de guidage des bombes.
Bien décidé à réaliser le plan du Haut Conseil, Logan part à la recherche de la seule personne qui pourrait selon lui guider l’armada et sa cargaison destructrice, le mutant australien Gateway. Une quête qui ne sera pas de tout repos entre les assauts continuels des Reavers, la rencontre avec une certaine Carole Danvers et la trahison d’un des membres du Haut Conseil…Larry Hama enchaîne les rebondissements et signe une mini-série solide (dans laquelle le scénariste utilise des éléments réguliers de sa longue prestation sur Wolverine), menée sur un rythme enlevé et très bien servie par la partie graphique d’Adam Kubert.
Après un final tendu et violent, qui fait des victimes dans les deux camps, la dernière double page est spectaculaire et prépare à l’ultime chapitre de l’Ere d’Apocalypse dans le one-shotX-Men Omega.
Sa dernière soirée avant l’Ere d’Apocalypse, Wolverine l’a passée à monter la garde à l’Institut Xavier. Pendant que les X-Men se rendaient en Israël pour affronter Legion, Logan a accepté de surveiller son vieil ennemi Dents-de-Sabre, qui était alors détenu parce que Xavier était convaincu de pouvoir guérir Creed de ses instincts bestiaux et de sa soif de sang. Mais comme on s’en doutait, mettre Wolverine et Dents-de-Sabre dans le même endroit est le genre de situation qui ne pouvait pas se terminer autour d’une soirée binouzes.
Dès les premières pages, Logan et Creed se bouffent la gueule, l’« invité/prisonnier » testant les limites de sa cellule. La nuit suit son cours, Wolvie apprenant à la télévision le sort de Linus Dorfmann, un cinglé rencontré quelques mois plus tôt (pendant la période dessinée par Marc Silvestri). Une parole prononcée par une psychologue lui met la puce à l’oreille concernant le comportement de Creed qui réussit à court-circuiter le champ d’énergie de sa porte. Pas de discussion possible, le reste de l’épisode se concentre sur une baston bien teigneuse…
Si Wolverine #90 peut paraître un peu creux au niveau du scénario, le scénariste Larry Hama assure toujours pour ce qui est de l’action et le format particulier de ce numéro à permis à Adam Kubert de ne pas être limité au niveau du découpage. Car il s’agit du fameux « poster comics » vendu par Semic et publié à part de la revue principale dans un unique Serval Hors-série.
Dans le premier et le dernier tiers de cet épisode plus long qu’à l’accoutumée, dont le but était peut-être d’orchestrer l’affrontement ultime entre les ennemis intimes avant l’arrêt des titres mutants pendant quelques mois, les pages se déploient de façon horizontale et verticale avec l’énergie caractéristique de Kubert. Le combat final est nerveux, les coups pleuvent avec une grande violence et la tension accumulée ne pouvait se terminer que sur une décision difficile pour Wolverine qui lobotomise Dents-de-Sabre en lui plantant une griffe dans le cerveau…
…et c’est là que le temps s’arrête, laissant la place à une nouvelle réalité…
Voilà, c’est tout…et c’est déjà pas mal. Par contre, c’était chiant à retrouver, les chiffres de l’index ne correspondent plus, tout est décalé d’au moins 5 ou 6 posts, j’ai pas compris…