24 HEURES CHEZ LES MARTIENS (Kurt Neumann)

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REALISATEUR

Kurt Neumann

SCENARISTES

Kurt Neumann et Dalton Trumbo

DISTRIBUTION

Lloyd Bridges, Osa Massen, John Emery, Noah Beery Jr…

INFOS

Long métrge américain
Genre : science-fiction
Titre original : Rocketship X-M
Année de production : 1950

Quand George Pal (La Machine à explorer le temps) annonce la mise en chantier de Destination…Lune !, son épopée sur l’exploration spatiale pour laquelle il s’est adjoint les conseils de l’écrivain Robert A. Heinlein, il ne se doute peut-être pas que son film sera à l’origine d’une véritable mode dans laquelle s’engouffreront de nombreux studios. Il pensait aussi que Destination…Lune ! serait le premier film à décrire les conditions d’un vol spatial (tel qu’il était imaginé à l’époque bien sûr), mais il s’est fait soufflé la politesse par Rocketship X-M, sorti en France sous le titre beaucoup trop révélateur (puisqu’il dévoile carrément l’un des points de l’intrigue) de 24 heures chez les Martiens.

En effet, le producteur Robert L. Lippert, flairant la bonne affaire, commissionne le réalisateur et scénariste d’origine allemande Kurt Neumann (Kronos, le conquérant de l’univers) sur un long métrage prévu pour concurrencer celui de George Pal. Alors que Neumann avait en tête un projet aux accents un peu plus serial de “dinosaures sur Mars”, Lippert rejettera cette idée pour privilégier la mission spatiale (et un certain Dalton Trumbo collaborera au scénario sans être crédité). Il accélérera également la production pour que son film sorte avant celui de Pal et il arrivera à ses fins. Rocketship X-M sera projeté sur les écrans américains trois semaines avant Destination…Lune ! et pourra fièrement proclamer être le “premier film (américain) sur le voyage dans l’espace”.

Pionnier de la série B S.F. des fifties, Rocketship X-M souffre tout de même du rush de sa production et se révèle assez déséquilibré, surtout dans sa première partie, mais des qualités certaines se détachent dans les vingt dernières minutes.
Les quinze premières minutes détaillent assez naïvement les minutes précédant le décollage (pour préserver le secret jusqu’à la dernière seconde, une conférence de presse est organisée alors qu’il ne reste qu’une dizaine de minutes…et les journalistes posent leurs questions aux astronautes 5 minutes avant que ceux-ci n’embarquent…serré comme timing). La demi-heure suivante prend son temps pour caractériser l’équipage de la fusée en route vers la Lune. Entre pseudo-jargon scientifique, mélancolie et considération philosophiques sur la place de l’Homme (et du Texan surtout) dans l’univers, ces moments sont plutôt bien joués (on retrouve Lloyd Bridges, le père de Jeff et Beau, dans le rôle du pilote au grand coeur) mais la réalisation manque singulièrement de relief.

Suite à un accident de navigation, la course de la fusée est déviée et l’engin dérive dans l’espace jusqu’à la planète Mars. Les explorateurs décident de ne pas laisser passer l’occasion et de visiter la planète rouge malgré des réserves insuffisantes pour le voyage retour. Sur Mars, ils découvriront les ruines d’une ancienne civilisation et que les martiens sont retournés à l’âge de pierre après une guerre nucléaire.
Rocketship X-M sera l’un des tout premiers films à dénoncer les dangers de l’ère atomique. Pour les paysages martiens, Neumann aura la bonne idée d’utiliser des filtres rouges, ce qui donne à ces scènes une ambiance angoissante, renforcée par la présence environnante des “martiens préhistoriques”, menace qui peut surgir à chaque instant et qui sera tragique pour nos héros.

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Après deux premiers actes hésitants et qui ne manquent pas de clichés, 24 heures chez les Martiens se rattrape dans un troisième acte tendu à souhait, au final inattendu pour l’époque et pour lequel Kurt Neumann imprime une intensité qui aura manqué aux scènes d’exposition.

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