3 DEV ADAM/CAPTAIN AMERICA & SANTO VS SPIDER-MAN (Uçak)

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REALISATEUR

T. Fikret Uçak

SCENARISTE

Dogan Tamer

DISTRIBUTION

Aytekin Akkaya, Deniz Erkanat, Yavuz Selekman…

INFOS

Long métrage turc
Genre : action
Année de production : 1973

Dans le vaste univers du cinéma d’exploitation, il existe une dimension parallèle où les lois sur le copyright ne s’appliquent pas et où les plus grandes figures héroïques se débattent dans une sorte de crossover nanardesque perpétuel dans des décors qui ressemblent le plus souvent à des terrains vagues d’Ankara ou d’Istanbul.
Bref, et si Spider-Man était un psychotique chef de gang turc aux sourcils qui feraient honte à Emmanuel Chain ?

Dans 3 Dev Adam (Les 3 Géants en francais), une vague de crimes sanglants est en cours à Istanbul. Le Chef de la police appelle alors à la rescousse deux agents étrangers pour mettre fin aux agissements du syndicat du crime.
Résumé comme cela, le pitch a l’air très simple. Et pourtant…

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La menace déguisée en Spider-Man (c’est le Jameson turc qui doit être content) est un vrai fétichiste des statues qu’il vole dans la demeure de friqués qu’il n’hésite pas à tuer dans un grand rire sardonique. C’est qu’il est particulièrement sadique, cet « homme araignée » qui n’a pas du s’épiler les sourcils depuis la Guerre d’Indépendance (j’imagine la moustache qu’il doit se trimballer sous ce masque). La première scène le voit ordonner la mort d’une jeune femme qui se retrouve la tête broyée par un moteur de hors-bord. Et quand il châtie un de ses subordonnés pour incompétence, il l’enchaîne à une machine de torture où le pauvre type se fera bouffer les yeux par des rats affamés.
Spider a une petite amie aussi perverse que lui, qui a l’air de jouir à chaque mort violente. Et quand les deux se livrent à des ébats torrides, ils sont surveillés par trois marionnettes hilares (!)…ne me demandez pas, je n’ai rien compris à la scène…

Bien entendu, Spider-Man n’a pas les capacités de son homologue marvellien. Il est tout de même capable est de se dédoubler à volonté lorsqu’il meurt (!!). La Saga du Clone avant l’heure ? Ce pouvoir sorti de nulle part est incompréhensible et ne sert qu’à étirer ad nauseam un combat final atrocement chorégraphié.

Le Chef de la police est aussi mou du genou qu’un Derrick dans ses meilleurs jours. Il passe tout le film à attendre qu’il se passe quelque chose, interroge de temps en temps son indic et glande on ne sait pourquoi dans un club de strip-tease (enfin si, il fait ce que tout le monde fait dans un club de strip mais ça n’a rien à voir avec l’enquête).

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Les deux agents étrangers sont donc Captain America et le légendaire catcheur et justicier mexicain Santo.

Ici, Captain America est brun et parle un turc parfait, comme le souligne inutilement le chef de la police. Il n’a pas de bouclier, a oublié les ailettes sur son masque et son costume arrête les balles. Il est accompagné par sa petite amie, dont la principale utilité dans l’histoire sera de servir d’appât.

Contrairement au véritable Santo, cette copie cheap passe quasiment tout le métrage à visage découvert et ne porte le masque qu’à deux ou trois reprises. Il a aussi de drôle d’habitudes, comme ramasser tous les billets qu’il peut trouver (ça paye plus, le catch ?), fourrer les preuves dans son entrejambe et prendre une douche en slibard (il a peur qu’on voit son petit ange blanc ?). Et pour ce qui est de ses dons de combattant, on est loin du niveau du légendaire luchador, plutôt d’un catcheur de prisunic…

Série Z assez ennuyeuse (j’en ai vu des daubes mais même moi, j’ai mes limites et j’ai du m’y reprendre à deux fois pour finir le film), 3 Dev Adam enfile toutes les perles des rip-offs à la sauce djadjik : la réalisation filerait des boutons à un étudiant en cinéma, le directeur de la photographie est aux abonnés absents et le monteur a abusé de substances illicites…ou quand la médiocrité confine au grand (nan)art !