ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (Geronimi, Jackson & Luske)

REALISATEURS

Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske

SCENARISTES

Collectif Disney, d’après l’oeuvre de Lewis Caroll

DISTRIBUTION

Kathryn Beaumont, Ed Wynn, Richard Haydn, Sterling Holloway…

INFOS

Long métrage américain
Genre : animation/fantastique
Titre original : Alice in Wonderland
Année de production : 1951

*One pill makes you larger
And one pill makes you small
And the ones that mother gives you
Don’t do anything at all
Go ask Alice
When she’s ten feet tall

And if you go chasing rabbits
And you know you’re going to fall
Tell 'em a hookah smoking caterpillar
Has given you the call to
Call Alice
When she was just small*

Ouais, c’est toujours aussi planant, le White Rabbit des Jefferson Airplane…

Alice au Pays des Merveilles fait partie de ces Classiques de l’Animation Disney qui connut plus de succès à l’occasion de sa ressortie que lors de sa première exploitation. À la fin des années 60, le studio s’est étonné d’une forte demande de locations de copies du film. Alice au Pays des Merveilles, tout comme Dumbo (principalement à cause de la séquence des éléphants roses), était alors redécouvert par les étudiants, les universitaires et diverses associations. Certaines scènes très connotées étaient alors jugées en totale adéquation avec la culture hippie émergente, totalement en phase avec les aspects les plus psychédéliques du Pays des Merveilles.
Cela ne fut bien évidemment pas du goût de Disney, mais ce regain d’intérêt motiva donc la ressortie officielle du film et le public…ainsi que de meilleures critiques…furent cette fois-ci au rendez-vous.

Ce qui ne fut donc pas le cas en 1951. Après de longues années de développement, l’adaptation fut accueillie tièdement, et principalement de la part des critiques cinématographiques et littéraires britanniques qui ont accusé Walt Disney d’avoir trop “américanisé” un grand classique de la littérature anglaise. Walt Disney finit par désavouer le film, accompagné par les Neuf Sages (ses animateurs en chef) qui jugèrent dans l’ensemble que leur travail avait cette fois “manqué de rigueur” et que le long métrage ne “rendait pas justice à l’oeuvre originale”.

Alice au Pays des Merveilles est la cinquième transposition à l’écran de l’oeuvre de Lewis Caroll, après les versions muettes de 1903 et 1915, le film de Norman Z. McLeod (1933) et la co-production franco-américano-britannique de 1949 (dont Walt Disney, dans un élan pas très glorieux, fit retarder la sortie aux Etats-Unis afin qu’elle ne fasse pas d’ombre à son propre projet). Walt Disney a longtemps joué avec l’idée de mélanger véritables acteurs et animation (comme dans certains de ses cartoons des années 20) mais opta finalement pour un dessin animé (les auteurs de la déclinaison de 1949 avaient quant à eux utilisé des marionnettes animées image par image pour peupler Wonderland).
Comme pour une grande partie des productions des années 40/50, l’artiste Mary Blair fut nommée directrice artistique et son style vivifiant, aux couleurs flamboyantes, donna une véritable identité au Pays des Merveilles, en soulignant ses aspects les plus loufoques par une palette étendue et inventive.

Alice au Pays des Merveilles est un régal pour les yeux, comme tous les Disney des années 50. Mais c’est aussi le plus décousu des films de cette époque, notamment à cause du chaotique développement scénaristique par une équipe qui avoua n’avoir jamais réussi à trouver le ton juste. Je trouve tout de même que le résultat final restitue bien l’atmosphère non-sensique de l’univers créé par Lewis Caroll…même si l’aventure animée d’Alice ressemble parfois à une suite de sketches et de chansons un petit peu trop irrégulière…

*When the men on the chessboard
Get up and tell you where to go
And you’ve just had some kind of mushroom
And your mind is moving low
Go ask Alice
I think she’ll know

When logic and proportion
Have fallen sloppy dead
And the White Knight is talking backwards
And the Red Queen’s “off with her head!”
Remember what the dormouse said;
Feed your head
Feed your head
*

Moi et ma chérie, on a été marqué par le Cheshire cat. Et c’est ça d’ailleurs qui me reste de ce film, des visuels forts mais le scénario…

Alors celui-ci, je ne l’ai pas trop vu (l’ai-je vu en entier ?).
En revanche, je l’ai lu quelques fois !

Il est difficile de parler réellement de scénario même en se référant au(x) livre(s).
Alice suit le lapin blanc, le perd, le retrouve, croise des dizaines de personnages plus ou moins étranges les uns que les autres… Cela donne plus une suite de scénettes qu’une histoire suivie.

Un point rigolo est que seuls les lecteurs des 2 livres des aventures d’Alice ont pu discerner ce qui venait du 1e ou 2e livre.

A propos d’un mélange des 2 livres, il y a eu une film de Nick Willing en 1999 avec plein d’acteurs intervenant dans le rêve d’Alice (Woopi Goldberg en chat du Cheshire, Gene Wilder en simili-tortue, Ben Kingsley en chenille, Peter Ustinov en morse…)… Film pas inoubliable, mais assez sympa et intégrant des pièces d’échecs correspondant au 2e livre!