Tiens, j’avais raté cette discussion. Autant cette BD ne m’intéresse guère a priori, autant les tatillonneries linguistiques ont à mes yeux des charmes nonpareils… et pour le coup je ne suis pas entièrement d’accord avec Jim.
Si je me joins à lui en ce qui concerne la problématique (quoique hypothétique et donc très rhétorique) « illustration de couverture alternative de Batman #1012 de Curt Swan », j’aime plutôt bien, en revanche, ce « se retrouve sans ses pouvoirs sans savoir pourquoi » qui me semble largement supérieur à un « perd ses pouvoirs sans en connaître la cause », formulation qui me paraît aussi plate que guindée.
« Se retrouve » fait certes parler populaire, mais de ce que je peux imaginer à partir du résumé et de la couverture, il est fort possible que ce soit tout à fait dans le ton du contenu, justement, là où l’alternative proposée jurerait un peu.
De plus, la formule introduit l’intéressante allitération : « se retrouve sans ses pouvoirs sans savoir pourquoi ».
(Bon, à la limite, question de rythme, je pense que la formule aurait mieux sonné sans le « ses » : « se retrouve [/] sans pouvoirs [/] sans savoir pourquoi », ce qui aurait un petit côté faux alexandrin.qui tinte toujours bien à l’oreille.)
Quant à la répétition des deux « sans » proprement dite, elle me semble assez heureuse. Le redoublement traduit le double désarroi de l’héroïne face au double manque dont elle est frappé simultanément, ses pouvoirs et le sens de cette perte. Par ailleurs l’attelage des deux éléments – l’un « concret » (les pouvoirs), l’autre « abstrait » (l’explication) – m’est assez sympathique ; on serait presque à deux doigts d’un zeugme*.
*Non ce n’est sale, c’est une figure de style : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine / et nos amours » (Apollinaire), « Vêtu de probité candide et de lin blanc » (Hugo), « ces cadeaux qui meublent une chambre et la conversation » (Proust), « après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi » (Desproges), etc.