Les libraires indépendants d’Angoulême ne cachent pas leur inquiétude dans un contexte ou l’édition 2026 du Festival international de la BD d’Angoulême est menacée. Pour Lilosimages, petite librairie indépendante du centre-ville, le festival est le deuxième plus gros mois de l’année après décembre, en termes de ventes, nous confie Marie Auguste l’une de ses responsables.
Pascal Dulondel, directeur de Cosmopolite, la plus grosse librairie indépendante d’Angoulême a déjà fait ses comptes. La plupart des librairies vendent dans leur propre magasin, mais tiennent aussi les stands des grands éditeurs, et récupèrent leur marge. Pour Cosmopolite les chiffres sont vertigineux, 5 000 ventes en magasin, 9 000 sur les stands des bulles. On a un genou à terre nous confie-t-il. On perdrait 230 000 euros.
Le prochain Festival international de la BD d’Angoulême officiellement et définitivement annulé
La société 9ᵉ Art + a annoncé, dans un communiqué publié lundi, une décision qui paraissait inéluctable depuis la série de défections des auteurs, des maisons d’édition et des financeurs publics.
Sans surprise, le 53e Festival international de la bande dessinée (FIBD) a été annulé par son organisateur, la société 9e Art +. L’édition 2026 – programmée du 29 janvier au 1er février − « ne pourra matériellement pas avoir lieu dans des conditions appropriées », annoncent dans un communiqué, lundi 1er décembre, Vincent Brenot et Ghislain Minaire, les avocats de l’entreprise dirigée par Franck Bondoux.
La décision semblait inéluctable depuis plusieurs semaines et la cascade de défections du côté des auteurs, des maisons d’édition et des financeurs publics. Tous les partenaires du festival avaient en effet, tour à tour, appelé à ne pas participer à la prochaine édition de la manifestation charentaise, en proie à une crise sans précédent depuis onze mois et la mise en exergue de nombreux dysfonctionnements : opacité financière, management toxique, mercantilisme − griefs auxquels s’était ajouté le licenciement d’une salariée après qu’elle eut déposé plainte pour un viol qu’elle dit avoir subi lors de l’édition 2024 du festival.
Révélé par LaCharente libre, le communiqué fait incomber la responsabilité de l’annulation « aux financeurs publics qui n’ont cessé de s’immiscer dans la gestion, pourtant privée, de cet événement, avec la volonté manifeste d’en évincer l’organisateur historique » Très décriée par les professionnels du secteur, la société 9e Art + organise le FIBD depuis 2007 et la signature d’un contrat, renouvelé une fois, avec l’association qui en est propriétaire. Après le boycott de quelque 2 000 auteurs et le renoncement des maisons d’édition, les collectivités territoriales (ville et agglomération d’Angoulême, département de la Charente, région Nouvelle-Aquitaine) avaient enfoncé le clou en menaçant de ne plus subventionner une manifestation en état de mort cérébrale.
Longue agonie
« En dehors de tout cadre légal, les acteurs publics locaux ont, selon leurs propres termes, “pesé de tout leur poids”pour empêcher la reconduction du contrat privé confiant à 9e Art + l’organisation du FIBD », souligne le communiqué de l’opérateur, en revenant sur les épisodes d’une reconduction avortée ayant alimenté la chronique d’une longue agonie : « Ils [les financeurs publics] ont ainsi forcé l’annulation des résultats du récent processus d’appel à projets que 9e Art + avait remporté régulièrement, en groupement. Ces mêmes acteurs publics ont encore, de leur propre aveu, obtenu que 9e Art + ne puisse pas concourir dans le cadre du nouveau processus de sélection dont ils ont imposé la mise en place. »
Ces arguments augurent, à l’évidence, d’une phase de contentieux entre 9e Art + et ses partenaires publics, qui finançaient jusque-là le festival à hauteur de 47 %. Et la société de Franck Bondoux de rappeler que l’édition de 2027 lui « appartient juridiquement » toujours, dans l’attente d’« une solution concertée » qui viendrait « poser les bases d’une transition apaisée vers une nouvelle gestion du festival ». Traduction : la nouvelle gouvernance du FIBD – rassemblée au sein de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) à travers différentes composantes (collectivités, auteurs, éditeurs, association historique) – devra négocier avec 9e Art + pour éviter un procès.
on a encore de nombreuses heures de lectures devant nous avec la potentielle et effrayante nouvelle que serait la mort définitive du festival, de la ville et de nombreux petits acteurs. Car s’il n’y a pas d’édition 2027, plusieurs libraires/editeurs (bars, hotels…) pourraient ne pas s’en remettre et le festival non plus. Ca serait sa mort quasi définitive.
D’un point de vue humain, ils ont viré une nana qui s’est fait violer, pour comportement inadmissible car elle a bu pendant la soirée où elle s’est fait violer. Il y a un très fort turn over des personnes s’occuppant des expos voir même de celui qui est censé géré le festival. Je sais qu’il a changé cette année car une personne que je connais voulait le job.
Les appels d’offres pour les renouvellement sont aussi fantoches et opaques qu’une transaction électorales entre deux parties très proches.
Au moment de la dissociation dans le FIBD qui amène à l’arrivée de9ème art+, il y avait déjà plusieurs critique entre Bondoux et les autres.
On parle pas non plus de ce qui semble être des détournements de fonds.
D’un point de vue auteur, les auteurs n’avaient pas de soirées pour eux, quand ils en ont eu une, elle s’est fait parasiter par tout les notaires de la ville (me souvient j’y avait été en tant qu’auteur à l’époque). L’année d’après elle a été décentralisé à l’extérieur de la ville (pas de bus du salon pour t’y emmener).
Pendant longtemps les auteurs n’avaient pas accès à des sanitaires à toi de te débrouiller pour aller dans des bars pour aller aux toillettes (c’est malheureusement encore le cas pour ceux dans la tente des indés).
Pendant 4 ans la tente des indés à été baladé dans tout angoulème se retrouvant en plein parking en contrebas d’une montée perdue pour tous les visiteurs en plus l’année où il avait fort neigé empêchant les quelques intéréssés de venir à cause de la neige et du verglas.
L’année d’après elle a été coupé en deux, dont une partie proche des bulles centrales
Des auteurs se sont vus refusé l’entrée d’expo car elles étaient pleines, n’ayant pas de pass droit où de coupes files…
Je ne sais pas. Mais de ce que je lis dans le communiqué c’est qu’ils ne vont pas se laisser prendre la dernière année qui leur reste.
S’ils se battent ça va jeter de l’huile sur le feu et les auteurs ont réussi à s’unir de manière jamais vu dans une grogne très forte sur un sujet qui les hérissent depuis des années. Certes il y a des voix contraire chuchoter pour pas se faire attrapper, mais clairement les auteurs ne reviendront pas en 2027 si Bondoux fait le malin et le forcing, oui légalement il a le droit d’organiser un dernier festival en 2027, mais les auteurs ont le droits de faire un gros doigts et un second boycott. Les éditeurs forcés suivront. Et là il va y avoir du macchabé.
Déjà que la ville va être fortement impacté et pas uniquement par la non reconduction du maire Xavier Bonnefont au prochaine éléction (qu’il va perdre). La perte d’un festival d’angoulême pour les librairies locales c’est comme perdre un mois de décembre. Pour celles qui font en plus standistes pour des éditeurs (comme Krazy Cat) c’est 200K de perdu. Imaginons les bars, hotels, restaurant qui vont devoir encaissé une forte perte. J’imagine pas le Mercure qui pendant une semaine est complet (est le lieux de tous les diner des gros éditeurs et endroit où se délivre le prix Canal BD) ras la gueule du matin au matin avec un bar ne servant pas pendant 2-3h max (entre 4 et 6-7h du matin). Ca va devoir licencié ferme. Il est probable que les plus petits ferme avec une tel perte.
Quand au festival en lui-même ne pas se faire pendant 2 ans c’est possible de revenir, mais ca ne sera pas avec la même force, les gens seront passé à autre choses, d’autres festivals vont drainer chacun une partie d’angoulême, Ce n’est pas dit que le festival puisse se remettre de ces pertes. Les auteurs qui apprécient de moins en moins les festivals sentiront aussi, l’envie de continuer à ne pas revenir.
Il y a de grosses chances que 2 ans sans, ça soit la mort de beaucoup de choses à angoulême et potentiellement du festival en lui-même.
Les auters, les éditeurs et même les financeurs. Car le salon fonctionne avec 2 millions d’argent extérieurs.
Mais légalement, la durée du contrat va jusqu’à l’édition de 2027 inclus.
Après ça va surtout se régler par un montant d’indemnité, Bondoux, va demander du fric via ses 2 boites, et quand il aura obtenu ce qu’il veut il lachera la bête.
Vu les menaces discrètes et les promesses de procès, ça peut aller loin, ouais.
C’est clair.
Y en a au moins un en embuscade. Mais ouais, la nature a horreur du vide.
Je vais être un peu cynique, mais Angoulême, depuis plus de vingt ans, c’est 80% de la médiatisation BD de l’année. Voire plus. Un arbre colossal qui cache une forêt malingre. Et qui entretient le mythe que la bande dessinée, c’est un marché florissant qui tire l’édition vers le haut (ce n’est pas faux en soi, c’est juste imprécis et incomplet en fonction de l’angle d’analyse).
Donc là, avec l’absence de médiatisation sur le marché et sur la profession, on aura au moins ce moment de délire enthousiaste et factice en moins. Dans le pire des cas, personne ne parlera plus de la BD (et au moins, la médiatisation et l’impact réel seront en adéquation). Dans le meilleur des cas, on en parlera mieux.
Et, cynisme des cynismes, si le marché se rétracte (ce qui n’est pas impossible : Angoulême est quasiment le seul festival dont les prix ont un impact réel sur les ventes), on aura peut-être droit à une purge de tous les opportunistes qui viennent faire des albums de bédé sans rien y connaître. Les petits auteurs vont morfler, mais à terme, ça va peut-être assainir le marché.
Honnêtement, j’espère. Mais on sait aussi que s’ils vont au procès, ils ne sont pas sûrs de perdre : l’atmosphère est au soutien des entrepreneurs, ces temps-ci…
Dont une grosse partie d’argent public, n’en déplaise aux annonceurs privés.
C’est là que tout va se jouer.
Les différents acteurs ont un an pour se calmer et trouver des terrains d’entente. Mais y en a quand même qui sont bien remontés, et à qui on pourra pas la faire à l’envers.
Je le pense aussi.
Un an pour savoir si ça se résout ou si ça se gangrène.
Il y a dans l’affaire globale une affaire de viol dont la victime a été licenciée après avoir parlé.
Si l’atmosphère est au soutien des entrepreneurs, l’époque est au bûcher (légitime) pour de telles attitudes.
C’est pas une balle dans le pied, c’est un chargeur complet.
ce qu’il a fait cette année, Astérix a juste sauvé le fait d’être en négatif à un chiffre au lieu de 2
Une baisse des nouveautés au volume serait une bonne choses
Même sans le soutien légalement ils ont remporté l’appel d’offre actuel qui n’a pas été contesté à l’époque, ils sont dans leur droit. Au procès pour moi c’est quasi sur qu’il gagne à 90%.
et à Rachida qui ne savait pas à qui elle donnait le pognon. Mais la magouille avec sa seconde société renforce l’argent des annonceurs privés.
Si ça se gangrène ça sera pas beau à voir.
Ce qui est autre chose. Déjà il faudra prouver que son licenciement est lié à sa prise de parole (même si tout le monde le sait), et ensuite ce cas révèle des prud’hommes. Le fait d’éjecter une société d’un contrat la liant pour l’organisation d’un salon c’est autre chose. Et si les 2 sont liés car ce fut la goutte d’eau, dénoncé un marché ça prend du temps, bien plus qu’un an et Bondoux peut être évincé pour mauvaise gestion du personnel, mais la société n’est pas une personne hors, là c’est la société entière que veut évincer les auteurs.
C est malheureusement le souci de ces concessions ou marchés publics.. Les relations se font.. et rapidement, la société bénéficiaire a un avantage sur les autres.. C est rare un changement, il faut vraiment que le gars est pas mangé à tout les rateliers et se soit mis les élus à dos.
Le bonheur d avoir délégué.. ca coute rarement moins cher, c est souvent moins efficace (surtout sur des politiques de long terme genre la résorption de l habitat indigne) mais bon ca met du pognon dans des poches (des poches de ceux qui denoncent ensuite le cout de l impôt, blabla)..
Heureusment que les partis qui sont ou ont été au pouvoir sont pragmatiques.. ah on me souffle que non.. comme le ruissellement.. c est documenté que c est couteux, peu (parfois pas du tout comme le riuissellement)efficace mais bon.. ca continue surtout avec les accords de cahors