"ATAR GULL" OU LE DESTIN D'UN ESCLAVE MODÈLE (Nury / Brüno)

Scénario excellent, couleurs tantôt chaleureuses tantôt obscures, cet album est un petit bijoux. A la fois triste et beau…je vous invite grandement à le lire.

La critique par Lauriane est disponible sur le site!

Lire la critique sur BD Sanctuary

Je confond toujours Atar Gull et Bug Jargal.

Un Totor que je n’ai pas lu, tiens…

Jim

J’ai enfin lu Atar Gull, que je n’avais pas encore ouvert à cause de ma méfiance envers le style de Brüno, auquel j’ai du mal à m’habituer. Mais j’ai enfin franchi le pas.

Ce qui frappe, dans cette histoire d’esclave vendu par les négriers à un « bon » maître qui n’est en fait qu’un propriétaire se réfugiant derrière la loi ou la morale pour édulcorer ses propres méfaits, c’est que tout le monde est méchant. Ou crétin. Mais surtout méchant. Et ceux qui ne sont pas méchants ne sont que des victimes. Je ne sais pas si c’est comme ça dans le roman d’Eugène Sue dont l’album s’inspire, mais là, c’est frappant.

Nury parvient à décrire des individus qui, somme toute, sont des « gens honnêtes » dans leur microcosme : le capitaine du Catherine se voit en honnête commerçant, par exemple. Et le scénariste, après le prologue, ouvre son récit sur le portrait de ce Capitaine Benoit, comme pour signaler l’écart entre la société et ses méfaits.

C’est donc plutôt bien vu, car ça crée des contrastes violents entre les différentes strates sociales (et les vraies crapules, finalement, paraissent les seuls personnages affichant une certaine dignité, à l’exemple de Brulard), mais aussi entre le comportement d’Atar Gull et ses réels projets. Le résultat, c’est un récit cynique, sombre, désabusé et sans issue. D’une très grande noirceur.

Reste le dessin de Brüno, qui date un peu (l’album remonte à 2011), avec des personnages tassés qui n’ont peut-être pas encore l’allure stylisée de ses productions récentes. Même si j’aime lire ses albums (souvent à cause de ses scénaristes), je ne suis déjà pas fan de ses albums les plus récents, alors les plus anciens…

Jim