BALTIMORE - David Simon (Sonatine)

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[quote]présentation de l’éditeur:
Baltimore, fin du siècle dernier. Une des villes au taux de criminalité le plus élevé des États-Unis. Journaliste au Baltimore Sun, David Simon a suivi pendant un an, jour après jour, les inspecteurs de l’unité des homicides de la ville. Depuis le premier coup de fil annonçant un meurtre jusqu’au classement du dossier, David Simon était là, inlassablement, derrière l’épaule des enquêteurs, sur les scènes de crime, dans les salles d’interrogatoire, au service des urgences. Durant de longues heures, il a partagé jour et nuit leur quotidien dans les rues de la ville, aux marges de la société. Des tensions raciales aux circuits de la drogue, en passant par les décisions politiques, judiciaires et administratives, parfois aberrantes, David Simon passe en revue chacun des aspects du crime à Baltimore. Et c’est avec une empathie rare, un réalisme et un sens du détail exceptionnels qu’il nous offre ce portrait profondément humain d’une cité à la dérive. De ce document exceptionnel naîtra, quelques années plus tard, la série Sur écoute, aujourd’hui légendaire, que David Simon a écrite en collaboration avec George Pelecanos, Richard Price et Dennis Lehane.[/quote]

PUTAIN NON, NON ET NON !!!

Ca me gonfle putain. Oui The Wire est une grande série, oui c’est génial, c’est bien écrit et ca transforme le plomb en or mais bordel !

C’est la série Homicide, Life in the Street qui est née de cet ouvrage. C’est parce qu’il la lu et aimé que Tom Fontana a contacté David Simon pour élaborer l’une des deux meilleures séries policière des années 90.

Et c’est parce que Simon s’est révélé doué que Fontana et les autres l’ont encouragés à continuer dans cette voie qu’il a crée The Wire.

Putain ce genre de raccourci a le don de me foutre en pétard.

oui je vois ça :wink:

mais comme tu le dis c’est un raccourci ce n’est donc pas complétement faux.
sans Baltimore sans doute pas d’Homicide, Life in the Street et de The Wire non plus

Prends pas feu, Lord !!
En fait, “Baltimore” a bien servi de matrice à “Homicide” et ce sont plutôt ses articles au Baltimore Sun qui auraient inspiré “The Wire”, même si on imagine que tout ça est peut-être un peu “mixé”. Quant à la mini-série “The Corner”, elle est adaptée d’un autre livre de Simon, plus récent.

Pour en revenir au livre, on me l’a offert il y a quelques temps, et la taille imposante du pavé m’a pour l’instant un peu retenu de me plonger là-dedans, mais va falloir que je me jette à l’eau un de ces quatre…surtout que je n’ai pas vu “Homicide” !

[quote=“Photonik”]
Pour en revenir au livre, on me l’a offert il y a quelques temps, et la taille imposante du pavé m’a pour l’instant un peu retenu de me plonger là-dedans, mais va falloir que je me jette à l’eau un de ces quatre…surtout que je n’ai pas vu “Homicide” ![/quote]

j’étais comme toi,je l’ai acheté le jour de sa sortie,j’adore ce qu’il fait etc etc et je repoussais toujours le moment de m’y mettre de peur que ce soit laborieux,que je traine dessus

j’en suis à grosso modo 300 pages et c’est passionnant

Désolé

(mais putain prout quand même)

Non mais c’est surtout que pour ériger The Wire il y a du monde (et je dis pas hein c’est mérité) mais alors pour ce qui est d’Homicide il n’y a plus personne.

Ca aide pas que la série ne soit plus diffusé ou édité en DVD chez nous.

mais merde quand même

(c’est mon Squadron supreme de la télé à moi)

c’est vrai tu as raison. une intégrale serait le top

sinon pour rester sur The Wire,faudrait que je zyeute ce que valent ces 2 bouquins

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81Vv-S8DYgL.jpg

[quote]The Wire : l’Amérique sur écoute

présentation de l’éditeur:
La série américaine The Wire est devenue une série culte. Créée au début des années 2000 par un ancien journaliste du Baltimore Sun, David Simon, elle s’appuie sur des investigations de terrain de plusieurs années et elle décrit finement la réalité sociale, économique et politique des habitants du " ghetto " de Baltimore. Elle sert aujourd’hui de support à de nombreux cours sur la ville ou les inégalités sociales dans les universités anglo-saxonnes. Distinguée dans le champ télévisuel (la série a reçu de nombreux prix), elle l’est également dans le champ des sciences sociales, de nombreux articles universitaires et ouvrages lui ayant été consacrés. Un des meilleurs spécialistes de la sociologie urbaine américaine, William Julius Wilson, lui a ainsi attribué la palme de la " meilleure ethnographie jamais réalisée de l’Amérique urbaine contemporaine ". Cette série, qui n’a pourtant été diffusée que partiellement sur des chaînes câblées commence à connaître un succès important en France dans des milieux très différents, universitaires, travailleurs sociaux, jeunes de banlieue. Ses personnages sont même cités dans des chansons rap. Cet ouvrage pluridisciplinaire, au croisement des études cinématographiques, de la sociologie, de l’urbanisme et de la science politique, se propose de discuter cette série, à la fois comme œuvre et produit télévisuel et comme message social et politique. Il ouvre sur des interrogations d’ordre méthodologique : que peuvent nous apprendre les médias de masse (et en particulier la télévision et les séries télévisées) sur la société, et ce faisant comment interpellent-ils les sciences sociales ? Que donne à voir la série des quartiers populaires américains ? Il cherche également à revenir sur les conditions de sa réception aux États-Unis et en France.[/quote]

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81-Kaoh2n8L.jpg

[quote]The Wire : Reconstitution collective

présentation de l’éditeur:
Diffusée sur la chaîne HBO entre 2002 et 2008, The Wire (Sur Ecoute en français) est l’une des plus fascinantes et des plus originales séries de l’histoire de la télévision. Elle commence comme n’importe quelle série policière : une unité spéciale est créée pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue. Mais l’opposition entre policiers et dealers s’efface bientôt, le spectateur s’apercevant que l’intrigue n’est qu’un prétexte pour montrer un espace et une population d’ordinaire invisibles à l’écran. Espaces et personnages s’agencent peu à peu pour produire une image globale de la ville de Baltimore et révéler des rapports d’interdépendance insoupçonnés (sur un mode qui peut rappeler Zola, et surtout Balzac). En outre, fait inédit à la télévision, The Wire s’articule sur un système de personnages à géométrie variable, qui se passe de héros individuel. Que ce soit sur un plan spatial ou narratif, la série privilégie donc les structures et agencements collectifs au détriment des individus. Elle porte un regard à la fois englobant et singularisé sur la société néolibérale, pose la question de l’action individuelle et collective dans un monde marqué par un degré extrême de stratification sociale et tente de repolitiser l’espace privatisé, aseptisé et standardisé de la télévision. Ce livre est le premier ouvrage français consacré à The Wire. Composé d’autant de textes que la série a eu de saisons - cinq, plus un bonus -, il étudie celle-ci dans sa progression, afin de ne pas faire de distinction artificielle entre la “forme” et le “fond”, entre son esthétique et ses thématiques sociales. Il fonctionne ainsi sur deux niveaux, à la fois comme une introduction et comme une théorisation plurielle de la série.[/quote]

Le second a très bonne réputation, si je ne confonds pas.

impec
je vais aller voir ça

Baltimore rejoint mon club très fermé des livres pour lesquels je dois me freiner pour ne pas le finir trop vite tant je prends du plaisir à le lire.
c’est un livre monumental qui raconte une année,1988,de la brigade criminelle de Baltimore.Une année d’une fabuleuse enquête du journaliste David Simon qui pour suivre des hommes qui appartiennent à une caste à part: la crim’.
quasiment au jour le jour,on passe d’une affaire et d’un crime à l’autre,d’une personne à l’autre avec pour fil rouge le cas Latonya Wallace. c’est passionnant,c’est cru et pudique à la fois,c’est fort et c’est un fabuleux hommage plein de justesse à ces hommes qu’ils soient à la hauteur de leurs tâches ou non.
si vous avez aimé les séries Homicide et bien entendu The Wire,ainsi que les autres séries de David Simon pour HBO, vous allez vous régaler avec Baltimore

Cette affaire devint d’ailleurs un des fils rouges de la première saison d’Homicide (en changeant de nom au passage, elle devint l’affaire Adena Watson) et un des éléments principaux dans l’évolution du personnage de Tim Bayliss tout au long de la série. Bayliss est un jeune inspecteur qui arrive dans la brigade quand commence la série (de la même manière qu’arrive John Carter dans E.R pour vous faire une idée). L’affaire Adena est sa première enquête et le marquera profondément.

Cette affaire donne lieu à un épisode, Three Men and Adena, où toute l’action se déroule dans la salle d’interrogatoire avec les inspecteurs Bayliss et Pembleton et le suspect dans le meurtre de la filette.

Il est écrit par Tom Fontana et réalisée par Martin Campbell et reçu l’Emmy du meilleur scénario.

De part son écriture, sa tension incroyable, son choix narratif (45 minutes dans la salle d’interrogatoire), son rapport de force basculant sans arrêt entre les deux parties, la grande performance des trois acteurs et de part son final tétanisant il représente, à mes yeux, l’un des plus grands épisodes de séries télévisée jamais tournée

Il a peut-être servi de source d’inspiration à un des épisodes de la saison 2 (je crois) de “Homeland”, alors, qui est structuré exactement de la façon que tu décris…

Sinon, Barney, tu donnes grave envie, là. Dès que j’ai un peu fait le ménage dans ma pile de lecture, je vais attaquer ça je crois.

même si je pense que nous n’aurons jamais la suite en vf, et c’est en grande partie pour ça que je me le gardais sous le coude,je vais d’ailleurs vite remonter The Corner T1 dans ma pal.

[quote=“Photonik”]

Il a peut-être servi de source d’inspiration à un des épisodes de la saison 2 (je crois) de “Homeland”, alors, qui est structuré exactement de la façon que tu décris… [/quote]

Il existe d’autres séries proposent des épisodes de ce type (avec unité de lieu très restreinte si je puis dire). Là comme ça je pense à Babylon 5 et son épisode *Intersections in Real Time *qui se passe entièrement dans une salle d’interrogatoire/torture dans laquelle des fonctionnaires de L’alliance Terrienne tente de briser le capitaine Sheridan afin qu’il reconnaisse que sa révolte envers la Terre fut dictée par les autres races.

Philippe Squarzoni (Saison brune) s’apprête à sortir le 25 mai prochain aux éditions Delcourt le premier tome (sur cinq) de son adaptation en bande dessinée du livre Baltimore de David Simon :

[size=200]ENTRETIEN AVEC PHILIPPE SQUARZONI[/size]

j’ai hâte de voir ce que ça donne

Il est pas mal, Squarzoni ! A voir ce que ça peut donner quand il n’est pas à l’origine du matériau !

[quote=“Benoît”]Philippe Squarzoni (Saison brune) s’apprête à sortir le 25 mai prochain aux éditions Delcourt le premier tome (sur cinq) de son adaptation en bande dessinée du livre Baltimore de David Simon :

[size=200]ENTRETIEN AVEC PHILIPPE SQUARZONI[/size][/quote]

Pour ceux que cette adaptation intéresse j’en parle sur mon blog (Pour en savoir +).

Et pour les lecteurs qui auront lu l’adaptation de Philippe Squarzoni, dont ils apprécieront la méticulosité, et la prouesse de rendre des scènes pourtant “routinières”, jamais ennuyeuses ; voici un extrait du livre de David Simon (pour mieux s’en rendre compte).

[quote]1
Lundi 18 janvier

Sortant une main de la chaleur de sa poche, Jay Landsman s’accroupit pour saisir le menton du mort ; il pousse la tête de côté jusqu’à ce que la plaie, un petit trou ovale par lequel suinte une matière rouge et blanche, devienne visible.
« Et voilà le problème, dit-il. Il a une fuite lente.
– Une fuite ? reprend Pellegrini.
– Une fuite lente.
– Ça se répare.
– Bien sûr, ça se répare, confirme Landsman. Y font des kits de réparation à domicile, maintenant…
– Comme pour les pneus.
– Exactement, comme pour les pneus. Y a une rustine et tout le matos nécessaire. Par contre, pour une plaie plus importante, faite avec un calibre 38, par exemple, t’es obligé de te procurer une nouvelle tête. Mais ça, ça peut encore se réparer. »
Landsman lève les yeux. Son visage est l’image même de la gravité.
Doux Jésus, se dit Pellegrini. Rien de tel que de bosser sur des affaires de meurtres avec un cinglé. Une heure du matin, le cœur du ghetto, une demi-douzaine d’uniformes regardent leur haleine geler au-dessus d’un nouveau cadavre – quel meilleur cadre pour du Landsman grand cru, débité avec le sérieux d’un pape, jusqu’à ce que même le commandant de la patrouille éclate d’un grand rire dans la lueur bleue des gyrophares. Non qu’une patrouille de nuit dans le Western District soit le plus difficile des publics : on ne tient pas cinq minutes dans une voiture radio du secteur 1 ou 2 sans cultiver un certain sens de l’humour détraqué.
« Quelqu’un connaît ce type ? demande Landsman. Quelqu’un a pu lui parler ?
– Non, répond un officier. Il était dix-sept quand on est arrivés. »
Dix-sept. Le code qu’emploie la police pour communiquer qu’un appareil est « hors-service », étourdiment appliqué à une vie humaine. Splendide. Pellegrini sourit, satisfait de constater une fois de plus que rien dans ce monde ne peut s’interposer entre un flic et son attitude.
« Quelqu’un a fouillé ses poches ? demande Landsman.
– Pas encore.
– Elles sont où, ces foutues poches ?
– Il porte un pantalon sous son survêt. »
Pellegrini regarde Landsman se mettre à califourchon sur le corps, un pied de chaque côté de la taille du mort, et tirer violemment sur le survêtement. Son effort maladroit décale le corps de quelques centimètres sur le trottoir, laissant une fine pellicule de sang et de matière cervicale coagulés à l’endroit où la plaie à la tête frotte sur le pavé. Landsman enfonce sa main épaisse dans une poche de devant.
« Attention aux aiguilles, lance un agent.
– Hé, réplique Landsman. Si n’importe quel mec de cette brigade chope le sida, personne va aller croire que ça vient d’une aiguille, putain. »
Le sergent ressort sa main de la poche avant droite du mort, faisant tomber environ un dollar en petite monnaie sur le trottoir.
« Pas de portefeuille devant. Je vais laisser le légiste le retourner. Quelqu’un a appelé le légiste, hein ?
– Normalement, il est en route, répond une deuxième tunique bleue tout en prenant des notes pour son PV. Combien de fois il est touché ? »
Landsman désigne la plaie à la tête, puis soulève une omoplate pour révéler un trou dans le haut du dos de la veste en cuir du mort.
« Une fois à la tête, une fois dans le dos. »
Landsman s’interrompt et Pellegrini le regarde reprendre son air impassible.
« Pourrait y en avoir plus. »
L’agent s’apprête à noter.
« Il est possible, dit Landsman, faisant de son mieux pour prendre un air professoral, il est très possible qu’il ait pris deux balles dans le même trou.
– Sans déconner », fait le flic en tenue, qui gobe tout.[/quote]

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié, Éditions Sonatine. BALTIMORE : UNE ANNÉE DANS LES RUES MEURTRIÈRES.

je ne suis pas fan du format: mi soft mi hardcover. j’avais peur de l’ouvrir pour le feuilleter

Pour ma part je ne m’arrête pas à ce genre de considération, et bien m’en a pris puisque j’ai été comblé par ma lecture, qui outre l’envie de lire la suite m’a donné tout aussi impérativement l’envie de lire le livre de Simon.

Ce que j’appelle une bonne affaire. :wink: