BARON NOIR (Saison 01)

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Un bon premier épisode ; le décor est planté et les personnages plus qu’esquissés.
Série politique française Baron Noir peut s"appuyer sur Niels Arestrup souvent très bon et sur Kad Merad excellent, et sur un scénario qui va à l’essentiel et présente bien ce à quoi on va être confronté.

Si le reste de la saison est aussi bonne que cet épisode ça risque d’être pas mal du tout.

J’ai cru comprendre que l’auteur de la série (son “showrunner”, même s’il n’y a pas vraiment d’équivalence avec les productions américaines à ce niveau) était un ancien conseiller politique de Julien Dray, élu socialiste (comme Arestrup et Merad ici), ayant quitté le monde politique après une tentative de “meurtre du père” avortée…

Je ne veux pas relancer ici le débat sans fin de l’expérience vécue ou réelle comme plus-valu de la fiction, mais en l’occurrence j’imagine que l’auteur connaît bien les arrière-cuisines de ce genre de milieu, et que ça ne peut qu’enrichir son propos.

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Je ne veux pas relancer ici le débat sans fin de l’expérience vécue ou réelle comme plus-valu de la fiction, mais en l’occurrence j’imagine que l’auteur connaît bien les arrière-cuisines de ce genre de milieu, et que ça ne peut qu’enrichir son propos.[/quote]

Certainement, cependant sur le premier épisode rien n’est mis en scène qui ne soit pas de notoriété publique, ou de l’idée que certains peuvent se faire de la politique hexagonale.

En tout cas, vu les très bons échos glanés ici comme ailleurs, je pense me laisser tenter, ce genre de fictions ne courant finalement pas les rues, pour ce qui est de la télévision française en tout cas.

vu le premier épisode.

Je ne jugerais pas sur le fond, qui pour l’instant est absent mais l’ecriture et la construction de ce premier épisode est une leçon d’efficacité.

Très très bien construit : présentation des persos au travers de leurs actions, présentation des relations entre persos grâce à deux basculements du statut quo dans l’épisode lui même établissant les rapports de force comme changement de statut quo continuel.

Belle réussite dans l’architecture du scénario.

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j’imagine que l’auteur connaît bien les arrière-cuisines de ce genre de milieu, et que ça ne peut qu’enrichir son propos.[/quote]

Je crois que peut-être qu’en se penchant bien sur la popote électorale sans toutefois en être spécialiste on serait peut-être arrivé au même résultat, mais indéniablement ce deuxième épisode transpire le “vécu”.
Et ce dont tu parles ne doit pas y être étranger. :wink:

Ou alors c’est bien imité.

Et dans les deux cas, le téléspectateur est gagnant.

Bref un très très bon deuxième épisode !

Des ricochets hardis et imprévisibles, le coup de théâtre érigé en produit de synthèse, véritable corps chimique capable d’un rendement industriel, c’est l’impression que laisse cette excellente série télévisée !

Vous voilà prévenu. :wink:

reforme ambitieuse de l’éducation, un président socialiste voulant renégocier les traités européens, de quotas pour les filières pro.

C’est plus de la fiction cette série, c’est de la science fiction

Si je devais résumer en quelques mots cette série télévisée je dirais qu’on s’y embrasse sur la bouche pour mieux assurer une clef de bras ou un double nelson. :wink:

Baron Noir est-il le House of Cards hexagonal m’a-t-on demandé ?

Bonne question.

Sur le terrain de la fiction, ce que j’ai vu de la série politique étasunienne m’amène à dire que cette dernière va son train de sénateur alors que Baron Noir déboule en temps HTML à un rythme de montagnes russes. :smiley:

[quote=“n.nemo”]reforme ambitieuse de l’éducation (…) de quotas pour les filières pro.

C’est plus de la fiction cette série, c’est de la science fiction[/quote]

Là encore, j’imagine que l’auteur va puiser dans ce qu’il a pu voir/expérimenter : il a aussi été le collaborateur de Jean-Luc Mélenchon (au gouvernement Jospin à l’époque, si je ne m’abuse) quand il s’occupait des filières pro dans l’enseignement, justement.

Ceci dit, la remarque d’Artie est peut-être juste : quelqu’un qui bosserait bien ces dossiers, fût-ce de “l’extérieur”, s’il est suffisamment talentueux, pourrait probablement en faire autant.

Bon, faut que je regarde ça, ces sujets m’intéressant grandement…

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Bon, faut que je regarde ça, ces sujets m’intéressant grandement…[/quote]

D’autant que c’est joliment joué, Philippe Rickwaert est un personnage assez monstrueux que je ne peux malgré tout m’empêcher de trouver sympathique. Et le reste de la distribution est tip-top.

Pour l’instant les politiciens (de fiction) ne sortent pas grandis des épisodes que j’ai vus. :wink:

J’ai eu avec l’épisode 5, l’impression que la série avait pris une sorte de vitesse de croisière : sur sa lancé toujours, mais un peu en sous régime par rapport aux épisodes précédents.

Mais avec le sixième épisode, changement de braquet, on fait de nouveau feu de tout bois.

C’est reparti sur les montagnes russes.

Une bien chouette série pour l’instant, déjà avec Le Bureau des légendes les séries télévisées hexagonales avaient de mon point de vue, repris du poil de la bête, mais là ça se confirme. :smiley:

ah c’est rondement mené y a pas à dire.

Sauf que si on devait prendre tout cela au sérieux on pourrait presque dire que le fond de la série est une belle petite saloperie.

melanger le réalisme avec une idéalisation à la westwing, ça amène à décrire le monde politique de façon d’autant plus mensongère qu’on nous donne ici l’impression de découvrir l’envers du décors.

bouhou les méchants grands fauves en politique, bouhou c’est pas bien la passion du pouvoir et les fautes morales, c’est à cause de ça que tout va mal bouhou, nanananère on tombe par où on a péché saint mediapart veille.

Nous voilà bien affranchis.

cela me rappelle il y a quelques années ce film qui prétendait nous montrer l’horreur de la stasi. On y suivait un metteur en scène, en Allemagne de l’est donc, un vrai humaniste engagé. Mais, à là là, sa vie basculait dans l’horreur et le flicage totalitaire parce qu’un ponte du régime voulait lui prendre sa femme. C’était vraiment très triste. larme et tout et tout. Faut dire que le film était là aussi, comme cette serie, assez bien fait.

C’est vrai qu’à l’époque de la stasi, un vrai humaniste engagé, il aurait été fliqué et harcelé qu’à partir du moment où un vieux dégueulasse aurait voulu se faire sa femme. Pas avant non ! du tout du tout. Où comment passer à coté de l’horreur de ce régime à base de bon sentiment, on hésite à dire de sentiment petit bourgeois.

La même histoire aux etats unis et le vieux dégueulasses ponte du régime communiste est joué par robert redford et devient un capitaliste beau gosse, il paie une nuit pour coucher avec demi moore et au final c’est vraiment un chic type. Heureusement qu’on vit en démocratie dites donc ! Nous au moins, on est à l’abri des gros dégueulasses. et dire que je croyais que l’obésité était un problème de santé surtout aux eu. J’ai vraiment rien compris moi.

Bah là c’est pareil. Des gars de gauche, tellement à gauche, qu’ils sont près à renégocier les accords européens pour faire l’harmonisation fiscale par le haut tout en réhabilitant les filières pro avant le petit dej, c’est sur qu’ils [spoiler]chuteraient par là où ils ont peché, vous pensez bien. On leur aurait pas déverser des tombereaux de merde sur la gueule avant ça, non non du tout. Ils pourraient même être les cadors du partie socialiste sans aucun problème.

Ben voyons.

total réalisme.[/spoiler]

Et puis bien sur, c’est la lutte pour le pouvoir qu’est la faute de tout, hein. C’est pas du tout systémique cette affaire. Parce que moi, j’avais cru naïvement que la lutte pour le pouvoir depuis une petite cinquantaine d’année elle se faisait surtout toujours plus à droite et que peut être cette inclinaison persistante du système avait quelque responsabilité dans nos affres actuelles, sans compter en plus le manque total de prise de conscience de nos dirigeants et autres elites de la réalité à laquelle eux comme nous avons à faire et à laquelle eux comme nous, semble t il, nous ne savons pas faire face. Je jette pas la pierre.

Mais non. tout ça, c’est du vent, c’est juste la passion de pouvoir qui fout la merde, comme si le pouvoir c’était un truc abstrait. Un peu, beaucoup de morale et tout irait mieux en plus incarnée par une jolie technocrate européenne, ils ont peur de rien

Un monde à la mediapart quoi. Plenel sors du corps des scénaristes ou laisses un peu de place au reste au moins.

D’ailleurs ironiquement c’est bien à mediapart qu’on doit l’echec de la renegociation européenne dans la série. est ce voulu par les scénaristes ? Ou est ce dans l’optique de bien nous faire comprendre que si ces mechants grand fauves n’avaient pas peché avant, rien de tout cela ne serait arrivé ? On dira que ça sauve la série du marasme total sur le fond, enfin si on croit que sans pecher tout ce passe bien.

On retiendra au crédit de la série une sympathique description des rapports de force : non pas qui est le plus fort, gagne, mais qui arrive à déterminer ce que gagner ou perde veut dire dans une situation précise, l’emporte. Très léniniste ça ! Ou trosko pour pas froisser edwy.

On retiendra de bons acteurs, un rythme assez bien maintenu et une construction scénaristique maitrisée.

On oubliera le fond par gentillesse et surtout parce qu’on est habitué, faut dire. Ce qui est bien dommage

Décidément le parti pris de cette série c’est clairement le rebondissement, aucun répit, tout est bon pour relancer la machine, on se croirait clairement en train de regarder la télé, lire les journaux ou écouter la radio lorsque les “affaires” secouent le landerneau journalistique.

Sauf que lorsqu’on regarde Baron Noir on est aussi du côté des cuisines.

Série “hyper-feuilletonnante” si je puis dire, cliffhanger de folie, le tout à la sauce soap opera assaisonnée de politique (ambitieuse & politicienne), bref Baron Noir est une série très divertissante et terrible addictive.

J’attends la fin de cette série avec impatience tout en redoutant d’en être sevré. :smiley:

Excellent dernier épisode.

Excellente série.

Oui! excellent rhytme et si Kad fait un peu peur sur le papier… il s en sort trés trés bien.

Je ne connaissais pas Kad, donc je n’avais pas ton appréhension, mais oui il fait merveille dans ce rôle.

Le reste de la distribution est d’ailleurs toute aussi bonne, c’est vraiment bien joué.

La grande table de France Culture s’est immergée au cœur la conception d’une série française, en compagnie de Jean-Baptiste Delafon, scénariste et co-créateur de Baron noir, et Antarès Bassis, scénariste et co-créateur de Trepalium.