Jodie Foster et Kristen Stewart ont fait leur coming-out après le lancement et la confirmation de leurs carrières. Je crois que Kevin Spacey aussi, non ?
Même s’ils sont des visages connus et appréciés, et s’ils ont été principaux dans leurs séries, Zachary Quinto et Neil Patrick Harris n’avaient pas le premier rôle de leurs séries (initialement) et ne tiennent pas de grand film ou de série « grosse », lancée comme telle dès le départ.
Idem pour Matt Bomer. Ezra Miller ne joue que des personnages secondaires. Tessa Thompson a certes un duo avec Chris Hemsworth dans MiB International, mais ça débute à peine.
Sans vouloir forcément avoir raison, je ne vois pas vraiment beaucoup d’acteurs de premier plan qui ont forcément des premiers rôles… et qui sont gays.
Luke Evans commençait à se faire une place comme action-star jusqu’aux révélations sur sa sexualité. Depuis, tiens, plus grand-chose.
En même temps, est-ce si important ? (hormis pour les lecteurs de Voici) Moi, je m’en fous comme de l’an 40 de leur orientation sexuelle, tant qu’ils font le job !
La liste de Kab, je pense qu’à part Foster et Stewart, pour les autres, je ne savais pas (et ça se trouve, je ne vais pas retenir.
Je te comprends, Soyouz : moi aussi, sur le fond, je m’en fous.
Mais.
Mais, en fait, je suis un homme trentenaire blanc, européen et hétérosexuel. J’ai des dizaines d’archétypes et de héros de fiction, à la TV ou au cinéma, auxquels m’identifier.
Je pense que si j’étais homosexuel, j’aimerais avoir des héros de fiction qui correspondent à mon orientation, et qui seraient des personnages de premier plan, et même d’action. Ou des comédies romantiques homosexuelles.
Sans verser dans des représentations qui tapent à côté, par des auteurs et des acteurs hétérosexuels qui veulent bien faire mais n’y arrivent pas (toujours)(ni vraiment) bien.
On en a beaucoup parlé avec la sortie de Black Panther, mais je peux comprendre qu’une personne noire ou homosexuelle ait aussi envie d’avoir un héros sur lequel se projeter entièrement.
Pas seulement sur les valeurs ou la façon de réagir, mais aussi sa couleur ou son orientation sexuelle.
Moi, je suis comme Soy : je me fiche de leur orientation sexuelle (comme de leur religion, d’ailleurs) : ça fait partie de l’intime, et ça ne regarde que la personne.
Idem pour les personnages, d’ailleurs… Ce que je veux, c’est une histoire qui me plaise…
De même, je pense que l’important, c’est de ne pas faire une relation homosexuelle pour faire une relation homosexuelle, mais de la traiter exactement de la même façon qu’on traiterait une relation hétérosexuelle.
Quand c’est bien écrit, le fait qu’un personnage soit en couple avec un autre du même sexe passe au second plan (bon, sauf, évidemment, si c’est le propos de l’histoire que de parler des relations du personnages).
Pour la majorité de ces personnes, je l’ignorais… Pour Jodie Foster, je l’avais oublié.
NPH n’avait pas le premier rôle dans Docteur Doogie ? ~___^
Bon, à l’époque, son orientation sexuelle n’était certainement pas connue des studios (peut-être pas même de lui-même, d’ailleurs).
Ah, je ne sais pas.
Mais la question, au fond, se pose : est-ce qu’un acteur qui se dit ouvertement homosexuel, dès le début de sa carrière, a déjà obtenu un rôle de premier plan, immédiatement, dans une série ou un film de premier ordre ?
Je pense ici notamment dans l’action, les comédies romantiques, l’aventure, le drame, la SF, etc.
Maintenant, sans trop en rajouter, parce que Oncle_Hermes le dit bien mieux que moi (comme d’autres, et comme souvent), je pense que notre avis est biaisé par notre statut d’hommes blancs hétérosexuels (surtout, contredisez-moi si ce n’est pas le cas).
On s’en fiche, nous, qu’un acteur homosexuel joue un personnage homosexuel de premier plan.
Mais peut-être, sûrement, parce qu’on n’en ressent pas le besoin. Parce qu’on n’a pas envie de trouver un héros de fiction en écho à notre première situation, à notre quotidien, dans telle orientation sexuelle, ou telle situation du fait de telle couleur de peau.
A titre personnel, je souhaite voir plus de personnages de premier plan homosexuels ou noirs, asiatiques ou moyen-orientaux (pour ne pas dire « arabe », qui est trop souvent utilisé comme représentation péjorative).
Et je ne ressens pas le besoin que ces personnages soient forcément homosexuels, pour ce cas précis.
Mais c’est sûrement parce que je ne suis pas homosexuel. Je reviens encore sur la phrase de Blackie : « fait pour vous, par vous ». Je crois que c’est un argument très fort et incontournable, pour que ces minorités puissent avancer, pour elles et dans l’imaginaire populaire.
Ho non. Pour cet ordure ce fut plus magique. Il a fait de son coming-out une sorte de diversion quand tout la merde liée à son comportement de predateur sexuel lui est tombé dessus
Et dans le registre. Il y a un cas assez passionnant c’est le couple Cameron Tucker et Mitch Pritchett de la série Modern Family. Couple gay qui adopte un enfant au début de la série et qui sont incarné par un acteur gay ( Jesse Tyler Ferguson) et un acteur hétéro (Eric Stonestreet).
On a aussi le cas de Brooklyn 99 qui s’inspire énormément de la vie des acteurs pour développé les personnages (d’où le fait, donc, que le personnage de Rosa Diaz soit bisexuelle, son interprète l’étant et voulant que ce soit incorporé au personnage)
Un des perso principales dans Westworld, gros rôle dans Thor Ragnarok, présence dans le dernier avengers, co-tête d’affiche pour MIB, petite copine de Creed dans les deux films, ça va pour une carrière commencé il y a 15 ans.
Je sais pas, je trouve que c’est une bonne chose, mais je trouve ça aussi clivant. Ca veut dire que le cinéma de black c’est pour les black et pas les blancs ou asiatique pour les asiat. Je trouve ça très réducteurs, Je me dis qu’un réal black il est pas obligé de faire que des films de blacks et qu’un blacks latino ou autre est pas obligé de jouer un perso black stéréotypé.
J’aime beaucoup Sense8 car j trouve que les personnages viennent de leur pays et donc font les choses proche de leur pays, Cafeus est black, mais ne fait pas un rôle de black (je sais pas si je me fais comprendre), pareil pour les autres, Ils sont, mais ne joue leur personnages.
Neil Patrick Harris, Quinto, Kristen Stewart, Jodie Foster, etc.
Bon, pas tous pour des séries ou des films d’action, mais en creusant… Wentworth Miller ? Ezra Miller ? *
Franchement, c’est faux débat depuis un moment.
La réalité, c’est que les activistes LGBT déforment un poil la réalité parce qu’ils mènent un combat légitime. Mais on assiste souvent à une forme de « mini-terrorisme » dès qu’il s’agit de leur représentation à l’écran.
Le cas Scarlett Johansson qui a dû lâcher Rub & Tug face aux pressions que la communauté transgenre exerçait sur elle, à mes yeux, c’est de la merde.
Je n’adhère pas à ça.
Tom Hanks n’aurait pas dû jouer dans Philadelphia ?
Il aurait fallu un acteur gay, et pourquoi pas séropositif tant qu’on y est ?
Sérieux, faut atterrir.
Tiens, ça me fait penser à Doctor Who, où il y a eu plusieurs personnages noirs… Et leur couleur de peau n’était majoritairement qu’accessoire (c’est plus compliqué dans le cas de Yaz : l’histoire et la culture de sa famille prend plus d’importance).
Mais c’est une série britannique et non américaine… La donne n’est historiquement pas la même.
J’oubliais Ian McKellen, Barrowman, Ellen Page, Asia Kate Dillon…
Faut les reléguer à des rôles d’homos ?
Ce sont des acteurs ! Peu importe leur putain d’orientation sexuelle ! Ça ne dérange que les connards homophobes.
On trouvera toujours des exemples à la noix.
Mais dans l’absolu, depuis quelques années :
la communauté LGBT est représentée. Souvent par des acteurs/actrices qui sont issus/issues de ladite communauté ;
cette communauté défend ses droits à la représentativité, c’est naturel, et les avancées sont immenses (je pense à Alexandra Billings dans Transparent,* et à MJ Rodriguez dans Pose**… mais il y a plein d’autres exemples). Tout comme la parité homme/femme côté réalisation des TV-shows avance elle aussi ;
on dépasse la logique des quotas ou de la représentativité (voir * et **). Je préfère un milliard de fois ça à ce que tu appelles la discrimination positive, que j’appelle de l’hypocrisie crasse.
Le monde change, au moins sur ces terrains-là. Et que je sois un blanc hétéro, ça n’est pas un critère qui définit ma lecture des choses. Putain, le héros qui me faisait tripper gosse, c’était la Panthère Noire !!! Je ne suis ni noir ni africain, que je sache. Et c’est à ce personnage que je m’identifiais. Je ne suis sûrement pas un cas isolé.
Je suis persuadé que des blacks se reconnaissent dans des personnages blancs aussi. Ou jaunes, ou verts.
Je pige la logique de la représentativité. Mais je trouve qu’elle fausse certaines approches créatives.
Certes, mais le problème est là.
En fait si tu avais en termes des persos principaux dans le mainstream la même proportion que dans la société, si tu avais un traitement des personnes égalitaires, tout ton argument serait totalement juste.
Sauf que non.
Et le problème est là, et donc multiplier les personnages issus de minorités, c’est bien pour l’identification de ces derniers, et avoir des acteurs issus des minorités, c’est pareil, c’est bien pour la minorité.
Et donc prendre une actrice queer pour jouer un personnage queer, c’est bien, pour le symbole. C’est même important je trouve.
Et évidemment personne n’a dit qu’une personne hétéro ne pourrait pas bien jouer un personnage homo sexuel, ça serait ignorer le passé puisque ce fut majoritairement le cas dans le passé, mais la portée du message est autre part, c’est un peu le « yes, we can » en somme. Et ce genre de message : c’est important.
Une phrase m’avait frappé, à l’époque où j’étais étudiant. C’était, si je me souviens bien, dans les notes qui ont été publiées du séminaire de Roland Barthes, du temps où il travaillait à la préparation des Fragments d’un discours amoureux (donc milieu des années 70). Barthes évoque un roman racontant une relation amoureuse entre deux homosexuels (comme lui-même l’était), et dit en substance : on demande en permanence aux homos de se projeter sur Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, etc., une fois de temps en temps on peut bien demander aux hétéros de faire le chemin inverse.
Bien sûr qu’il est possible pour quelqu’un appartenant à un « groupe » (genre, ethnicité, orientation sexuelle, etc.) de « se reconnaître » / « s’identifier » / « se projeter » dans un personnage appartenant à un autre groupe, ou tout simplement de s’y intéresser, ou d’en être « fan ». Mais les proportions rendent quand même le choix beaucoup plus confortable dans certaines situations que dans d’autres. Ce qui peut être un luxe pour les uns peut relever de la nécessité pour les autres.
Puisque Ben-Wawe pousse au coming out, je suis moi-même aussi un blanc hétéro trentenaire, mais quand même, quand je repense aux années 90 où j’ai grandi et à ce que les séries télé nous proposaient en termes de personnage gay, par exemple, je me dis que le choix se réduisait à Jack, le pleurnichard de Dawson (qui avait basiquement deux intrigues dans la série : 1/ changer de mec à chaque saison et 2/ pleurer parce que son homosexualité faisait de la peine à sa grand-mère chrétienne conservatrice), ou Will de la sitcom Will & Grace. Bonjour le choix, bonjour les modèles.
Alors certes, on n’en est plus là, — mais on n’en est plus là parce que des personnes ont poussé contre la tendance dominante et un discours consistant à dire que ouais, bon, là, ça va, on a déjà fait bien assez d’efforts, ça devrait être satisfaisant comme ça, non ? (Quand Whedon a dû lutter pour imposer le couple Willow/Tara dans Buffy, la réponse qu’il a obtenu dans un premier temps c’est qu’il y avait déjà Jack dans Dawson… )