BIENVENUE EN ALASKA (Saisons 1-6)

Si on s’en tient là, on a bien compris que ces grandes séries de 1993 étaient innovantes.

Tu m’étonnes

L’année 1993 est une date importante dans l’histoire de la série télévisée américaine.

Symboliquement, elle représente le passage à une nouvelle décennie créative. Entamée avec le chef d’œuvre Hill Street Blues (1981) de Steven Bochco et Michael Kozoll, les années 80 furent rétrospectivement qualifiées d’ère de la quality television, caractérisée par des séries tentant de sortir des carcans formels et narratifs avec plus ou moins de succès. Une époque où l’on tenta de mélanger les genres, de casser le 4ème mur, de faire des séries contemplatives, d’écrire des histoires sur plusieurs épisodes et de faire évoluer des personnages. C’était une période d’expérimentation folle dont le summum est atteint en 1990 quand deux grands talents, Mark Frost et David Lynch, créèrent Twin Peaks.

C’est une période d’essais plus ou moins heureux dont beaucoup sont oubliés ou minorés mais dont les fruits se récolteront dans la décennie suivante quand, par ces expériences acquises, déboulèrent la même année la série policière qui termina de briser le mythe du flic héroïque en brisant quelques tabous au passage (NYPD Blue), celle au style documentaire (Homicide, Life in the Street) et la série fantastique la plus paranoïaque de l’histoire (X-Files). Bien que lancé un peu plus tard, en 1994, on rajoutera également la séries médicale qui redynamisa totalement le genre (Urgences).

Ces quatre séries ont en commun d’êtres des grands (voire des très grands) succès d’une grande longévité, d’être visuellement novatrices et très belles, d’être, à l’exception d’X-Files, des séries chorales et enfin d’avoir des intrigues courant sur plusieurs épisodes ou saisons. Clairement elles fructifièrent les acquis de leurs prédécesseurs et elles-mêmes seront les terreaux de la prochaine évolution, celle des séries du câble. De son coté la sitcom connait un nouvel âge d’or avec une production extrêmement importante de séries toutes désireuses d’accéder au podium composé de Friends, Frasier et Senfield.

Enfin la science-fiction va également entrer dans une grande période et plus particulièrement pour une de ses déclinaison. Initiée par le lancement en 1987 de Star Trek : The Next Generation (qui, après deux saisons guère intéressantes, entame sa grande période), la décennie qui suit va voir l’arrivée d’un nombre conséquent de space-opera. Citons notamment les spin-off de la série de Gene Roddenberry avec Star Trek : Deep Space Nine, Star Trek : Voyager et Star Trek : Enterprise, Lexx, la comédie Red Dwarf, la trop courte Firefly, la très martiale Space 2063, la suite télévisuelle du film Stargate qui deviendra elle-même une franchise importante (même si la série originale Stargate - SG1 est au lisière du genre), la grandiose Farscape ou bien-sur la queue de comète Battlestar Galactica. Tous forment une grande décennie que traverse également Babylon 5. L’histoire de cette station spatiale et de ses habitant pris dans les tourments de la guerre devenant par ses particularités et ses qualités une véritable clé de voute de la série télévisée.