BIGGLES (John Hough)

REALISATEUR

John Hough

SCENARISTES

John Groves et Kent Walwin, d’après les personnages créés par W.E. Johns

DISTRIBUTION

Neil Dickson, Alex Hyde-White, Fiona Hutchison, Peter Cushing, William Hootkins…

INFOS

Long métrage américain/britannique
Genre : aventures/science-fiction
Année de production : 1986

As de l’aviation et aventurier, James “Biggles” Bigglesworth est un personnage sorti de l’imagination du romancier britannique William Earl Johns, lui-même ancien pilote de chasse. La bibliographie de W.E. Johns ne se résume pas qu’à Biggles, mais les exploits du “détective aérien” (qui couvrent une centaine d’histoires) ont éclipsé les autres créations de l’auteur, comme l’aviatrice Joan “Worrals” Worralson et l’astronaute Timothy “Tiger” Clinton (qui n’ont d’ailleurs pas tous été complètement traduits en France).

Les aventures de Biggles ont également été déclinées en bandes dessinées, notamment en Angleterre, en Suède, en Belgique et en France. Plusieurs séries ont ainsi été publiées chez les éditeurs Lefrancq, Miklo et Le Lombard. Je précise que je n’ai rien lu de tout cela, ne connaissant le héros de W.E. Johns que par le film qui lui a été consacré. Biggles a connu deux adaptations à l’écran : une série télévisée de 44 épisodes en 1960 et cette co-production américano-britannique sortie en 1986.

Le long métrage de John Hough (Les sévices de Dracula, Les Yeux de la Forêt…) devait à l’origine être plus fidèle aux écrits de W.E. Johns et délivrer un spectacle d’aventures à la Indiana Jones en suivant les efforts de Biggles et de son équipe (Algie, Berty et Ginger) pour retrouver et détruire une nouvelle arme allemande en plein premier conflit mondial. Mais les producteurs ont décidé de donner une autre orientation au film en plein succès de Retour vers le Futur. Le scénario fut alors réécrit pour y inclure des éléments de science-fiction absents du matériel originel, afin de capitaliser sur la popularité de l’excellent long métrage de Robert Zemeckis et attirer un plus large public (ce qui n’a pas fonctionné, car Biggles connut un cinglant échec au box-office mondial, tout comme des critiques largement négatives).

Le principal ajout est Jim Ferguson , un commercial des années 80 qui découvre qu’il est le “jumeau temporel” de Biggles (ce qui n’est jamais clairement expliqué). Un soir, Jim est projeté dans le passé par un éclair sorti de nulle part et rencontre Biggles en 1917. Il passera alors tout le film à être “zappé” entre le passé et le présent, pour se retrouver généralement plongé dans les ennuis jusqu’au cou. Cette situation donne lieu à des transitions variées et dynamiques, certaines humoristiques (comme lorsque Jim se retrouve à moitié à poil dans un couvent) et d’autres propulsant le jeune homme directement dans l’action.

Malgré son concept un peu bancal, Biggles est un agréable divertissement, qui ne manque pas de péripéties et qui offre de très intéressantes séquences aériennes (pour une fois, on échappe aux transparences ratées). Mais il est aussi assez inégal : l’interprétation manque souvent d’envergure (avec le fadasse Alex Hyde-White, futur Reed Richards du Fantastic Four produit par Roger Corman, dans le rôle de Jim) et la bande originale, qui ne s’accorde pas du tout avec le ton du long métrage, est complètement à côté de la plaque.

Biggles marque la dernière apparition à l’écran du grand Peter Cushing, icone de l’horreur et du fantastique. Diminué par un cancer, l’immortel interprète du docteur Frankenstein, de Van Helsing et du Grand Moff Tarkin n’en gardait pas moins une présence et un regard intenses. Peter Cushing prit ensuite sa retraite après presque 50 ans de carrière et plus de 130 rôles, avant de nous quitter en 1994.

Voici un échantillon du matériel promotionnel de Biggles, sous la forme de strips publiés dans les pages de comics britanniques le mois de la sortie du film :