CACTUS JACK (Hal Needham)

REALISATEUR

Hal Needham

SCENARISTE

Robert G. Kane

DISTRIBUTION

Kirk Douglas, Arnold Schwarzenegger, Ann-Margret, Jack Elam, Strother Martin…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie/western
Titre original : The Villain
Année de production : 1979

Décédé en 2013, Hal Needham était l’un des cascadeurs les plus reconnus de l’industrie du cinéma américain (et il fut à un moment le mieux payé). On peut même dire qu’il révolutionna sa discipline, en inventant notamment de nouvelles techniques et dispositifs décisifs dans la conception de scènes d’action de plus en plus spectaculaires.
Lorsqu’il passa derrière la caméra au début des années 70, ce fut naturellement pour réaliser des films d’action mâtinés de comédie.
C’est grâce à son grand ami Burt Reynolds que Hal Needham put mettre en scène Cours après moi shérif, premier volet d’une série à succès basée sur l’un de ses scénarios. Parfait véhicule pour Burt Reynolds et les cascades élaborées par Hal Needham, Cours après moi sherif fut suivi par La Fureur du Danger, Tu fais pas le poids shérif et les deux Equipées du Cannonball.

Mais Hal Needham ne connut pas que le succès dans cette première partie de sa carrière de réalisateur. En 1982, il a commis ce savoureux nanar cataclysmique qu’est Megaforce. Et trois ans plus tôt, son western parodique The Villain, exploité en Europe sous le titre Cactus Jack, fut un échec critique et public…mais malgré ses défauts, je trouve pour ma part que le film vaut mieux que sa réputation peu flatteuse.

Cactus Jack Slade waits in the shade pondering his evil schemes
He’s a well known bad guy, ready to try whatever it takes to live up to his name…

Cactus Jack est un véritable cartoon live, qui reprend tous les codes et les astuces visuelles des célèbres dessins animés de la Warner (bien qu’il s’agisse d’une production Columbia) mettant en scène Bugs Bunny, Daffy Duck et compagnie. Cactus Jack Slade, le vilain du titre, est la personnification humaine de Vil Coyote, l’éternel et infortuné ennemi de Bip Bip. L’inepte cow-boy, qui pioche toutes ses idées dans un roman à deux sous, passe tout le film à essayer de mettre la main sur le magot transporté par les héros joués par Arnold Schwarzenegger et Ann-Margret, pour voir tous ses plans se retourner contre lui dans la grande tradition du genre.
Kirk Douglas trouvait là son dernier rôle dans un western (après avoir joué dans des classiques comme La Captive aux yeux clairs, Règlements de compte à O.K. Corrall ou encore Le dernier train de Gun Hill) et il cabotine irrésistiblement en s’accaparant les meilleures scènes. Il est accompagné par un faire-valoir idéal, le cheval Whisky, personnage à part entière et source de nombreux gags.

Face à Cactus Jack Slade, on ne retrouve pas un équivalent de Bip Bip, loin de là. Handsome Stranger (le bel étranger…oui, c’est bien son nom) est joué par un Arnold Schwarzenegger alors inconnu (c’était trois ans avant Conan le Barbare)…enfin, “jouer” est un bien grand mot. Totalement crispé, le Chêne Autrichien, ici dans son unique western, n’était pas vraiment encore à l’aise dans le registre de la comédie. Mais son manque de naturel dans l’interprétation fait tout de même bien passer le côté neuneu de son cow-boy d’opérette, grand dadais naïf incapable de se rendre compte des avances répétées de Charmante (!) Jones, une Jessica Rabbit avant l’heure incarnée par la sublime Ann-Margret et son décolleté plongeant.

Handsome stranger, where do you come from
No one seems to know your business here
With your steel blue eyes and pearl-handled guns there ain’t an outlaw anywhere you fear…

Le principal défaut de Cactus Jack réside principalement dans sa mécanique comique, qui tourne parfois un peu en rond. Ce qui faisait l’efficacité des cartoons de la Warner, c’était notamment leur durée réduite (un peu moins de 10 minutes). Sur 85 minutes, Hal Needham n’évite pas certaines lourdeurs et répétitions et quelques gags tombent complètement à plat.
Mais dans ses meilleurs moments, le long métrage retrouve l’énergie propre aux dessins animés auquel il fait référence et l’abattage de Kirk Douglas est le plus souvent hilarant.

À noter que Charmante Jones et Avery Simpson (le banquier véreux campé par cette vieille baderne de Jack Elam) portent des noms qui rendent hommage à des grands noms du cartoon, Chuck Jones et Tex Avery.


Charmin’, Charmin’ There ain’t no woman in these parts that looks as good as you…

L’aspect cartoonesque de Cactus Jack est accentué dans la piste sonore française. En effet, le responsable du doublage a eu l’idée d’ajouter une voix au cheval Whisky, absente de la version originale, afin de souligner encore plus son caractère moqueur. Et ce gros bêta d’Handsome Stranger, devenu Ange Gabriel en V.F., s’est vu affubler d’une voix fluette (par rapport à la vraie voix de Schwarzie) et d’un zozotement qui provoquent un décalage plutôt amusant !

Pour ma part je garde un tout autre souvenir de l’interprétation d’Arnold, que je trouve très à l’aise dans ce film.

Je n’ai pas vu tout ce qu’il a tourné avant Conan, mais je me rappelle l’avoir trouvé plus convaincant dans un rôle plus dramatique, celui du bodybuilder Josef Schmidt dans un épisode des Rues de San Francisco en 1977.

Je me rappelle très bien de cet épisode des “Rues de San Francisco”, et il y était effectivement très bien, le Scharwzy. Je me souviens aussi d’un épisode avec Mark Hamill (pré-“Star Wars”) et Leslie Nielsen (qui est apparu plusieurs fois dans la série dans des rôles différents), qui était très convaincant également.