Mon voyage préféré !
Je n’avais pas fait gaffe, mais y a un sacré parallèle entre Captain Flam (Future) et Tom Strong.
J’y ai souvent pensé.
Et je pense qu’Alan Moore et Peter Hogan en étaient conscients parce qu’ils ont fait apparaître un « Colonel Future » dans Terra Obscura puis dans Tom Strong and the Planet of Peril.
Il s’agit d’Andrew Bryant, qui était apparu (avec un grade inférieur) dans Startling Comics de 1940 à 1946. Il s’appelle alors Captain Future, parce que l’éditeur, Better Publications, voulait adapter le personnage d’Edmond Hamilton, mais n’en a pas eu les droits : bizarrement, ils ont pu utiliser le nom mais ils tout changé le reste.
Et en fait, le personnage de Hamilton a été adapté en 1940, le temps d’une brève histoire dans Exciting Comics #1. Mais son nom a été changé en « Major Mars », va comprendre.
Pour info, le Captain Future de 1940, avec son éclair jaune sur le torse, a inspiré Doc Samson chez Marvel. Et Edmond Hamilton a inspiré le personnage du Professeur Emil Hamilton chez DC.
Jim
Ce qui est épatant, c’est qu’il n’y a pas que le perso, ses compétences, ses origines et son caractère, mais tout ce qui tourne autour de lui aussi.
Tu veux dire que Moore aurait songé à ça en créant Pneuman, Solomon et les autres ?

Jim
Bah ouais. C’est ce que je me dis. Mais regarde l’origine, ses parents, son caractère, ses polycompétences…
C’est en lisant le guide d’Alan Moore de Queyssi que ça m’a fait tilt (le hasard fait que je mate Flam en ce moment, comme tu l’as remarqué)
Et donc : est-ce que Capitaine Future est une résurgence du pulp ?

Oui oui, mais je suis entièrement d’accord.
C’est peut-être d’ailleurs dans le guide que j’avais lu ça, mais ouais, ça me paraît évident.
Tom Strong, c’est la synthèse des formules héroïques nées d’une période où la science est vue comme positive. C’est quelque part à la croisée des « edisonades » de la fin du XIXe et des héros de SF des années 1930, le surhomme produit de la science.
Pour moi, c’est carrément du pulp, pas une résurgence. Il a eu son propre titre, en 1940, donc pas une anthologie comme, mettons, Weird Tales, mais c’était édité par Thrilling Publications, qui était un éditeur de pulps. Même format, même papier (de merde), même rayon, c’est du pulp.
Tiens, tu savais que l’éditeur des premiers textes, c’était Mort Weisinger ?
Jim
Alors si je le savais, je l’ai forcément oublié.
Merci. J’ai cherché très vite s’il y avait une periode définie du « pulp » et je n’ai vu que années 30. Donc merci pour ta précision.
Le guide ne le dit pas. C’est juste que quand il est précisé qui est Tom Strong, que d’un coup, j’ai vu Capitaine Flam.
Pour moi, le pulp, c’est un format (qui a fait naître un genre de héros et un type de feuilleton, mais je pense que c’est le format qui est la clé de voûte de la définition) : une anthologie avec des nouvelles sur un papier bon marché et selon une périodicité définie. Les publications pulps, ça va en gros des années 1910 (quand elles remplacent progressivement les dime novels) jusqu’à l’après-guerre (je dirais début des années 1950) quand elles commencent à être chassées par l’émergence du format poche : les anthologies survivantes parviendront à tenir quelques années en l’adoptant).
Donc on est en plein dedans : le format correspond, l’éditeur correspond, les auteurs correspondent, le type de personnage correspond, la période correspond.
Ce qui est intéressant, c’est que les pulps, pour populaires qu’ils soient, on essuyé un premier tassement dans les années 1930 (rien d’affolant cependant) et l’émergence des comics a semblé, pour les intervenants de l’époque, une possibilité de diversification salvatrice : c’est pour ça que certains éditeurs de comics (la plupart, on va dire) étaient des éditeurs de pulps. Et la planche de salut qui s’est manifestée est devenue leur perte, puisque les comics ont constitué un autre marché prospère qui, peu à peu, a grignoté leur place sur les présentoirs. Cela dit, on parle souvent de Martin Goodman comme d’un gars ayant créé une nébuleuse de petites sociétés, mais les pulps, c’était la même chose : Thrilling Publications, par exemple, qui publiait Captain Future, appartenait au même groupe que Better Publications, qui accueillait sa version « pirate » évoquée plus haut.
Jim
J’y ai peut-être pensé en achetant les romans, alors.
Jim
Pour moi aussi. Y a un très bon livre de monsieur Lainé qui l’explique très bien. Mais ne l’ayant pas sur moi…
Tom String et Capitaine Flam s’inspirent de Doc Savage.
De doc Aubade ?
Clairement : c’est le tronc, ils sont les branches.
Jim
Il est l armature, ils sont les dentelles.
Pas compris…
