Ben tu vois en lisant ça, je trouve que le rythme et la nature on va dire « naturaliste » fait surtout penser à Watchmen de Moore.
Dans les premiers arcs de Bendis, il y a ce cliff lors de la prise de parole de Matt à sa conférence de presse. Tu as une ou pages sur Matt qui va simplement prendre la parole. Le cliff est généralement une accélération du temps mais dans ce passage au contraire bendis le ralentit et il n y a pas d action, juste la bouche de Matt qui commence à s ouvrir pour prendre la parole.
Ce cliff m a toujours marqué comme étant du pure Bendis et me donne l impression de comprendre ce que Bendis cherche à faire.
En ralentissant le temps, ne cherche-t- il pas à rendre intéressant, épique la non action et en l occurrence ce qui la précède immédiatement, à la charger de tension ?
Il me semble que si tu gardes cela en tête alors tu verras clairement que ces pages au dessus ce sont du Bendis plus que du Moore. Dans watchmen, moore rend plutot l action super héroïque anecdotique ou au contraire totalement terrifiante et folle. Soit l action ne sert à rien, soit elle sert et c est terrible. L action reste le sujet de Moore dans watchmen plutôt que l inaction.
Mais oui sinon, deheroiser le super heros est au coeur de watchmen. Comme pas de Lee sans Adams.
Don McGregor aussi quelque part (scénariste qui réussit l’exploit d’être plus verbeux que Claremont), concernant sa “prétention littéraire”, qui fait la part belle à l’atmosphère et à l’immersion, quitte à ce que le récit avance assez lentement.
Oui ca personne ne peut nier que McGregor c etait la decompression avant que ce soit la mode.
Mais on remonte jusqu à quand ainsi ?
Vertigo est déjà de la decompression . Ah oui mais mc gregor aussi était déjà de la decompression. Ah oui mais snoopy était déjà de la decompression. Ah oui mais Hamlet était déjà de la decompression. Ah oui mais Antigone aussi, etc.
A la fin, rien de nouveau jamais sous le soleil. Et généralement ca va avec : par contre demain catastrophe, là demain il y aura du nouveau et ce sera horrible.
Pourquoi pas.
On peut insister sur les continuités en effet (et les apocalypses dans l apres) ou on peut etre attentif aux coupures, quand y a quelque chose qui se cristallise même si ce n est pas né de rien.
On peut voir la république et les droits de l homme comme une simple continuation de l universalisme chrétien aussi ou etre attentif à ce qui fait une coupure nette entre les deux.
Bon, toute proportion gardée, je défends largement le fait que la decompression Bendissienne a été une coupure dans la narration super héroïque mainstream et qu en effet c est repérable dans le travail d autres scénaristes. J en ai cité deux où ca me parait indéniable mais on pourrait tout en fait en trouver d autres. Je pensais hier soir à Cates, qui reinsufle du dynamisme 90 dans ses productions mais pas sans Bendis.
Je suis d’accord avec @n.n.nemo il y a un avant et un après Bendis. Avec certains auteurs qui ont suivi volontairement, d’autres qui ont grandi en le lisant et pour qui c’est une norme, et d’autres à qui l’éditeur a imposé un format de saga en six épisodes avec cliffhangers pour faire des TPB et ménager l’intérêt mensuel.
C’est toi qui as trouvé Wimmen’s comix…
Tori.
Je suis d’accord pour dire que bendis à institutionnaliser la décompréssion, mais pas avec DD, c’est pas sur ce titre que Marvel s’est dit, wahou, on va faire pareil. Non ça vraiment d’USM et surtout de ses Defenseurs. Là, par contre c’est le grand n’importe quoi en matière de décompréssion.
oui USM et d un coté Alias puis NA qui aussi l impose sur l univers principal sur une série pas faites pour ca
Pas con USM en effet
Moi perso je bloque quand même si l’idée d’une influence massive là où je vois guère d’exemples probant par leur nombre. Un peu comme les mille un clone du Batman de Burton qui arrive à la télé et au cinéma suite au succès de 1989 ou comment la façon d’écrire de Bochco et les limites qu’ils repoussent infusent dans la série US pour s’installer définitivement dans les grands succès des années 90.
Mais je peux me tromper, juste que je demande à voir.
Tout à fait. On peut aussi vite remarquer que c’est coupures ne sont pas aussi nombreuses et importante que l’on croit
(voire même qu’on peut les remettre en cause le temps passant)
Et Bendis c’es aussi un style de dialogue caractéristique (suffisamment pour être pastiché par ses confrères), jouant sur la répétition (le nombre de fois où il case le mot “huh/hein” dans USM).
Though he has cited comic book writers such as Frank Miller and Alan Moore, Bendis’ writing influences are less rooted in comics; drawing on the work of David Mamet, Richard Price, and Aaron Sorkin, whose dialogue, Bendis said, was « the best in any medium. »[4]
https://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/MametSpeak
Brian Michael Bendis does this in all of his works and with most characters (as seen in the image). Some even call him the « Mamet of Comics » while his detractors call his usage of the trope « Bendis Speak ». He variously refers to Mamet as his god, his hero and his go-to source of inspiration.
Parodied by Grant Morrison in the second issue of the three-part miniseries The Green Lantern: Blackstars, where Superman briefly slips into Mamet Speak while complaining about the current problems the league is facing. Superman, of course, was being written by Brian Michael Bendis at the time.
Superman: And then there’s this-
Hal Jordan: This what?
Superman: This odd effect-
Hal Jordan: You’ve lost me- effect?
Superman: Like the visual track is frozen and the audio’s still rolling-
Hal Jordan: Audio?
Superman: Audio, yes.
Non en effet, pas aussi nombreuses sinon on en reviendrait au rien de nouveau sous le soleil mais d une autre façon, celle de la multiplicité : tout est toujours pareil parce que rien n est jamais pareil, chacun est une coupure.
Je note tout de même que la rupture radicale qu a représenté l arrivée de Bendis sur les vengeurs, et qu ont ressenti les lecteurs de longue date, est un témoignage qui atteste plutôt de ce que je dis.
“La serie n etait pas adaptée”, “bendis ne sait pas gérer les groupes”. Pas sur qu un mc gregor arrivant sur les vengeurs aurait produit une telle rupture pour ces derniers. Les vengeurs canal historique restent d ailleurs aux abonnés absent longtemps apres le départ de Bendis, attestant d une influence durable, non limité à sa seule présence.
C est bien la rencontre entre la decompression Bendissienne et les avengers qui ont propulsé ces derniers au top des ventes. Le lectorat, qu il ait ou non bon goût, que ce soit pour s en plaindre ou le celebrer, a tout à fait repéré qu il y avait là un changement majeur pour la serie et le monde marvel. Pour le coup, les vengeurs n ont plus jamais été les même, ni même marvel, la com ne fut pas mensongère.
La decompression bendissienne a eu beaucoup plus d influence que l hyper compression morrissonienne par exemple et ce même chez un laudateur de Morrison comme aaron, je dirais. Et on sait à qui va ma préférence.
On parlait à l epoque de fin de l histoire en philosophie politique, est ce si étonnant qu une narration qui tend à s intéresser plus à l inaction qu à l action, l action étant ce qui découpe une histoire, ait à ce point cristallisé quelque chose de l époque et profondément marqué le mainstream superheroique de son empreinte ?
Je pense que McGergor ca aurait été trés radical aussi et pas adapté. Les cases n auraient pas été assez grande pour les discussions ![]()
Je ne crois pas que ce soit ces dialogues le souci.. ou alors c est ces dialogues avec une composition d equipe de personnages ayant leurs séries ou etant psychotiques et donc avec peu de possibilité d evolution.
C est pas sa decompression qui est unsouci ce sont sesplots .. les avengers ont besoin d actions et d intrigues.
Je ne dis pas forcément le contraire, tu noteras.
Avec Bendis l action est ailleurs, dans les changements de statut quo du monde marvel, presque hors de portée du super héros.
L ere du super heros impuissant. Et si par malheur, le super heros s imagine digne d agir, de revendiquer pour lui le nom de super heros, le nom de vengeurs, c est de l hubris et c est la chute et la folie qui le guettent.
La seule action sensée, humaine, c est de renoncer au nom de super héros, de vengeurs, comme le fait luke cage au final.
Seul cap et sup peuvent revendiquer le nom de super heros, leur nom.
Finalement Matt était malin de nier son nom, de nier qu il etait daredevil, il a échappé ainsi à la folie mais pas à la chute.
Ses dialogues avec Wanda, Vision, Clint, une mantis.. ca aurait pu le faire..
Mais en fait hors Cage et Jess.. y a rien qui se passe soit car les persos vivent ailleurs soit car ils sont névrosés (Sentry, Spiderwoman)
Et autant sur Alias,lemanque d intrigues passe car tu suis Jess mais déjà je trouve que sur DD y a de la longuer et sur Avengers oùla vie interne est quasi nulle par le fait de faire un All-Star..
Au-delà de l impuissance des héros qu onpeut analyser comme on veut car moi le Captain America avec qui j ai grandi ne gagnait jamais vraiment totalement.. c est surtout impussant car face a rien (comme avec Millar, Hickman…)
et le truv bizarre c est que les héros jusquelà était mal dans leur peau, ci et ca..
Avec Bendis ils se la jouent a fond pour combattre rien et pas gagner.. ils n ont aucun probleme, ils sont des stars, gagnent leur vie et ont des groupies maispour rien.
C est plus que l impuissance, c est al téléréalité en fait..
Les gens avec la melon et le pognon et le sexe alors qu ils ne font rien, servent à rien(si quelqu un sert a quoi que ce soit mais là..)..
Alan Stewart: “As Thor reaches out n the first panel above to T’Challa, the Black Panther (whose last adventure with the Avengers had been in issue #126), Englehart is plainly having some fun at the expense of fellow Marvel scribe Don McGregor, whose writing on the Panther’s feature in Jungle Action (as well as on “Killraven” in Amazing Adventures) was (and still is) well known for its extravagant verbosity.”
Quand même, ils morflent et sévère. Matt perd tout et fini en taule, spidey meurt, tony meurt pratiquement, luke est en fuite, il perd limite sa famille jusqu’à ce qu il renonce de lui même.
Le tpb par arc,c’est avec Bendis qu’il va y avoir un essort du TPB (il y en avait avant, mais pour les séries « luxe »), avec Bendis on va voir l’arrivée du TPB par arc, avec un arc contenant une histoire ce qui ne se faisait pas où peu avant vu que les gens savaient écrire une histoire en 22 planches.
je confirme.
et l’a prouvé à de nombreuses reprise par la suite.
C’est qui le mec qui relance les vengeurs après la pause de la série pendant de nombreuses années ?
l’un est plus exigeant que l’autre et Morrison n’a fait de l’hyper compréssion que comme un jeu, un test, sur une courte période, là ou Bendis à fait de la décompréssion un « art » et sa carrière dessus.
Tellement ailleurs que certains la cherchent encore.
Même pas là, car les plus gros changement ce ne sont pas les siens, les events qui ont marqués réèllement il n’y en a qu’un (c’est HoM). CW n’est pas de lui et va bien trop vite pour Bendis, le reste n’a pas vraiment marqué l’univers Marvel.
Dans sa séries des défenseurs ? Matt n’est pas là, Spidey ne meurt pas, Tony non plus, Luke gagne au contraire une famille vu qu’il chope le petit cul de Jess et fonde une famille avec elle.
A quelle période fais tu allusion ?
Et secret invasion qui lance dark reign, siège qui lance heroic age.
Tu minimises là
Tu parles d Alias plutôt, non ? C est dans Alias que le couple luke Jessica se forme. Et Jessica a bien morflé d avoir été une super héroïne.
Pour le reste, c est le debat pour ou contre Bendis qu on a eu souvent.
Je trouve que le succès de hom et civil war ont mis un terme à une époque de grande qualité créative. Il a manqué après un shooter pour savoir marier rigueur de l organisation et espace pour que la créativité s exprime.
Bendis etait quasi sans editeur, en roue libre et marvel l a rincé. Brubaker et Fraction ont su partir au bon moment, pas lui.
Mais malgré tout, je reconnais ce qu il a apporté de nouveauté avec sa narration et qui à mon sés a été tres influente, surtout à cette époque. Mais on n est pas vraiment encore sortie de l ère qu il a initié. J aimerais mais non. Et ca ce n est pas de sa faute
Dès le premier épisode d’Alias ![]()
