CHEVAL DE GUERRE (Steven Spielberg)

[quote]DATE DE SORTIE FRANÇAISE

22 février 2012

**REALISATEUR **

Steven Spielberg

SCENARISTES

Lee Hall, Richard Curtis d’après le roman de Michael Morpugo

CASTING

Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mullan, Niels Arestrup, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch…

INFOS

Long métrage américain
Genre : Guerre, drame historique
Année de production : 2011
Durée : 147min[/quote]

J’y allais à reculons, en me disant que je pouvais me faire chier pendant 2h20, le Chwal et la guerre, c’est pas vraiment mes passions.
Et en plus Spielberg nous propose une histoire totalement au 1er degré qui sent les bons sentiments et qui se placera du coté de la belle histoire.
Et ce qui pourrait paraitre niais ou super naïf est passé tout seul, voir ce jeune homme se lier d’amitié avec son cheval pourrait paraitre idiot avec beaucoup d’autres réalisateurs, ici aucun cynisme et une vraie envie de la part de Spielberg de porter son récit de la façon la plus simple possible et la mise en place de beaux mouvements de caméras, de bonnes idées de mise en scènes allié à une superbe photo de Kaminski et un John Williams qui n’est pas le dernier pour le vecteur des émotions permettent aussi aux spectateurs de pouvoir croire à ce récit. (C’était pourtant pas gagner).
Et l’on suit une structure narrative peu commune, le film se déroule donc du point de vue du Cheval qui passe entre les mains de plusieurs propriétaires, cela permet de démultiplier les points de vue sur la guerre et les personnages qui bénéficient d’un casting impeccable, on pourra reprocher à ses histoires de ne pas être assez développées ou de nous rappeler des évidences (Les Soldats vivent le même enfer des deux cotés, ils jouent juste leurs rôles), mais il ne faut pas non plus oublier que l’histoire original s’adresse à des enfants et que le principal est l’épopée du cheval, la guerre fait partie du décor.
Et quel décor, on a beau être pas loin du conte, la guerre n’est pas édulcorée et les séquences dans les tranchées s’approchent de ce qu’on pouvait voir dans le soldat Ryan, ce qui nous rend les retrouvailles attendues entre les deux protagonistes principaux plus émouvantes après avoir ressenti le danger qui les entourent.
Et une autre des grandes réussites de Spielberg, c’est d’avoir réussi à rendre expressif le Cheval, ce qui est loin d’être évident au cinéma, je ne suis pas sur que beaucoup de monde en serait capable, ici des choix de plans judicieux, des gestes bien choisi, la musique appropriée suffisent pour ressentir envers la relation entre le cheval et son dresseur mais aussi entre le cheval et son autre pote chevalin, ceci avait tout du piège casse gueule et pourtant nécessaire pour ne pas s’ennuyer pendant la longueur du film et à partir du moment ou on rentre dans ce qui nous est proposé dés le départ, ça passe tout seul.
Cheval de Guerre, c’est simple, premier degré, beau et quiconque qui a envie de laisser porter par une jolie histoire qui tient principalement sur une narration par l’image pourra apprécier ce film que peu de personnes attendaient.

5/6.

Sur le papier, je pensais également que le concept de Cheval de guerre était un peu casse-gueule. Je l’ai vu hier soir et j’ai au final passé un très beau moment.
Spielberg adapte ici le roman pour la jeunesse du britannique Michael Morpugo. Celui-ci eut l’idée d’écrire un livre sur la Première Guerre Mondiale en prenant comme personnage principal un magnifique cheval après avoir recueilli les témoignages de vétérans qui ont insisté sur l’importance particulière de leurs montures pendant le conflit.
L’histoire commence doucement et prend le temps de s’attacher à cette histoire d’amitié entre un jeune homme et son cheval. Les phases de dressage sont prétextes à des moments très amusants et émouvants et à de superbes mouvements de caméras dans des paysages de campagnes de toute beauté. Quelques running-gags avec un animal de ferme très revêche se charge de nous rappeler que nous sommes à l’origine dans une histoire destinée aux plus jeunes, le tout étant enrobé d’un humour bon enfant qui passe sans problèmes et assure de nombreux sourires, ce qui adoucit une situation familiale peu idyllique (mère courage, père brisé, fils rêveur…pas très original, mais c’est raconté avec sincérité).
Puis la guerre éclate, le cheval est vendu et commence des tribulations mouvementées qui le verront rebondir d’un camp à l’autre. Cette construction de l’histoire permet d’adopter des points de vue différents : les officiers anglais, deux jeunes soldats allemands, un fermier français et sa petite fille, ect…et de de dresser un portrait humain et sans concessions du conflit (voir le sort réservé aux jeunes allemands).
Sans qu’une violence un peu trop explicite soit omniprésente à l’écran (en gros pas de gerbes de sang), Spielberg réussit à rendre l’intensité et la cruauté du conflit grâce à de judicieux choix de mise en scène et à un montage de qualité. Les scènes de tranchées notamment sont d’une grande véracité, dans ces moments le suspense est palpable et porté par de très bons comédiens.
Le jeu des acteurs est d’ailleurs d’un excellent niveau, ce qui est normal avec un tel casting (Irvine, Mullan, Watson, Arestrup, Cumberbatch, Hiddleston…). La “star” du film reste tout de même le Cheval, impérial, courageux, touchant, drôle…l’un des plus beaux personnages animaliers que j’ai pu voir à l’écran…
Oui, un beau film, joliment mis en scène et en musique et superbement interprété !