CONDORMAN (Charles Jarrott)

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REALISATEUR

Charles Jarrott

SCENARISTES

Mark Stirdivant et Mickey Rose, inspiré par le livre de Robert Scheckley The Game of X

DISTRIBUTION

Michael Crawford, Oliver Reed, Barbara Carrera, James Hampton, Jean-Pierre Kalfon…

INFOS

Long métrage américain/britannique
Genre : comédie/aventures
Année de production : 1981

Dans le roman The Game of X paru en 1965, détournement des histoires d’espionnage à la James Bond signé par l’écrivain américain Robert Scheckley (Le Temps Meurtrier, la nouvelle Le Prix du Danger), un américain sans emploi est pris par erreur pour le plus grand espion des services secrets britannique, l’Agent X. Lorsque Disney achète les droits du livre pour une adaptation cinématographique, le studio décide d’aller encore plus loin dans la parodie…tout en surfant sur le succès des deux Superman de Richard Donner et Richard Lester. Oui, la Maison de Mickey voulait son super-héros.

Les producteurs décidèrent donc de remplacer le principal protagoniste de The Game of X par un personnage un peu plus excentrique : Woodrow Wilkins est l’un des créateurs de comics les plus reconnus. Lu dans le monde entier, ses créations ont beaucoup de succès…mais être vissé à sa table de dessin toute la journée ne lui suffit pas. Il tient en effet à tester dans la vraie vie toutes les inventions qu’il couche sur papier…comme la fonctionnalité du costume de son nouveau héros, Condorman.
C’est ainsi que la première scène du film le voit s’élancer du premier étage de la Tour Eiffel habillé en Condorman. L’essai ne se passe pas aussi bien qu’il le souhaite et Woody fait un plongeon dans la Seine.

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Comme Woody ne tient pas en place, son pote Harry, un gratte-papier de la C.I.A., lui confie une mission, un banal transfert de documents en Turquie. Sur place, et emporté par son enthousiasme, Woody se fabrique une identité d’agent pur et dur (nom de code Condorman), se débarrasse d’agents ennemis grâce à la chance et une bonne dose de maladresse (une succession de gags très slapstick) et tombe amoureux de Natalia, une espionne russe dont il fera l’une de ses héroïnes de comics.
Woody se prend tellement bien au jeu qu’il réussit à convaincre l’espionne qu’il est vraiment un redoutable agent de la C.I.A. Lorsqu’elle décide de changer le camp, elle ne veut que Condorman pour organiser sa défection. Mais Krokov, son chef et amant, ne compte pas la laisser s’évader aussi facilement…

Tourné dans de splendides décors, Condorman est un divertissement familial qui a certes pris un sacré coup de vieux (notamment au niveau des effets pas si spéciaux) mais sans perdre toutefois son charme un brin outrancier (le côté décalé des situations l’emporte sur les invraisemblances).
Woody Wilkins est en effet un peu zinzin…c’est le seul personnage du film qui ne prend pas l’espionnage au sérieux…il vit un rêve, il vit les aventures qu’il couche sur papier et il profite de l’argent du gouvernement pour donner vie à son imagination : une condor-car, un condor-boat…et bien entendu un costume de Condorman en parfait état de marche. Le comédien britannique Michael Crawford, qui a longtemps joué Le Fantôme de l’Opéra sur les planches, livre avec ce rôle une performance loufoque, parfois lourdingue, souvent amusante.

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À ses côtés, on retrouve la belle Barbara Carrera, future James Bond Girl dans Jamais plus jamais avec Sean Connery et dans le camp des vilains, l’intense Oliver Reed (Les Diables, Chromosome 3…), qui avait déjà croisé Michael Crawford dans Scotland Yard au parfum en 1967, et le français Jean-Pierre Kalfon, qui volent souvent la vedette aux héros et dont les personnages ont d’ailleurs l’air de sortir tout droit d’un film de James Bond.

Grâce à des péripéties qui s’enchaînent sur un rythme enlevé (avec d’excellentes cascades réglées par Rémy Julienne et ses équipes), Condorman demeure une sympathique comédie mâtinée de romance, d’aventures et d’espionnage, sur une savoureuse bande originale composée par Henry “La Panthère Rose” Mancini (tellement "camp" et donc parfaitement dans le ton du film).

Je l’ai vu il y a fort fort fort longtemps, et je n’ai jamais eu l’occasion de le revoir !
Assez mythique dans mes souvenirs (faudrait peut être pas que je le revois)

En bonus, voici un extrait de l’adaptation en comic strip de Condorman, dessinée par l’excellent Russ Heath pour la collection des Disney’s Treasury of Classic Tales :

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