COURSE CONTRE L'ENFER (Jack Starrett)

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REALISATEUR

Jack Starrett

SCENARISTES

Lee Frost et Wes Bishop

DISTRIBUTION

Peter Fonda, Warren Oates, Loretta Swit, Lara Parker, R.G. Armstrong…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/horreur
Titre original : Race with the Devil
Année de production : 1975

Course contre l’enfer (Race with the devil en version originale), c’est de la pure série B, un croisement de plusieurs genres qui offre un spectacle nerveux servi par deux têtes d’affiches complices à la ville comme à l’écran.

Comme c’était souvent le cas à l’époque (suite aux succès des Anges Sauvages de Roger Corman en 1966 et surtout du Easy Rider de Dennis Hopper en 1969), Peter Fonda joue un motard, prénommé ici Roger (et cela permet de commencer le film à toute vitesse sur un circuit). Le robuste Warren Oates (La Horde Sauvage) est son frère Frank, lui aussi dans le milieu des deux roues puisqu’il tient un magasin de motos. Les deux hommes se connaissaient bien et ils ont tourné trois films ensemble, les deux autres étant le western L’Homme sans Frontières (la première des trois réalisations de Peter Fonda) et le méconnu 92 in the Shade (sorti la même année que Course contre l’Enfer).

Les deux frangins partent en vacances d’hiver avec leurs épouses respectives à bord du nouveau camping-car de Frank. Ils sillonnent les routes du Texas le temps d’une entrée en matière bucolique et enjouée. Mais lors d’un arrêt pour la nuit en pleine nature, l’ambiance change subitement. Roger et Frank assistent à distance à ce qui semble être une cérémonie rituelle. Au début (et parce qu’ils sont un peu éméchés), la situation les amuse…jusqu’à ce qu’une jeune femme soit sacrifiée sous leurs yeux. Ils sont alors repérés par les membres de la secte, la poursuite commence…

Le scénario bascule alors dans le “backwoods horror” (aussi appelé “redneck horror”), ce sous-genre du cinéma horrifique qui raconte des récits de survie qui prennent place dans des coins de campagne reculés. La première attaque du camping-car, en pleine nuit, est très efficace, tendue par la soudaineté de la situation et la mise en scène des assauts. Les deux couples vont ensuite prévenir la police (et on retrouve cette vieille baderne de R.G. Armstrong, un vétéran du western, ici en shérif comme c’était souvent le cas), mais ils ne sont pas vraiment pris au sérieux…

Roger et Frank décident de poursuivre leur voyage…mais la secte est à leurs trousses. La menace est dans un premier temps “désincarnée”, en se manifestant par d’abord par des messages inquiétants puis par des scènes-chocs bien ficelées. Le climat de paranoïa n’est pas totalement maîtrisé, l’interprétation est un chouïa inégale (notamment le jeu souvent décontracté de Peter Fonda qui détonne par moments) et l’ensemble aurait mérité d’être plus poisseux mais les rebondissements sont bien amenés et savent maintenir l’intérêt jusqu’aux morceaux de bravoure du dernier acte.

Ancien cascadeur devenu acteur (souvenez-vous de Galt dans Rambo) puis réalisateur (Les Machines du Diable, Dynamite Jones…), Jack Starrett a concocté pour le final une impressionnante course-poursuite en deux temps. Un festival de tôles froissées intense, spectaculaire et très bien filmé, point culminant d’une série B généreuse (ce qui fait sans problème oublier ses petits défauts) et rondement menée en à peine 85 minutes.