Je sais, tu m’avais répondu en MP à l’époque… 
ah bah j’avais oublié, pfiouuuu mémoire de fou que j’ai. bon ben désolé du HS.
Bah, un HS de un an et demi, ce n’est rien. 
Tiens, je viens tardivement de découvrir ce Statham-là, et je dois avouer que s’il reste au fond de moi une bonne dose de circonspection, due en grande partie au rythme lent (des péripéties, pas du montage) servant à mettre en exergue le parcours du personnage, je suis agréablement surpris voire emballé par plein d’autres aspects.
Bon, c’est un film de gens blessés, de personnages cassés qui se retapent tant bien que mal, souvent plutôt mal d’ailleurs. À l’image de la côte cassée dont il souffre au début du film, le héros (les héros, devrais-je dire) fait des choix contestables pour réparer ce qui lui déplaît dans sa vie.
En filigrane, c’est un film de vengeance. À la construction très troublante : plutôt que la traque en mode stalker ou la lente préparation à base d’entraînement répétitif et de tableau heuristique, le réalisateur choisit de montrer l’obsession de « Joe » dans son comportement, ses jeux de regards, ses colères et sa fuite en avant. De plus, il situe son personnage en dehors de l’action : il apprend le sort d’Isabel de loin, par ouïe-dire ou par le biais de documents qu’on lui apporte. Et sa vengeance ultime ne survient qu’à la toute fin, alors qu’on l’avait presque oubliée.
Entre-temps, le scénario s’amuse à jouer les fausses pistes : la fausse identité n’est pas l’occasion d’une enquête de police ou d’une bourde de vaudeville, l’histoire d’amour n’advient pas quand on l’attend, et quand elle survient, elle n’est pas la rédemption attendue, la porte de sortie espérée.
Rajoutons à cela des acteurs très impliqués, très expressifs, et un montage d’une grande subtilité. À l’image de cette flûte de champagne que la main de Joe ne parvient pas à rattraper et qui se brise, les plans insistent sur les paroles qui ont du mal à sortir, ou se closent quand les répliques attendues ne viennent pas, laissant les acteurs mutiques, littéralement bouche-bée dans cette suite de non-dits et de ratés. Toute cette dimension formelle est très réussie.
Rajoutons de bonnes chorégraphies de baston et une définition intéressante du traumatisme de guerre qui n’est calmé que dans l’alcool, et on obtient un film d’action réellement atypique, au rythme hésitant, presque titubant, tellement raccord avec les personnages rafistolés qu’il met en scène.
Jim