CRÉATION DE LA MAISON D’ÉDITION "EXEMPLAIRE"

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À propos du projet

Salut, je suis Lisa Mandel et avec d’autres autrices et auteurs de bande dessinée nous avons décidé de créer Exemplaire : une maison d’édition alternative qui remet l’artiste au centre de sa production.

Je fais de la bande dessinée depuis le début du siècle. Mes livres ont été édités par différents éditeurs mais cette année, j’ai décidé de publier seule mon dernier projet “Une année exemplaire”. Pourquoi l’autoédition? Par envie de découvrir les différentes facettes de la création d’un livre, mais aussi pour voir s’il serait possible financièrement d’en vivre… Car, pour ne rien vous cacher, la situation économique des autrices et auteurs de bande dessinée n’est pas reluisante.

Le constat

Nous, les autrices et auteurs, touchons 8 à 10 % de droits sur un livre. Pour vous donner une idée, quand vous achetez une bande dessinée à 15 euros, nous en récupérons 1€20. En livre jeunesse, les tarifs sont encore plus bas, autour de 6 % à se partager entre l’auteur et l’illustrateur. Il y a 30 ans, on vendait assez de livres pour que ce pourcentage nous suffise mais tout ça a changé. Aujourd’hui il y a 10 fois plus de nouveautés chaque mois, mais le nombre d’acheteurs, lui, n’a pas décuplé… La crise de la presse papier a en plus provoqué une chute dramatique des revenus générés par la pré-publication.
Conséquences : d’après l’étude effectuée en 2016 par les états généraux de la bande dessinée, 36 % de la profession vit en dessous du seuil de pauvreté. En 2017, le rapport racine confirme cette situation alarmante.

Le secteur de la bande dessinée ne s’est pourtant jamais aussi bien porté. Mais si les gros éditeurs vendent de plus en plus de livres, les auteurs, eux, en vendent de moins en moins. Je dis les « gros éditeurs » parce que les petits éditeurs indépendants sont souvent dans la même galère que nous, défendant de tout coeur les auteurs et gagnant aussi mal leur vie.

Mais revenons à notre auteur… Non seulement il est de plus en plus mal payé, mais en plus, au fil du temps, on lui a demandé de prendre en charge des tâches qu’il n’avait pas à gérer auparavant : scanner ses pages, les nettoyer, parfois s’occuper de la maquette… Mais aussi faire lui-même sa promo sur les réseaux sociaux… Résultat : beaucoup d’entre nous sont aujourd’hui capables de produire un livre de A à Z.

Néanmoins, “Une année exemplaire” m’a appris qu’il est difficile de faire un livre seule…j’ai réalisé qu’il faut une équipe d’experts pour garantir la réussite d’un tel projet. Direction artistique, correction orthographique, graphisme, maquette, suivi de fabrication, service après-vente, livraison, traduction en langues étrangères… Ces techniciens de la bande dessinée, pourtant indispensables à la réussite de l’ouvrage, sont invisibilisés, et eux aussi, sous-payés.

Le Projet

Ce constat en tête, j’ai décidé de m’associer avec Antoine, ingénieur en informatique. Epaulés par Benjamin, un expert-comptable passionné par les autrices et auteurs de bande dessinée, nous créons le concept des éditions “ EXEMPLAIRE ”. Exemplaire, c’est une structure éditoriale hybride - entre l’édition et l’auto-édition - ayant les principes suivants :

  • L’autrice/auteur reste au centre de sa production, avec de bien meilleurs droits , des contrats transparents et une totale maîtrise de son budget.
  • Chaque personne travaillant sur l’ouvrage, du correcteur au maquettiste en passant par le comptable, est rémunérée au pourcentage des ventes, en fonction de la tâche impartie.
  • Le nombre de livres imprimés sera évalué en fonction de la commande pour éviter la surproduction .
  • L’autrice/auteur décide de son niveau d’implication dans la chaîne de fabrication et son revenu évolue en fonction de celui-ci (veut-il stocker les livres chez lui ? S’occuper de la maquette ? Poster lui-même ? Gérer ou pas le service après-vente ?).

Rapidement, une dizaine d’autrices et d’auteurs se sont montrés motivés pour rejoindre le projet. Soulcié , Pochep , Anouk Ricard , Marc Dubuisson , Lucile Gomez , Guillaume Long , Sandrine Deloffre , Charles Berberian , Théo Grosjean , Aurelien Fernandez et Lisa Mandel (bien sûr). Tous sont partants pour produire un livre chez Exemplaire.

Nous avons également rassemblé des professionnels du monde du livre prêts à accompagner les auteurs et d’accord pour être rémunérés au pourcentage de vente.

L’autoédition a prouvé qu’on pouvait vivre en produisant son livre hors d’une structure éditoriale, les exemples de réussite individuelle sont de plus en plus nombreux. Chez Exemplaire , nous croyons que cette réussite peut devenir collective : en mutualisant nos coûts de production, en faisant une promotion solidaire de nos créations, en réfléchissant à des alternatives aux réseaux classiques de distribution…

Nous souhaitons aussi travailler main dans la main avec des librairies partenaires , indispensables pour promouvoir nos créations et les défendre au quotidien.

Chez Exemplaire, l’auteur touchera des droits en moyenne 4 à 5 fois supérieurs à ceux de l’édition classique, il ne cède ses droits que sur le livre, pour une durée maximale de 2 ans ou d’une réimpression.

Le site internet servira de :

  • Site de prévente (une option de prévente pour les libraires sera disponible avec une remise de 35 % et des frais de port préférentiels)
  • Librairie en ligne
  • Outil de production
  • Simplificateur de tâches.

En soutenant ce projet, vous soutenez non seulement une répartition plus juste des droits des artistes-auteurs , mais vous faites aussi un geste pour l’environnement, en évitant la surproduction d’ouvrages qui finiront par être détruits (la fameuse mise au pilon).

BISOUS

Les livres à venir

Les autrices/auteurs qui ont rejoint le projet vont chacun réaliser au moins un livre au sein d’Exemplaire. Chaque projet fera l’objet d’un financement participatif individuel à partir de 2021. La plupart de ces projets seront pré-publiés sur les réseaux sociaux.

Charles Berberian
Wah wah sera un comics trimestriel qui me permettra de continuer à écrire et dessiner des histoires courtes dans la tradition des 9 premiers numéros de l’Echo des Savanes de Bretécher, Gotlib et Mandryka.

Garage Deloffre
Films et séries sera la suite de l’ouvrage Contes et légendes , qui paraîtra lui en juin 2021. Le concept: de courtes BD humoristique rendant hommage à plusieurs chef-d’oeuvres du 7e Art, et de la télévision. Fight Club, Transformers, Buffy contre les vampires, ou encore King Kong seront abordés. Cet ouvrage sera un cri d’amour à la petite lucarne et au grand écran. Il sera doux au toucher.

Théo Grosjean
Étant donné que le webcomics l’homme le plus flippé du monde est né, a trouvé son public et s’est développé sur Instagram, il y a une certaine logique pour moi à revenir à un contact direct avec mon lectorat, c’est pour cette raison que j’aimerais beaucoup réaliser un récit autobiographique inédit avec Exemplaire

Marc Dubuisson
CHEH! Magazine reprendra mes strips d’actualité de l’année sous la forme d’un magazine/mook annuel d’environ 160 pages. Il sera agrémenté des rubriques que l’on retrouve habituellement dans les magazines : édito, jeux, horoscope et entrecoupé de fausses publicités.

Anouk Ricard
Manimal est un homme d’apparence très ordinaire, petit chauve moustachu qui cache à sa compagne ( une grenouille) sa double vie de super héros. Il peut se transformer en animal à sa guise pour résoudre des enquêtes et faire arrêter les méchants. C’est un projet d’histoires courtes humoristiques en BD, ponctué de peintures et autres surprises.

Aurélien Fernandez
Projet n°1: Les vacances de Fantôme-Fâché, cahier d’activités à remplir sur la plage cet été. Quizz, jeux, mots fléchés… le tout sur le thème du macabre et des tueurs en série ! Projet n°2: Fantôme-Fâché, compilation d’une série de strips postés sur instagram depuis 2019. On y suit la vie de Fantôme-Fâché, un fantôme meurtrier avec un sale caractère, et ses colocataires surnaturels.

Lucile Gomez
Je suis libre de tout faire donc Il me faut TOUT : Humour cinglant, blagues potaches ou tendre poésie, les livres de la série Il me faut TOUT seront des compilations de strips existants, de courts textes et de BD inédites.

Guillaume Long
Mon projet chez Exemplaire est de compiler la quasi-totalité de mes abécédaires gastronomiques que je dessine chaque année sur mon compte instagram, depuis 5 ans.
Le livre comprendra une centaine de dessins plus des inédits et grande première, ce sera mon premier ouvrage en couleur directe.

Lisa Mandel
À la folie sera une enquête de terrain sur le milieu de la psychiatrie alternative à Marseille, à la rencontre des nouveaux acteurs de la santé mentale. Au menu : constat de la situation actuelle, témoignage de personnes concernées par la maladie psychique, visites des squats et des lieux de vie…

Pochep
L’empire du babmington: L’auteur, toujours en quête d’une fontaine de jouvence, se lance imprudemment dans la pratique du badminton. Il se lance deux défis : Remporter un tournoi de badminton et entrer en contact avec les membres de BTS, le plus fameux groupe de K-pop du moment.

Soulcié
Mon projet est un recueil de dessins de presse que je publie toutes les semaines dans Marianne, l’Équipe, Télérama.fr, ou à l’occasion dans Fakir, CQFD, Alternatives économiques, Causette. Seule une centaine de dessins survivra à une sélection drastique! La période couverte sera grosso-modo le quinquennat Macron.

Tout ça, c’est très bien, et loin de moi l’envie de jouer les rabat-joie, mais…

… j’ai comme un doute, sur celui-là.

Il faudrait peut-être changer le titre pour être tranquille… non ?

Cette partie m’a bien fait rire.

Chaque personne travaillant sur l’ouvrage, du correcteur au maquettiste en passant par le comptable, est rémunérée au pourcentage des ventes, en fonction de la tâche impartie.

Donc, en gros, le pari que prend l’auteur, parce qu’il est indépendant dans l’âme et qu’il croit à son projet, on l’impose à tous les autres intervenants sur qui on peut faire pression (parce qu’on se doute bien que c’est impossible à imposer à l’imprimeur ou au papetier). Donc si ça marche, youpi, tout le monde est content (et encore…) mais si ça marche pas, on précarise tout le monde. Super.
Alors certes, le projet est porté par des passionnés, qui sont prêts à rogner sur leur confort personnel afin de partager les rêves des auteurs, mais personnellement j’y vois la possibilité de prendre une très mauvaise habitude. Et au-delà même des possibilités de dérives, c’est un raisonnement qui me paraît stupide. L’auteur prend un risque, c’est normal, il a choisi son indépendance et son statut. Il me plairait davantage de lire des propos qui défendent tous les statuts, y compris ceux d’un salarié ou d’un prestataire.

Jim

En fait, je me demandais si ça démarrait pas un peu comme à l’Association ?
(je ne connais pas bien l’histoire de cette maison d’édition)

Je me suis fait exactement la même réflexion…

Et la même réflexion que Jim aussi…

D’ailleurs, avant même de lire tout le post, le dessin m’a fait un peu réagir : « pour une plus grosse part du camembert », ça veut dire que les autres s’en partagent une plus petite, non ? Et comme, en plus, Lisa Mandel nous explique que le camembert en question est plus petit (en raison d’un choix de fromages plus grand)…

Ah, et le stockage chez l’auteur, je ne suis pas certain que ça convienne à beaucoup (sans même parler de l’envoi par ses soins ou du SAV ! : ça lui rajoute un sacré boulot… qui le précarise encore plus).

Tori.

Le mieux est de prendre une roue de Brie ou un bon Comté !

je crois que ça fait parti des licences dont les droits sont perdus dans un labyrinthe inextricable.

Je ne sais pas s’il y a eu de la pub quelque part, mais énorme coup de boost aujourd’hui.

Raconte un brin.

Jim

4 jours de campagne, 1010 contributeurs, plus de 35000 euros récoltés.
Et quand tu regardes un brin dans le détail, y en a un paquet dans les 2-3 dernières heures.

ou ActuaLitté :

Je penche pour Cnews.

Tori.

Quand tu regardes l’heure, ça correspond.

Hé bien j’espère que cette maison d’édition « équitable » aura la bonne idée de publier des auteurs qui « vivent sous le seuil de pauvreté » et appartiennent à ces fameux 36% brandis dans l’argumentation. Parce que bon, je suis pas sûr que Lisa Mandel ou Charles Berberian aient besoin d’un coup de main.

Jim

Ça doit aller pour Anouk Ricard également…

Tori.

Salut, sans noms réputés pas d’audience au départ :wink:

Pourquoi crois-tu que je mets la phrase au futur ?

Jim