CRIMINAL : 10TH ANNIVERSARY SPECIAL (Brubaker / Philips)

Le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Sean Philips (The Fade Out) s’apprêtent à fêter les 10 ans de leur série Criminal à l’occasion d’un numéro spécial qui paraitra chez Image Comics le 13 avril prochain.

L’histoire ramène le lecteur dans le passé de Teeg & Tracy Lawless, le duo père/fils voyageant inlassablement sur les routes américaines pour échapper aux innombrables ennemis de Teeg. Un voyage vu à travers les yeux du jeune garçon de 12 ans, véritable challenge si l’on en croit l’artiste Sean Philips.

En complément, le numéro comprendra un “faux” comic-book sur un loup-garou adepte des art-martiaux “dans la veine des revues de Kung-Fu publiées dans les années 70”. Un genre qu’avait déjà touché du doigt le scénariste Ed Brubaker lors de son passage éclaire sur la série Immortal Iron Fist avec Matt Fraction et David Aja.

Criminal : 10th Anniversary Special paraitra aussi dans un format magazine sous une couverture Deadly Hands of Criminal créée à cette effet.

Lien
Le site de l’éditeur : imagecomics.com

Ça ne pouvait tomber mieux (pense-je égoïstement), je suis en pleine redécouverte/découverte de Brubaker (et en pleine lecture de livres/essais sur le polar hard-boiled et le roman/cinéma noir). :smiley:

Et les années 70 sont l’une de mes périodes favorites en matière de comic books. Sans parler du kung-fu. :wink:

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[quote]Criminal 10th Anniversary Special #1

Story by
Ed Brubaker
Art by
Sean Phillips
Colors by
Elizabeth Breitweiser
Cover by
Sean Phillips
Publisher
Image Comics

Cover Price:
$5.99
Release Date
Apr 20th, 2016

It’s been ten years since BRUBAKER and PHILLIPS’ launched their hit series and to celebrate they’re returning to the world of CRIMINAL for one of their darkest and strangest tales yet. Teeg and Tracy Lawless co-star in this one-shot, a twisted 70s noir about a father and son on the run. Also includes articles, illustrations, and behind-thescenes extras.
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Source : www.comicbookresources.com

Que nous conseilles-tu ?

Jim

[quote=“Jim Lainé”]

et le roman/cinéma noir).

Que nous conseilles-tu ?

Jim[/quote]

Je peux donner quelques titres que j’ai à portée de main :

La fin d’un bluff de Thomas Narcejac, c’est un essai à charge mais **Narcejac **fait de belles analyses et il a été publié en 1949 (ce qui de mon point de vue augmente son intérêt), la revue Europe a publié en 1984 un très très bon dossier sur Le Roman noir américain, Les Temps Modernes ont consacré un dossier au sujet (n°595/octobre 1997).
On peut aussi lire Le Film noir de Jean-Pierre Esquenazi.
Très très bon.

Pour les romans j’ai découvert via l’adaptation en BD d’un de ses romans (Pour en savoir +) **Daniel Woodrell **, dans le domaine du country noir, c’est un chef.
On peut commencer par son recueil de nouvelles : **Manuel du hors-la-loi **(Rivage/Noir) en poche).

Voilà ce qui me vient à l’esprit immédiatement. :wink:

Hé bien c’est super, des tas de pistes à creuser.
Merci.

Jim

Tiens, Arte a passé en mars une série en trois volets, Code(s) Polar, qui s’interroge sur ce genre; notamment les figures, les environnements et les mécaniques qui en font partie:

Merci Benoît, n’ayant pas la téloche je passe, plus souvent qu’à mon tour à côté de ce genre de chose (Je vais regarder ça ce soir). :wink:

Cool j’aime beaucoup cette série, content de voir le duo se remettre dessus

[quote=“Benoît”]…]
Tiens, Arte a passé en mars une série en trois volets, Code(s) Polar, qui s’interroge sur ce genre; notamment les figures, les environnements et les mécaniques qui en font partie:

…][/quote]

Trois documentaires plutôt bien fait, avec des intervenant venant du cinéma, de la BD, des jeux vidéos et bien sûr de la littérature, et de différents pays ; bref on ne s’ennuie pas une minutes.

Seul le distingo entre les différentes formes de “polars” n’est, de mon point de vue, pas assez souligné ; mais quelqu’un qui après cette “trilogie” voudrait s’y mettre sans n’en avoir rien su avant, arriverait à connaitre assez rapidement ses domaines de prédilection et à en reconnaître les genres “subalternes”.

Encore merci Benoît.

Dans le même ordre d’idées, Mauvais genre a concocté une émission spéciale au moment du festival des Quais du polar 2016 avec des entretiens de François Guérif, David Peace et William Boyle. Voici le sommaire de l’émission pour se faire une idée:

"]*Fondées en 1986 par François Guérif, les collections Rivages/noir et Rivages thriller ont acquis, avec la découverte d’auteurs comme James Ellroy, James Lee Burke, Denis Lehane ou David Peace et la redécouverte de figures-clé du roman noir comme Donald Westlake, Jim Thompson et David Goodis, un statut unique dans la littérature noire, tout à la fois vivier ardent et musée imaginaire.

À l’occasion de leurs trente ans d’existence, dans le cadre des Quais du polar, Festival international des littératures policières de Lyon, Mauvais genres reviendra, avec François Guérif, grand sourcier des littératures de l’ombre, sur trente de d’éditions, de découvertes et d’amitiés.

Avec des archives trouvées par Céline du Chéné et les voix de Jean-Paul Gratias, traducteur, et d’un collectionneur des éditions Rivages, tous deux au micro de Céline du Chéné. Où l’on apprend comment une séance de dissection en médecine mène à James Ellroy, une nuit dans le métro…*

[quote=“artemus dada”]
Seul le distingo entre les différentes formes de “polars” n’est, de mon point de vue, pas assez souligné [/quote]

J’étais tombé il y a longtemps sur une distinction en trois parties, qui me semblait intéressante. Je n’ai jamais retrouvé la source où j’avais lu ça pour la première fois, mais je trouvais ça pas mal, et j’avais utilisé le truc dans un article pour Scarce, il y a bien longtemps.
En gros, selon cette distinction, il y a trois sortes de romans “policiers” : le roman de l’enquêteur, le roman du criminel et le roman de la victime (en gros, je crois que ça correspondait à whodunit, noir et thriller, mais je ne sais plus, peut-être qu’il mettait des étiquettes un poil différentes).
À partir de cette distinction, on obtient des jeux de combinaisons possibles assez larges (l’enquêteur est peut-être aussi un criminel, le criminel est peut-être aussi une victime, le roman peut offrir plusieurs points de vue…).
Mais je trouve ça pas mal, comme base de réflexion.

Jim

Intéressant !

[quote=“Jim Lainé”]

Oui c’est aussi ce que je pense, c’est une bonne base pour discuter.

Dire de quoi on parle, et en discuter à partir de définitions qui ne font pas forcément l’unanimité mais permettent de circonscrire la discussion afin d’éviter que ça ne parte dans tous les sens.
On peut par ailleurs affiner, etc.

On peut aussi contredire, à condition de proposer une autre piste.
Je me souviens du passage de Chelebourg (chez Mauvais Genres, je crois), dans le cadre de la promotion de son bouquin sur les écofictions. Je n’ai pas encore lu son bouquin (le temps passe trop vite), mais si j’ai bien compris il avait proposé sa définition des écofictions, comme figure narrative de terreur remplaçant la terreur du nucléaire. En ce sens, il devient logique que les écofictions apparaissent, dans la définition de Chelebourg, à la fin des années 1980 ou au début des années 1990. Mais quelqu’un (Jean-Baptiste Thoret, je crois), n’était pas d’accord, ce qui en soit est légitime. Mais plutôt que de proposer une définition élargie (par exemple sur le critère Guerre froide : au fur et à mesure que les relations se réchauffent, le glissement de sens d’une terreur nucléaire à une terreur écologique s’opère), il s’est échiné durant l’émission à asséner des contre-exemples à Chelebourg. J’ai trouvé la posture un peu facile : quand un gars définit les limites de son champ d’application, il fait un premier pas vers la clarté, et si on n’est pas d’accord, il faut redéfinir ce champ clairement aussi.

Pour en revenir au cadre défini plus haut (diable, faudrait quand même que je retrouve ma source), je trouve ça assez efficace, parce que cela permet de mettre en lumière les variations. Le Meurtre de Roger Ackroyd, dont le narrateur est un témoin du travail de l’enquêteur, donne l’impression d’échapper à cette division. Et pourtant non. Les Dix petits nègres, est-ce un roman de la victime (structure un brin slasher) ou du criminel ? Et d’ailleurs, dans ce cas, il faut passer au pluriel. Pareil pour Le Crime de l’Orient-Express, qui pose également la question du rapport entre criminel et victime. Et La Mémoire dans la peau ou XIII, est-ce que ce ne sont pas des récits où criminel, enquêteur et victime sont confondus ? Les récits de vengeance, qui constituent une part non négligeable du corpus (quasiment tout Mickey Spillane tourne autour, mais c’est bien présent aussi chez Goodis, chez Westlake, chez Collins…), permettent de mélanger les statuts.
Enfin, je crois aussi que c’est une bonne clé pour analyser les techniques littéraires. Notamment toutes les affaires de focalisation. Qui est le narrateur ? Quelle voix entend-on ? À quelle personne et à quel temps est écrit le récit ? Si on garde à l’esprit cette division, il me semble qu’on voit plus de choses.

Jim

[quote=“Jim Lainé”]
Enfin, je crois aussi que c’est une bonne clé pour analyser les techniques littéraires. Notamment toutes les affaires de focalisation. Qui est le narrateur ? Quelle voix entend-on ? À quelle personne et à quel temps est écrit le récit ? Si on garde à l’esprit cette division, il me semble qu’on voit plus de choses.

Jim[/quote]

Et la quatrième personne, l’omniscient qui raconte. Tu mets ça où en polar ? (je n’ai pas d’exemple en tête à te proposer)

Tu m’enlèves les mots de la bouche.

[quote=“soyouz”]
Et la quatrième personne, l’omniscient qui raconte. Tu mets ça où en polar ? (je n’ai pas d’exemple en tête à te proposer)[/quote]

C’est la troisième personne, ça.
Je, tu, il. Il n’y a pas de quatrième personne (en français, en tout cas).
Ça peut être retors, la troisième personne. La narration peut très bien dire “il” tout en étant focalisée sur un personnage observateur.

Jim

Pardon, je disais 4ème personne vis à vis de ce que tu disais : “En gros, selon cette distinction, il y a trois sortes de romans “policiers” : le roman de l’enquêteur, le roman du criminel et le roman de la victime”

Ah oui pardon.
Hé bien moi non plus, je ne vois pas d’exemple qui sorte du schéma. Ce qui ne veut pas dire que ça n’existe pas, je suis loin d’avoir lu suffisamment pour couvrir tout le spectre. Mais un roman policier où le narrateur / personnage principal serait un simple observateur, qui n’enquête pas, n’est pas victime est n’est pas coupable, je crains qu’il manque de suspense. Voire de pouvoir d’identification. Mais ce n’est pas impossible, cela dit, dans l’absolu.

Jim