







Le scénariste Thierry Cailleteau, est décédé :
Jim
Denis Bajram sur son compte LinkedIn le 26 octobre 2025 :
DÉDICACE À VOYAGER DANS LE TEMPS
J’ai déjà longuement expliqué pourquoi je ne fais plus de séances de dédicaces dessinées depuis près de 20 ans. C’est lors d’un festival de Saint-Malo que j’avais craqué, après la remarque de trop d’un collectionneur, qui, au loin dans la file d’attente, avait beuglé un « Ca y est, il recommence à discuter » alors que, enfin, j’avais devant moi un lecteur qui me posait des questions au lieu de juste attendre son petit dessin et sa petite signature. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, mais ce n’était pas la raison fondamentalement pour laquelle j’ai arrêté. Je pense surtout, et plus aujourd’hui encore qu’hier, que la séance de dédicaces est une assez mauvaise manière de promouvoir la BD
voir ici :
Bref, hier, à ce même festival de Saint-Malo, j’accompagnais, avec Valérie Mangin, l’excellent Stéphane Perger pour sa séance de dédicaces sur notre série Tanis quand un lecteur s’approcha, un peu gêné. Il m’expliqua qu’il rêvait depuis très longtemps d’avoir une dédicace en couleur de ma main, mais qu’il n’avait jamais pu, car j’avais arrêté avant qu’il ne fréquente un peu plus assidument les festivals. Puis il me sortit un tome 1 de Cryozone, mon premier album, publié en 1996. Il m’expliqua qu’il avait racheté cet album parce qu’il avait une particularité, la dédicace n’était pas nominative. Il me demanda, avec grande prudence, si je pouvais la mettre à son nom. Notre lecteur était assez stressé, se demandant sans doute comment j’allais réagir en voyant une de mes dédicaces revendues réapparaitre à ma table.
J’ai au contraire été touché de voir revenir ce petit morceau du passé, d’un passé où je n’avais pas encore compris que quand on me demandait une dédicace sans nom dessus, c’était pour la revendre, quand je n’avais pas encore compris que certains étaient là juste pour faire leurs petits business sur le dos d’un jeune artiste totalement fauché. Mais je n’ai pas ressenti de rancœur. J’ai au contraire eu l’étrange impression que, finalement, j’avais fait ce dessin à l’époque pour qu’il puisse faire le bonheur d’un vrai amateur aujourd’hui. Comme si j’étais monté dans une machine à voyager dans le temps, retourné trente ans en arrière faire cette petite peinture, puis revenu dans le présent pour, enfin, pouvoir poser dessus le nom de son véritable destinataire. On se croirait presque dans Universal War, non ?
Jim
C’est beau. Vraiment
C’est touchant.
Ah, je ne connaissais pas le déclencheur précis, mais purée, il y a vraiment des gens cons, quand même…
Je suis content d’avoir pu voir une dédicace de Bajram se réaliser devant moi, il y a bien longtemps. C’était assez impressionnant.
Elle n’était pas pour moi, mais j’en garde le souvenir. Moi, je discutais avec lui sans rien avoir à lui faire dédicacer !
Tori.
Alain Henriet m’a raconté un truc à peu près similaire (un lecteur dans la file qui, en gros, a dit « j’espère qu’il va vite, parce que ça fait une heure que j’attends debout » : de mémoire, Alain s’est levé, lui a racheté l’album et lui a demandé de quitter la file). Mauricet aussi a vécu un truc bizarre : un lecteur qui demandait une illustration complexe. Momo lui a expliqué qu’une dédicace, c’est une case, en gros, et que faire des cases, c’est un métier : est-ce qu’il demanderait un paragraphe ou un chapitre à un écrivain ?
Voilà.
Jim
Moi, je l’aurais laissé faire la queue, et lui aurait dit, son tour arrivé, qu’il n’aurait pas de dédicace.
Tori.
Le coup des dédicaces sans nom, on en voit encore passer. Il me semble qu’on en a eu une, Jay et moi, pour Super-Soldat, il y a un an ou deux. On a dit au gars que soit il nous donnait un nom, soit on gardait l’exemplaire et il se débrouillait avec le libraire.
Quand même, quel culot.
Jim
Alors que moi, à Angoulême, j’ai été déçu d’avoir des dédicaces où mon nom n’apparaît pas…
Tori.
Ouais pareil.
Je me souviens avoir demandé à Kuper d’ajouter mon nom.
Moi, c’était Shintarō Kago. Il ne m’a pas adressé un regard, a pris mes bouquins, les a signés et me les a rendus. Fin de la rencontre.
Moins d’une minute au total pour trois bouquins, aucune interaction.
Vraiment décevant.
Heureusement qu’il y avait d’autres auteurs/stands qui m’intéressaient.
Tori.



