Popopopop, arrêtons nous là deux secondes.
c’est que c’est du bon ce Dakota 1880, où du mauvais tout dépend de ce que l’on cherche.
Commençons par l’option mauvais. C’est simplement un mauvais Lucky Luke, même vu par. Soyons honnête, on y retrouve rien de Luke, hormis sa légende de tireur émérite, ça aurait pu être n’importe quel autre nom ça n’aurais rien changé. Les fans qui veulent du classique, désolé, c’est pas du bon.
Mais pour les autres attention, c’est du bon. 7 histoires qui vont se passer et qui sont plutôt 7 rencontres entre Luke et les personnes qui prennent la diligence où il bosse, le tout en plein hiver. Il y a une ambiance folle qui se dégage des planches de Brüno et je dirais même que c’est fortement dû à la couleur, très forte et présente dans le bon sens. J’aime que l’on voit aussi un Luke très différent, taciturne, qui fais les concours de tir, qui peut parfois être très dur, mais qui est aussi absent des histoires où en retrait comme une ombre planant. On y retrouve de petites histoires classique de l’ouest mais pas en version fantasmé, comme si Appollo avait voulu donner un ton et des histoires résolument authentiques.
Je pensais pas aimé et en fait c’est la petite baffe que j’avais pas vu.
Je suis les histoires dans Spirou, et j’en arrive à une conclusion voisine de la tienne. Ce qui fait que je ne suis pas réellement convaincu. Peut-être la lecture en album fonctionne-t-elle mieux. Mais je ne sais pas si je suis pressé de lire cette « version longue ».
Jim
Oui, je trouve que la lecture en épisodes est adaptée. J’ai peur d’y perdre quelque chose en album.
Tori.
j’ai pa lu en épisode, j’ai lu que la version album.
J’ai finalement pris l’album, même si j’étais moyen emballé par les cinq histoires prépubliées dans Spirou : je les trouvais sympa, mais il me manquait quelque chose, une chute, un fil rouge plus apparent, un propos plus affirmé.
Dans la configuration de l’album, avec une introduction, une conclusion, l’insertion de deux récits pas prépubliés (« Averse », qui évoque la place des femmes dans les corps expéditionnaires de l’Ouest lointain, et « Brasier », qui montre une facette plus « justicier » de notre héros, avec là aussi une réflexion sur la place de la femme dans l’Amérique des pionniers), ça passe mieux. Il y a une évidente volonté de déconstruction du mythe, de déglamorisation de l’Ouest, et c’est pas mal.
Il y a aussi une belle construction des voix off et ce genre de mécanismes. Parfois, on s’y perd un peu, parce qu’il n’y a ni italiques ni guillemets (dans « Plus vite que son ombre », on ne sait plus qui parle, de Luke ou de Hank), mais il y a un rythme intéressant créé par les transitions entre dialogues, voix off et commentaires. La première histoire est assez remarquable à ce titre.
Autre morceau remarquable de l’album, la postface, qui donne la parole à un historien, Gustav Frankenbaum, qui évoque Baldwin Chenier, compagnon de route de Luke dans l’album et futur écrivain. Ces deux pages s’inscrivent dans la tradition des évocations historiques que Goscinny plaçait dans les albums, mais là, on se doute qu’il s’agit d’un faux (et la dernière question de l’interview contribue à lever le voile). C’est très bien fait, jusqu’aux couvertures de pulps très intrigantes. C’est sans doute ce segment qui donne à l’album son fil rouge, son propos, sa cohésion : conférer une crédibilité littéraire à Lucky Luke, qui aurait bel et bien existé, et parler de la manière dont l’imaginaire réécrit l’histoire.
Jim
Grrr…
Tori.
Héhéhéhéhé.
Deux récits qui sont moins « spirouesques », le premier parce qu’il est gris et immobile (les personnages attendent sous l’averse), le second parce qu’il montre à Luke plus teigneux et moins souriant, loin de l’image classique.
Jim
Huberty & Breyne : BRÜNO Dakota 1880
Vernissage Jeudi 26 mars 2026 à partir de 18h en présence de l’artiste
Exposition Du vendredi 27 mars au samedi 25 avril 2026
Appollo et Brüno se connaissent bien. Ensemble, ils ont signé un récit de science-fiction, Biotope, des récits sur la musique, ou encore plus récemment T’Zée, une relecture de Phèdre transposée dans un pays africain imaginaire. Il y a trois ans, le rédacteur en chef du magazine Spirou leur propose d’imaginer une histoire courte en hommage à Lucky Luke où ils pourraient donner leur propre vision du célèbre cowboy solitaire. De fil en aiguille, les idées se bousculent et donnent naissance, en octobre dernier, à un album complet composé d’épisodes :
Dakota 1880, paru chez Lucky Comics.Cet hommage remporte un succès immédiat tant auprès du public que de la critique. Il faut dire que l’univers de Morris, inspiré des grands espaces américains et du cinéma hollywoodien des années 1930 à 1950 sied particulièrement bien à Brüno. Il peut y déployer son sens du cadrage, de la composition des pages, et y coucher son encrage tranché si distinctif. Cette exposition est l’occasion unique de découvrir la manière très libre dont Brüno s’y est pris pour composer ses planches de bande dessinée, traitant chaque image de manière singulière tout en les pensant comme faisant partie d’un tout. Enfin, cet univers faisant appel au 7ème art, autre médium cher à l’artiste, on pourra également découvrir aux murs de la galerie Huberty & Breyne, espace Paris | Matignon, une série d’illustrations particulièrement marquantes et inspirantes car inspirées.







