
Bang !
Je commence la deuxième saison de Daredevil. Je passe le premier épisode introductif qui n’a vraiment d’intérêt que pour sa conclusion. Une première rencontre entre Daredevil et le Punisher, si tôt, c’est déjà une bonne surprise. C’est un peu une manière pour les producteurs de clamer qu’ils ne vont pas faire monter la sauce patiemment comme l’année dernière.
Moi qui a été très vite refroidi par la première saison (la faute à ce manche de Steven DeKnight) et, ce, malgré les deux premiers épisodes que je trouve très efficaces dans leur sobriété, c’est déjà un aveu de confiance.
Mais ce deuxième épisode, il dépouille pas mal les appréhensions que je pouvais avoir l’année dernière. Déjà, ça parle avocat, il y a du jargon, du blabla d’encravatés, on passe des accords, bref, on s’intéresse enfin à la vie au jour le jour de nos protagonistes. Pire, Foggy, ce grand incapable, se révèle être un avocat coriace, un mec qui a la dent dure. Les personnages gagnent en épaisseur, c’est déjà ça de gagné.
Ensuite, on s’attaque directement au pouvoir de Matt Murdock, et donc à son coté faillible. Je ne vais pas révéler la scène en question ici, mais il y a un joli passage qui vaut le coup d’œil. Il prouve que la série compte pousser le personnage dans ses retranchements. C’est pas un mal.
Il y a aussi une scène assez formidable du Punisher qui résume sa croisade sans mot dit. Il entre dans un petit bouge tenu par un nazi qui rachète apparemment le contenu de sacs volés contre de la drogue Jusqu’ici, le Punisher n’en a cure. En tout cas jusqu’à ce que le gars lui propose du porno pédophile après avoir insisté lourdement. Il se retourne. Attrape une batte de baseball et…
Je ne suis pas un grand fan de l’acteur Jon Berthal. Il fait la gueule. Il roule des mécaniques. Je ne l’ai jamais trouvé très intéressant, personnellement. Mais force est de constater que le rôle du Punisher semble taillé pour lui. Il offre une belle démarche au personnage, mi-soldat, mi-éclopé rouillé.
Il faut noter aussi qu’on a affaire à un Punisher très violent, peut être même plus que dans les comics. Le genre de mec qui pend des mexicains sur les crochets d’un boucher, juste pour le plaisir. Un poil malsain.
Pour finir, la série gagne en dynamisme. On a un univers qui se crée et s’auto-alimente. On retrouve, par exemple, l’excellent Melvin Potter lorsqu’il s’agit de retravailler le costume ; le jeune policier dont le nom m’échappe pour les affaires officielles ; ou Turk pour les informations en sous-main. C’est pas mal, ça offre une cohésion, un univers à part entière.
Un univers qui fait d’ailleurs moins appel aux lumières artificielles (en tout cas en plein jour), ce qui atténue un peu cette atmosphère exagérée de « film noir » (ainsi que les laideur de certains personnages).
C’est toujours pas une série de haute volée, les combats sont pas toujours bien réglés, mais on voit bien que les nouveaux showrunners tentent de faire bouger les choses. C’est rapide (deux épisodes, deux rencontres Punisher/Daredevil), avec plein de petites saynètes bien senties. Reste plus qu’à surprendre (une relation entre certains policiers et le Punisher ?) et à ne pas trop se répéter.
Je le dis depuis au moins quatre ans : "le problème des séries Netflix, c’est qu’ils peaufinent leur lancement au détail près sans se soucier de la suite".
Encore une fois ?