DEMAIN LA RAGE (Nicolas Bazin)

Damien est un monstre. Un homme calme au passé violent et une créature de cauchemar en puissance. Après sa mort dans un accident de voiture un homme mystérieux lui propose un sursis pour sauver sa famille… mais à quel prix ?

En acceptant ce pacte, Damien s’offre une seconde chance où il pourrait faire les choses autrement. Pour les autres, pour sa femme et ses enfants, à la condition de se faire implanter une petite pyramide noire qui stockera sa rage avant de l’expédier dans une guerre qui dépasse l’humanité…

Pour son premier livre Nicolas Bazin propose un album de science fiction puissant entre dystopie façon Black Mirror et dark fantasy ; porté par un style graphique entre Andrea Sorrentino (Batman Imposter, Gideon Falls) pour les ambiances & Kentaro Miura (Berserk) pour les créatures.

Ce titre aborde des problématiques sociétales comme les violences conjugales dans un récit mêlant anticipation & guerre cosmique. Un one-shot bouillonnant qui invite à plusieurs lectures.

Editeur Bubble éditions
Date de parution 15 juin 2023
N°ISBN 9782956991595
Nombre de pages 160
Format 20.3 x 28.5 cm
Prix 22 euros

S’il dessine depuis toujours, Nicolas Bazin emmagasine les références et les inspirations à travers de nombreuses lectures : romans SF, fantasy, polar, BD, comics, manga… entre ses études de commerce, de langue orientale (japonais) et ses expériences de libraire puis dans l’enseignement.

Fan inconsidéré de Doctor Who : le voyage dans le temps, le futur très très lointain, l’humour anglais… mais aussi de Neil Gaiman, Jeff Lemire, James Tynion IV, Andrea Sorrentino, James Harren, Daniel Warren Jonhson Kentaro Miura, Junji Ito, David Cronenberg, Christopher Nolan, Lovecraft, Jean Ray, Brian Stableford. Nicolas garde toujours le dessin en toile de fond, en filigrane de toutes ses activités. C’est devenu une occupation plus sérieuse pendant l’inktober de 2019 et, juste après, l’envie de raconter quelque chose s’est mêlée à cet appétit graphique.

Rapidement, la trame de Demain la rage s’est dessinée elle aussi. Pièce par pièce, comme un puzzle qui aura demandé 2 ans et demi de travail essentiellement nocturne, en parallèle de son travail de jour, pour être résolu.

Extrait :

Jim

Ah tiens, je découvre que l’auteur est normand. Bon, de la Seine Maritime, donc presque un parigot, mais… un Normand tout de même.

Jim

On ne le verra donc pas Bretagne…

Va savoir : il aime peut-être le risque.

Jim

Etrange album, qui sort vraiment de l’ordinaire. On n’est pas du tout dans l’académique, à la fois dans la mise en page et dans la narration. Mais pour autant, ça fonctionne (enfin, du moins, avec moi), mais ça demanderait quand même que des spécialistes de la BD s’y penche un peu.
Parce qu’en plus, il joue avec la temporalité, alternant le réel de l’aspect SF, des retours en arrière avec du présent, et puis même un décalage entre l’image et le texte.
Je l’ai lu d’une traite ce matin, et je pense que c’est mieux de le faire comme ça.
En tout cas, le thème ne se cache pas derrière des métaphores, c’est clairement dit, et si l’aspect futuriste n’est pas très clair sur l’enjeu (peut être volontairement, pour que le lecteur se concentre sur l’objectif de ce bouquin), c’est sans faux-semblants pour les parties du présent et du passé. Ce qui n’est pas plus mal, vu le jeu autour de narration.

Le dessin me semble assez réaliste, avec beaucoup de traits, mais sans que ça fasse charger pour autant. Je trouve que c’est assez précis et les « monstres » font bien monstre, sans être monstrueux à mes yeux.

Je ne sais pas si j’ai aimé. Mais cette BD ne m’a pas laissé insensible.

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