DERNIÈRES LECTURES COMICS

Ouais, c’est plutôt pas mal, graphiquement, élégant, limpide, bien composé.
C’est foisonnant, les productions Doctor Who, j’ai pas encore osé m’aventurer bien loin, à part quelques traductions que j’ai prises en fonction des auteurs.
Merci pour toutes ces infos.

Jim

Quand Titans Comics s’était lancé il y a quelques années, avec des séries sur les Docteurs contemporains, j’avais beaucoup aimé celle sur le 11e, au graphisme irrégulier mais au scénario excellent.

Oui, j’ai lu tes commentaires, effectivement.
Vu de l’extérieur, c’est un peu foisonnant, on sait pas trop où donner de la tête.

Jim

Oui, la partie graphique c’est souvent le principal défaut. Sur ce que j’ai lu, les comics de Titan sont mieux écrits que les IDW mais niveau dessin, ce n’est pas toujours ça. C’est beaucoup plus régulier et agréable à l’oeil du côté des comics anglais…

Oui, c’est bien dommage.

Et il y a de la matière, hein !

C’est vraiment frustrant de voir tout ce qu’il y a et de voir que ça ne franchit pas la Manche.

Tori.

Dans les pérégrinations récentes sur la toile afin d’identifier ce qui est disponible (et par qui, et chez qui, et tutti quanti…) autour du bon docteur, je découvre l’existence de deux fascicules publiés par IDW en 2008 : Grant Morrison’s Doctor Who.

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Ces deux numéros compilent ce qui semble être le corpus morrisonien lié au personnage spatio-temporel de la BBC, soit six épisodes au total. Les aventures concernent le sixième et le septième Docteurs, ont été publiées dans Doctor Who Magazine entre 1986 et 1988 (donc peu de temps avant l’explosion de Morrison chez DC) et, si mes informations sont bonnes, ont été mises en couleurs pour les réimpressions américaines (mais je ne suis pas sûr concernant ce dernier point). Enfin, les histoires sont également disponibles dans la collection de recueils américains Doctor Who Classics (en l’occurrence les troisième, septième et huitième tomes), ce qui me fait penser qu’il faudrait que je complète, tiens.

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Le premier numéro propose une histoire en deux parties, « Changes », dessinée par John Ridgway. L’intrigue commence alors que Peri Brown découvre les trésors cachés (enfin, entassés, plutôt) dans le TARDIS. Pendant ce temps, le Docteur se lance à la chasse au passager clandestin, car un intrus se trouve dans le vaisseau.

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Fidèle à ses techniques de compression qui feront sa gloire par la suite, Morrison assène des informations en rafale, jouant sur le fait qu’un des personnages écoute à moitié. On est proprement in medias res, mais l’effet est très discret. Il utilise de la même manière les dialogues de Frobisher (le « pingouin ») afin d’informer que ce dernier a retrouvé ses pouvoirs métamorphes, mais s’arrange pour que l’effet narratif important (une ellipse après une bande entièrement silencieuse) l’emporte dans l’économie de la planche.

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Et voilà donc Peri et Frobisher en vadrouille dans le TARDIS. Les explorations du vaisseau sont toujours une occasion de proposer des intrigues amusantes, d’autant qu’on entre à pieds joints dans la logique de « courses de couloirs » propre à la série.

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Bien entendu, Peri se perd dans les mondes que contient le TARDIS, occasion pour Ridgway de s’en donner à cœur-joie. Et elle finit par tomber sur l’intrus… qui s’avère lui-même être un métamorphe copiant l’apparence des gens qu’il observe.

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Morrison s’amuse avec des dialogues à double sens ou des répliques décalées qui conviennent si bien au personnage et à ses compagnons. L’épisode laisse Peri en apparent danger face à l’intrus qui arrive derrière elle, mais le scénariste, dès le début du chapitre suivant, prend le lecteur par surprise en dupliquant la jeune femme sous les yeux du Docteur.

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Tout à sa narration, Morrison est parvenu à faire visiter le « zoo » du Docteur, à en expliquer la fonction (trouver des environnements accueillants pour les espèces en danger), à identifier le passager clandestin (une kymbra chimera, autre espèce métamorphe) et à connecter ce dernier à l’espèce des Whifferdill à laquelle appartient Frobisher (ce qui n’est pas du goût de ce dernier).

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Le récit en deux parties se conclut sur un combat entre les deux métamorphes tandis que le Docteur tente de faire fonctionner un appareil qui, comme souvent dans le TARDIS, ne fonctionne pas vraiment.

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Ce premier numéro est complété par une histoire courte, « Culture Shock! », dessinée par un jeune Bryan Hitch.

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L’intrigue est double, montée en alternance : d’un côté, des fourmis cybernétiques infectent « la culture », une civilisation de créatures semblables à des poulpes, afin de s’y reproduire, tandis que de l’autre, le (septième) Docteur, un peu découragé par ses errances, songe à retourner sur Gallifrey.

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La rencontre entre la Culture et le Docteur est donc imminente. Morrison, qui joue là aussi sur les mots (il invente par exemple le terme « syntelligence » qui définit une sorte de pensée collective), offre aussi une variation sur le nom du Docteur. Le héros est en effet confronté à une maladie, une infection, un virus (représenté par les sortes de fourmis du début). Et en tant que Docteur, face à un virus, il… invente un vaccin.

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On retrouve ici un thème récurrent chez Morrison, celui de l’identité collective, menacée par une invasion à la fois physique et mentale (c’est Starro dans JLA, c’est Darkseid dans JLA ou dans Final Crisis, c’est l’invasion extraterrestre dans Seven Soldiers…).

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Et les deux auteurs quittent, dans la dernière page, le Docteur qui a retrouvé le goût de l’aventure grâce à cette intervention médicale qui lui a permis de sauver une civilisation entière.

Jim

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Et peu avant l’annulation initiale de la série tv, aussi.
Merci du billet !

Dans les numéros 118,119, 127, 128, 129 et 139.
Le premier numéro d’IDW reprend les 118, 119 et 139 (donc les histoires Changes et Culture shock!) et le deuxième reprend les numéros 128 à 129 (l’histoire The World shapers)… Ils ont mis le 139 dans le premier numéro afin que le cycle de trois numéros ne soit pas coupé.

Il semble bien.
Même le recueil précédent, publié par Panini (qui reprenait les histoires parues dans Doctor Who Magazine 108 à 129… Il ne manquait que Culture shock en ce qui concerne Morrison) les avait publiées en noir et blanc.

Tori.

C’est bien ça. Les comics Docteur Who du magazine ont longtemps été en N&B. Pour les éditions U.S., l’éditeur IDW a confié la colorisation à Charlie Kirchoff. J’ai tout ça dans les omnibus Classics (les épisodes de Morrison sont dans le même volume que les épisodes dessinés par Dave Gibbons)…

J’espérais qu’il sorte en VF …

Dites, les amis, continuez à donner des références comme ça : moi qui suis dans une « période anglaise » en matière de lectures, relectures, découvertes et redécouvertes, je suis très client d’indications de ce genre. Donc si vous avez d’autres idées en tête, n’hésitez pas !

Jim

Ce qui est étonnant, c’est qu’ils sont en milieu de volume, plutôt que d’être à la fin (ou au début)… Du coup, on passe de trucs publiés en 1981 dessinés par Gibbons à ceux de Morrison (datant de 1986 à 1988), dessinés par Ridgway et on retourne en 1981 et à Gibbons… Bizarre, comme idée.

Tori.

Le Classic ? Ca ne s’est pas fait finalement ? Je me suis souviens que ça avait été annoncé, puis repoussé…

Y a les Morrison dedans ?
Il me semble que Tori avait dit l’avoir vu (jamais croisé pour ma part)

Non.

Mais il y a du Gibbons.

Tori.

Non.

Mais il y a du Gibbons.

Tori.

Donc y a du Gibbons

Je viens de vérifer : ça reprend les quatre premières histoires de l’Omnibus du Doc.

Tori.

Comme tu l’as fait remarquer plus haut, c’est foisonnant et il y a beaucoup de recueils qui reprennent les strips du magazine. Le 8ème Docteur est bien entendu l’incarnation du personnage a vécu le plus d’aventures en BD qu’à l’écran et j’aime les styles différents qu’on trouve dans cet album(période N&B), dont une savoureuse rencontre avec les autres Docteurs dessinée par Roger Langridge.

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Le 10ème Docteur, c’est également très bon, avec du Dan McDaid, du Mike Collins, du Paul Grist…

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Dans Nemesis of the Daleks (7éme Docteur, période N&B), on trouve notamment les histoires qui ont été publiées dans la revue UK The Incredible Hulks presents. Il y a du Dan Abnett, du John Ridgway, du Simon Furman et une histoire qui réunit le Docteur avec Sarah Jane, des années après leur séparation.

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Et ce ne sont que quelques exemples (j’aime beaucoup l’aventure du 11ème Docteur qui retrouve ses premiers compagnons des sixties, Barbara et Ian)…^^

Bon, j’ai pris le temps de déjeuner, en me disant que j’allais chroniquer le deuxième numéro de Grant Morrison’s Doctor Who tranquille. Quel plaisir de voir que la première notule a généré tant de remarques.
Donc.

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Ce deuxième numéro, comme le soulignait Tori, comporte les trois parties d’une autre saga que Morrison consacre au sixième Docteur : « The World Shapers ».

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Tout commence avec l’arrivée du TARDIS sur une planète inconnue. En débarquent le Docteur, Peri et Frobisher. Très vite, le Docteur a le sentiment d’être déjà venu à cet endroit, sans toutefois identifier précisément ce souvenir.

Les choses se précipitent dans les premières pages, sans doute en partie à cause de l’écriture concentrée de Morrison. Toujours est-il que les visiteurs découvrent un mourant dont on comprend qu’il s’agit d’un Seigneur du Temps qui vit ses derniers instants, en accéléré. Le scénariste glisse quelques informations dans les dialogues, laissant entendre que les choses, d’ordinaire, se déroulent plus lentement, mais pour l’instant, le mystère reste palpable.

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Qui dit Seigneur du Temps dit TARDIS, et les héros pénètrent dans une construction biscornue dont on devine, là aussi à mi-mots, qu’il s’agit d’un autre vaisseau spatio-dimensionnel.

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La séquence s’articule selon un schéma morrisonien déjà évoqué plus haut, à savoir que des informations essentielles sont données (ici par le biais de la synthèse vocale de l’autre TARDIS) tandis qu’un dialogue entre Peri et Frobisher met en scène les conséquences du phénomène que le Seigneur du Temps défunt était venu identifier. En gros, les deux personnages n’écoutent pas ce qui se dit et concentrent leur attention sur les effets seulement. C’est plutôt élégant et astucieux.

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À la fin de l’épisode, les trois compères remontent dans le TARDIS avec précipitation afin de ne pas subir l’accélération du temps qui frappe l’environnement, et se rendent ailleurs, auprès de quelqu’un dont le Docteur souhaite avoir les conseils. Morrison laisse entrevoir les silhouettes d’extraterrestres et montre l’atterrissage d’un couple de techniciens à l’endroit où s’étaient posés les héros. Que de mystères.

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Dans le deuxième volet, le Docteur et ses compagnons vont retrouver Jamie McCrimmon dans l’Écosse du 18e siècle. Ce dernier, personnage issu de la série télévisée, est considéré par les villageois du coin comme un vieux fou. Cependant, s’il a vieilli (parce que le Docteur s’est bien entendu trompé dans ses calculs, arrivant quelque quarante ans trop tard), « Mad Jamie » a conservé toute sa tête et rappelle au Docteur que l’indice fourni par le Seigneur du Temps défunt, « Planète 14 », renvoie aux Cybermen.

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Forts de ces nouveaux indices, les équipiers remontent dans le TARDIS et repartent dans l’espace-temps, afin de revenir sur la planète du début. Mais bien entendu, durant leur absence (qui, sur cette planète, n’a duré qu’une semaine), les choses ont bien changé, et les océans ont disparu.

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Sur cette planète transformée, le Docteur et ses amis croisent le chemin d’un des deux techniciens aperçus dans l’épisode précédent. Ce dernier leur explique qu’il travaille sur des machines, les « World Shapers » (les « façonneurs de monde », dirons-nous), dont le fonctionnement est simple : elles accélèrent le temps afin de précipiter l’évolution des planètes. Ces outils d’une technologie avancée sont en général utilisés sur des planètes inhabitées, mais justement, celle-ci abrite la vie, et une vie qui pense.

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Dans la troisième partie de cette saga, le Docteur remarque que ls autochtones, qu’il identifie comme étant des Voord, sont recouverts de parties cybernétiques. Écartant l’hypothèse que les créatures soient attaqués par les Cybermen, il en vient à la conclusion qu’en fait, les Voord sont les ancêtres des Cybermen.

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Avec l’aide du technicien et de Jamie, le Docteur monte à l’assaut du « World Shaper » dont les Voord / Cybermen se sont emparés. Jamie se sacrifie (Morrison donne ici une fin héroïque à un personnage créé pour la télévision) puis parvient à s’enfuir dans le TARDIS, pour finir par rencontrer les Seigneurs du Temps, alertés par tout ce salmigondis temporel.

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Ces derniers s’opposent à la volonté du Docteur de mettre fin à l’évolution des Cybermen. Le héros repart donc, et la dernière planche est consacrée aux Maîtres du Temps qui envisagent l’évolution des Cybermen sur le long terme, percevant ce qu’ils deviendront en définitive, une pensée désincarnée, la race la plus évoluée de l’univers, qui illuminera les autres. Une dernière page qui définit la différence entre le Docteur et ses congénères, le premier restant à hauteur d’homme et luttant pour sauver les gens de leurs souffrances du quotidien.

Jim