Discutez de Dracula, Dracul, Vlad?, bah…
J’ai récemment trouvé l’édition des Humanos, qui propose sous jaquette (avec une belle maquette pour le texte biographique), ce recueil d’histoires courtes en couleurs, parfois grotesques, parfois terrifiantes, toujours muettes.
Alberto Breccia a dessiné ces histoires durant la dictature, mais pour l’essentiel, à l’exception de « Je ne suis plus une légende » qui montre le célèbre vampire fuir au milieu de cases évoquant la torture ou les fusillades, il n’y a pas de dénonciation directe, seulement une approche humoristique sarcastique, cynique ou absurde.
La structure muette rend la lecture parfois un peu difficile, tant il faut se concentrer dans la profusion de traits et les explosions de couleurs. Les silhouettes sont déformées, comme soufflées par des vents contraires, et le trait s’avère souvent très humoristique, presque aragonésien. Pour ma part, j’aime bien celle de la transfusion de sang, à la chute à la fois caustique et poétique, et la dernière, convoquant la figure d’Edgar Poe.
Apparemment, l’édition Rackham propose en plus les storyboards de ces histoires, mais je n’ai pas eu l’occasion de la feuilleter.
Jim


