C’est pas une claque parce que bon quand tu connais le travail d’Eric Powell tu sais que qualitativement parlant ça va tout défoncer. Et c’est bien sur le cas ici avec un dessin magistral au service d’un récit parfaitement maîtrisé et dont l’approche analytique et historique est totalement passionnante. J’aime beaucoup les aller-retours dans le temps donnant du rythme au récit mais également permettant de mieux se représenter la déflagration de cette histoire dans le pays et sa culture (le film s’ouvrant sur la première de Psychose).
Il y a une approche un peu équivalent à celle d’Alan Moore avec From Hell notamment quand le scénariste s’éloigne des faits pour aller dans le champs de l’hypothèse appuyé sur une connaissance sociologique, culturelle et historique donnant du grain à moudre au lecteur.
C’est également un sommet du travail, déjà génial, d’Eric Powell et cela me rend encore plus impatient du retour du Goon
Je rejoins beaucoup l’avis du Lord (et pas que parce qu’il sait quelle est ma bagnole dorénavant).
Eric Powell, gage de confiance, mais cela dit, même en gardant son style graphique caractéristique, il sort tout de même de sa zone de confiance. Et c’est plutôt bien fait, notamment grâce à sa narration. Je me demandais jusqu’à quel niveau les scènes étaient vraies, et je dois dire que les annexes en fin d’album m’ont apporté plus que ce que je voulais (et même quand je sais qu’il y a une petite liberté prise pour les besoin du scénar - coucou @Jim_Laine , ça doit te parler , ça - je suis assez bluffé par le souci du détail fourni)
Je ne connaissais pas bien Ed Gein et son histoire, et lire cela après avoir vu les films nommés, ça fait sens ouais. ça ouvre une autre perspective sur l’histoire américaine et ses fantasmes, et aussi sur l’impact qu’ont pu avoir ces films à l’époque.
Je rejoins également Lord sur le parallèle avec From Hell, parce que je me suis fait moi-même également. Le hasard fait que j’ai commencé hier soir Mindhunter (pile poil le jour où j’ai commencé ce bouquin) et j’y vois un vrai parallèle dans l’analyse de la situation, le pas de côté fait vis-à-vis de ce qu’il a vécu (sans pour autant justifier/excuser, mais le terreau a tout de même été entretenu).
Je m’attendais quand même à quelque chose de plus malaisant, et je trouvé ça finalement assez facilement supportable (sûrement parce que je m’attendais à pire), puisque Powell ne fait pas dans le gore, je trouve. Comme quoi, on peut faire un ouvrage biographique avec un impact assez fort sans pour autant tartiner de sang et d’horreur.