EDWARD AUX MAINS D'ARGENT (Tim Burton)

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REALISATEUR

Tim Burton

SCENARISTE

Caroline Thompson, d’après une histoire de Tim Burton & Caroline Thompson

DISTRIBUTION

Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Alan Arkin, Vincent Price…

INFOS

Long métrage américain
Genre comédie romantique/fantastique
Titre original : Edward Scissorhands
Année de production : 1990

Edward, l’humain artificiel aux ciseaux à la place des mains et aux cheveux à la Robert Smith, est l’un des personnages dont Tim Burton s’est toujours senti le plus proche. Des années avant de réaliser Beetlejuice et Batman, Tim Burton fut un enfant qui avait du mal à se faire des amis et qui se réfugiait notamment dans le cinéma, les livres et le dessin. Et il a dessiné le « prototype » d’Edward alors qu’il s’ennuyait terriblement dans une banlieue californienne. Cette première image d’Edward est restée gravée au fond de lui et il a commencé à développer un scénario avec la romancière Caroline Thompson pendant la pré-production de Beetlejuice. L’immense succès de Batman lui ensuite donné l’opportunité d’imposer Edward aux mains d’argent comme son projet suivant avant de s’atteler à la suite des aventures du l’homme chauve-souris…

Parce qu’Edward était tellement personnel, Tim Burton y a mis tout ce qu’il aimait, des références bien intégrées qui n’écrasent pas l’identité toute « burtonienne » de cette très belle histoire. Edward est son Frankenstein (influence qui s’exprime également dans les scènes de foule du final), mais c’est aussi un Pinocchio qui perdu son Gepetto. Tim Burton a judicieusement donné le rôle de l’Inventeur au grand Vincent Price, qui n’a pas pu tourner toutes les scènes prévues à l’origine car il était alors affaibli physiquement (il est décédé trois ans après la sortie du film), mais ses quelques apparitions sont à la fois merveilleuses (la description de son laboratoire est un régal visuel) et touchantes.

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Dès les premières minutes, il y a un véritable contraste entre ce château gothique posé sur une gigantesque colline et cette banlieue ordonnée, à l’existence millimétrée. Le matin, les maris vont travailler dans un ballet de voitures, les femmes restent à la maison et occupent leurs journées avant le repas du soir. Ces habitations ont aussi un côté un petit peu étrange, de par leurs couleurs extrêmement voyantes. C’est parce que l’histoire est censée être racontée à travers la perception qu’en a le solitaire Edward et c’est d’ailleurs par un plan du jeune homme regardant par sa fenêtre qu’est présentée pour la première fois cette petite communauté.

Tim Burton s’amuse des portraits de voisins et de voisines qu’il a certainement croisés dans sa jeunesse. On retrouve la bonne chrétienne qui veut aider son prochain, les commères avides de potins, la foldingue qui pense que le Diable est partout, la nymphomane…des caractérisations et de bonnes petites touches humoristiques portées par d’excellents acteurs comme Dianne Wiest, Kathy Baker ou encore le savoureux et toujours sympathique Alan Arkin.

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Au coeur d’Edward aux Mains d’Argent, il y a aussi une belle histoire d’amour hélas impossible entre Edward (magnifique Johnny Depp, au jeu qui ne manque pas de nuances, dirigé ici pour la première fois par Tim Burton) et Kim (Winona Ryder, déjà au générique de Beetlejuice). Si leur première rencontre est un peu chaotique (et fait tout de même sourire malgré l’état de ce pauvre Edward), leur rapprochement touche en plein coeur, ce qui rend le dernier acte encore plus déchirant…

Edward aux mains d’argent parle de solitude, de découverte de soi, de tolérance. L’histoire réserve des moments sombres, mélancoliques, mais aussi de la douceur et de la beauté avant que les pires aspects de l’être humain ne remontent à la surface. Il y aussi de l’enchantement et de la poésie (ah, ces derniers plans), sublimés par la superbe bande-originale de Danny Elfman qui reste en mémoire bien après le visionnage.

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Josselin Billard :

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