J’ai déjà évoqué le travail de Sébastien Latour à l’occasion de Wisher, un thriller de « fantaisie urbaine » illustré par le très excellent Giulio De Vita. Le scénariste a également signé une trilogie intéressante intitulée Ellis Group, disponible sous forme d’intégrale en petit format.

Le principe est simple : les immigrants installés aux États-Unis sont passés à Ellis Island, apportant leurs rêves, mais également leurs cauchemars. Et à la faveur de tempêtes psychiques, ces cauchemars parfois s’incarnent, prennent vie, et font l’objet de l’attention du « groupe Ellis ». L’action suit donc l’un des agents de cette officine, qui fait équipe avec le fils de son ancien partenaire. Mais le premier tome réserve une surprise : Deep, le fils en question, capable de voir les auras entourant les cauchemars incarnés… est lui-même un rêve incarné, né de l’esprit de son père. Il n’existe pas, hormis dans l’idéalisation qu’en fait ce dernier.

Sur ce postulat plutôt alléchant, Latour, associé au dessinateur Griffo, signe un suspense un petit peu confus, notamment à cause d’une mise en scène pas toujours adroite : la présentation de personnages nouveaux ou les scènes de discussion à trois personnages sont rapidement bancales. Rajoutons à cela des placements de bulles plutôt malheureux, et on obtient un premier tome un peu poussif, à la pesante rigidité. En gros, c’est pas clair et pas très vivant, malgré un dessin des plus agréables. Les scènes de parlotte sont un peu longue, et l’ensemble n’est pas très bien raconté. Le travail de Griffo sur Petit Miracle étant nettement plus fluide, on peut sans doute penser que les problèmes viennent du scénario.

Jim