EQUINOX (Dennis Muren et Jack Woods)

Equinox

REALISATEURS

Dennis Muren et Jack Woods

SCENARISTES

Mark Thomas McGee et Jack Woods

DISTRIBUTION

Edward Connell, Barbara Hewitt, Franck Conner, Robin Christopher, Jack Woods…

INFOS

Long métrage américain
Genre : fantastique
Année de production : 1967/1970

En 1967, Dennis Muren ne faisait pas encore partie de cette bande de jeunes passionnés d’effets spéciaux engagés par George Lucas pour bosser sur La Guerre des Etoiles. Avant de devenir l’une des figures les plus reconnues du milieu et l’un des pionniers dans l’utilisation des nouvelles technologies (Willow, Terminator 2, Jurassic Park…), Muren était un étudiant en commerce au Pasadena City College…mais le virus du cinéma était le plus fort. Fondu de pelloches de monstres et grand fan de Ray Harryhausen, Dennis Muren rassembla environ 6000 dollars et demanda l’aide de ses amis Jim Danforth et David Allen pour réaliser les trucages d’un petit film en 16mm intitulé Equinox.

Jim Danforth avait déjà une expérience dans le milieu. Il fut notamment l’un des assistants de George Pal sur La Machine à explorer le temps et fut nommé à l’Oscar pour Le Cirque du Dr Lao. Après Equinox, il continua à créer de l’animation en stop-motion et devint également l’un des spécialistes du matte-painting les plus demandés (de La Planète des Dinosaures et Flesh Gordon à The Prophecy en passant par L’Histoire sans fin) . David Allen était quant à lui débutant, comme Dennis Muren. Il travailla ensuite avec Jim Danforth sur des films comme Flesh Gordon et Quand les dinosaures dominaient le monde avant de rejoindre ILM (la séquence des pâtisseries dans Le Secret de la Pyramide porte sa signature) et de devenir le principal responsable des effets spéciaux des productions Charles Band (Puppet Master, Doctor Mordrid…).

Bref, du talent à l’état pur pour un pitch qui n’est pas sans évoquer un certain Evil Dead de Sam Raimi : quatre amis partent pique-niquer en forêt où ils tombent sur un étrange grimoire qui contient les secrets d’un monde qui existe dans une dimension parallèle à la Terre. En le lisant, ils libèrent des créatures maléfiques…

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Quelques mois plus tard, une petite compagnie indépendante, Tonylyn Productions, rachète les droits du court métrage à Dennis Muren et afin d’avoir un métrage suffisamment conséquent pour le distribuer en salles, charge le monteur Jack Woods d’écrire et de réaliser un prologue et un épilogue, ainsi que plusieurs séquences qui permettront de faire le lien avec les scènes tournées en 1967. Pour cette nouvelle version, Dennis Muren ne sera même pas crédité au générique en tant que réalisateur, alors qu’il a lui-même mis en boîte une grande partie du film.
Jack Woods se donne également un rôle, celui du maléfique Asmodée. Mal lui en a pris d’ailleurs, puisqu’il se révèle un acteur particulèrement atroce. La production s’adjoint même la participation de l’écrivain Fritz Leiber (Le Cycle des Epées) dans le petit rôle du professeur à l’origine de la découverte du grimoire (encore un point commun avec le futur Evil Dead).

Oui, Equinox a des points communs avec Evil Dead, mais niveau réalisation, le film n’a tout de même pas la maestria de celui du jeune Sam Raimi et a même régulièrement du mal à s’élever au-delà du film d’étudiants complètement fauché. L’interprétation guère convaincante, avec des acteurs en bois qui récitent mécaniquement leur texte, manque d’implication et la continuité entre les scènes du court de 1967 et la version ciné de 1970 est assez rapiécée.
Tout ces défauts donnent à l’ensemble un côté très décousu…mais là où Equinox ne manque pas d’intérêt, c’est par l’ingéniosité de ses jeunes auteurs qui ont concocté de jolies scènes à effets spéciaux et des visuels de qualité pour un budget de misère. Matte-painting, animation image par image, perspective forcée…toutes les techniques sont utilisées ici pour un résultat loin d’être déshonorant : le monstre lovecraftien, le singe et l’homme préhistorique géants ont ainsi reçu les félicitations du légendaire Ray Harryhausen.
La furtive visite de l’autre monde n’est également pas sans rappeler la série des Phantasm de Don Coscarelli.

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Débordant d’idées, mais également souvent laborieux sur le plan de la réalisation et de l’interprétation, Equinox se révèle tout de même être une étonnante curiosité, un long métrage indépendant très référentiel qui permet de découvrir les premiers travaux sur pellicule de génies des effets spéciaux en herbe.