FRANK MILLER : URBAINE TRAGÉDIE / FRANK MILLER : UNE BIOGRAPHIE (Jean-Marc Lainé)

Moi je les aime bien. En particulier Elektra et Spidey.
Et vu les couvertures, elles ont quelques années, mais elles doivent tomber approximativement à la période où j’ai vu Miller en chaise roulante. Donc pour un malade, visiblement très atteint, je trouve ça pas mal. Et on peut supposer qu’il les a dessinées plus récemment que ce que les numéros de couverture peuvent indiquer, ce qui témoigne de l’amélioration de son état de santé.
J’ai vu des dédicaces par des gens en pleine forme qui sont moins intéressantes.

Jim

Carrément.

Merci Jim pour le partage.

:scream:

L’Elektra est même carrément grand style, à mes yeux.

Tiens, je viens de découvrir les quatre illustrations que Miller a réalisées en 1983 dans les pages de Ms. Tree, de son ami Max Allan Collins. J’en connaissais une, c’est sûr, les autres ne me disent rien, je crois que je n’étais jamais tombé dessus, ou alors en tout petit.

On sent bien l’envie d’explorer des formes, typique de la période Ronin.

Jim

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À propos de Wonder Woman, on finit encore par parler de Frank Miller :

Je l’ai découvertre récemment, cette illu. Il s’agit d’une couverture de fanzine, en 1980.

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Avec une image de l’original :

Y a une autre version qui circule sur la toile :

Jim

C’est dingue : du Frank Miller méconnu, j’en découvre tous les jours.
Par exemple, ceci :

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Il s’agit d’une illustration célébrant les vingt ans de Marvel (donc à compter du lancement de Fantastic Four), dessinée par Miller, encrée par Terry Austin, et réalisée dans le cadre de la Panel Power Comicon III, tenue à Sidney, en Australie, en 1981.

On remarquera un Captain America classe et hiératique comme notre Mallrat national l’adore, et un Daredevil… avec des jumelles !!!

Jim

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Ou alors, il s’assure qu’il n’y a plus rien dans sa bière.

C’est ce qu’on appelle « boire à l’œil ».

Jim

Petite découverte qui s’est faite en deux temps.
D’abord :

Ensuite :

Jim

La preuve :

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Jim

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Quelques couvertures de Miller pour des magazines et fanzines US (certains articles du DD chronicles sont au sommaire d’un des omnibus DD).

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Comics Journal #58 cover & Daredevil #168 promo by Frank Miller & Joe Rubenstein.

From the owner:
“A little known fact is that the first Miller Elektra cover is actually not the cover to Daredevil #168, but rather the cover to The Comics Journal #58, which came out four months earlier (by cover date) and at least one month earlier by any other measure. In effect, it came out at the same time as DD #166, and clearly then Miller already knew he was taking over the series and already had his brilliant first idea and characterization. In addition, contrary to what if oftentimes quoted, that Miller intended Elektra to be a one-issue wonder, Marvel certainly promoted it as the character would be sticking around for a while. And she did.

The cover is penciled by Miller, inked by Rubinstein, and depicts both DD and Elektra in classic poses, with the Elektra pose somewhat similar to what was to become DD #168 later. This cover image was also used in various Marvel issues in the months prior to DD #168, including Howard the Duck #8, as a house ad promo for DD #168. For both of those, the art was cropped so as to highlight the two characters more clearly.”

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L’Elektra de Byrne en bonus (en provenance du DD chronicles de FantaCo).

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Je plains elektra sur la couv avec DD, la fracture du pied comme ça, ça doit faire mal.

Quand Frank Miller a sorti quelques énormités concernant le mouvement « Occupy Wall Street », le dessinateur Richard Pace lui a répondu, en lui empruntant son style Dark Knight à l’occasion d’une planche.

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Jim

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Quand on realise ce que sont les wokes aujourd’hui et qu on a vu ce qu etait nuit debout, on se dit que peut-être on manquait de contexte pour saisir les propos de Miller à l epoque et comprendre ce contre quoi il vituperait.

Holy terror n a rien du brûlot fasciste sous les couleurs desquelles il a pu être dépeint.

De plus, Miller n a pas soutenu trump et a appelé à ce qu il soit battu.

Ce n est pas la première fois que je me dis que peut-être il y a eu malentendu en France sur ces déclarations.

La planche de pace est très bien faite, mais tout de même assez violente dans son propos contre Miller.

Je ne connais pas assez Frank Miller pour m’ériger en expert ou même connaisseur, mais comme spectateur du monde des comics depuis plus de 20 ans, je trouve quand même que le Frank Miller de ces déclarations sur Occupy Wall Street, ou celui de Holy Terror, ça ne me semble pas du tout le même que celui de maintenant, et même de Dark Knight III : Master Race.

Je ne sais rien non plus de sa vie personnelle, mais une simple observation des photos de l’homme ces dernières années me fait penser qu’il a été atteint d’une maladie qui l’avait mis plus bas que terre.
Il me semble aller mieux, et je pense que ça peut aussi jouer sur son moral, son approche des choses.

Le Frank Miller de maintenant, qui semble « mieux » physiquement et moralement, n’aurait peut-être pas eu les mêmes propos, c’est ce que je veux dire.

Après, je découvre ces dernières semaines le terme « woke », dont j’ai lu la définition. J’admets être passé complètement à côté de ça, avec l’impression que tout un pan du monde s’est développé sans que je m’en rende compte.
C’est autant fascinant que terrifiant, mais j’ai beaucoup de mal à caractériser et définir « les wokes », autant en bien ou en mal.

Oui woke est un terme générique, le problème qui touche les facs puis la société américaine et les reseaux socio assez globalement sur sa gauche est plus large que simplement les wokes.

Un partie du problème tient aussi au deni assez hallucinant qui touche ce mouvement lui même qui passe son temps a nier ce qu il dit et fait au moment ou il le dit et fait. Ce qui contribue a entretenir un certain flou.

On pourrait parler d e-woke sur les réseaux sociaux : ça a l air tout mignon mais ça n hésiterait pas à te massacrer à coup de pierre. Clin d’oeil.

C’est ce qu’on appelle les Social Justice Warriors ?

Oui aussi , au depart.

En fait, au depart, c est un mouvement théorique qui nait sur les campus universitaires. Un mix entre ce qui a été appelé la french theory aux states (deleuze, derrida, Foucault, lacan) et des «studies» appelées les subaltern studies definies par leur objet et non par un savoir particulier.

De là beaucoup de studies sont nées dans les cursus de littérature puis de socio : etudes de genre, etude post coloniale, etude decoloniale.

Ce qui est reproché aux studies qui se veulent pluri disciplinaires, c est précisément de n avoir pas de discipline identifiée pour aborder leur sujet ce qui finalement pourrait donner une sorte de gloubilbouga intellectuel, infalsifiable et tres pauvre théoriquement.

Toutes ces studies ont un même présupposé de base : tout fait social est une construction et peut donc etre deconstruit et tout savoir est un fait social, donc peut etre déconstruit.

Avec le temps ça a donné naissance a une novlangue dont le but est militant et visant a «deconstruire» tous les faits sociaux qui sont perçus uniquement comme effet de domination des dominants sur les dominés : racisé, genré, racisme systémique , expression de genre etc

Tres vite dans les post coloniale studies et decoloniale studies le dominant a été identifié comme l homme blanc.

Alors bien sur, les tenants de ce vocabulaire t expliqueront qu ils denoncent la construction social de l homme blanc, hetero sexuel, patriarcale etc. Mais concrètement ca leur permet de dire que l énoncé : l homme blanc est le cancer de l humanité, est un énoncé tout a fait scientifique («les sciences sociales ont démontré que…») et absolument pas haineux.

Ils se vivent quasi religieusement comme une révolution moral en cours, leur militantisme etant là naturalisé et curieusement pas «deconstruit», ce qui leur permet d appeler à «l annulation » sociale de qui ils (les sjw) ont décidé : perte d emploi et autre comme si c etait juste le cours normal de l évolution morale d une société. Ca peut donner par ex : Aujourd’hui personne ne parlerait de bougnoule pour parler d un arabe et bien si je te harcele parce que tu as dit que «les femmes seulement ont des regles», c est la même chose, simple évolution morale,car les sciences sociales ont montré que «les femmes seulement ont des regles» est un énoncé transophobe.

C est la cancel culture. Qui est niee par ceux qui la pratique et dont la dénonciation est instrumentalisée par l extrême droite (on ne peut plus rien dire)

Pour les critiques de ce corpus idéologique ce qui est mis en avant c est la pauvreté conceptuelle pour aborder des phénomènes complexe, la nature dogmatique du mouvement, et le fait qu il est devenu un double des mouvement s d extrême droites : la où l extrême droite était pour la ségrégation des noirs pour des raisons de supériorité raciale, certain woke sont pour la ségrégation au nom de la protection des «racisés» noires par exemple.

En France, les theories ne sont pas vraiment exportées, mais le vocabulaire et les methodes si. Le débat sur l islamo gauchisme est a appréhender sous cet éclairage : des militants de gauche se sont alliés tant réellement que conceptuellement avec des mouvements religieux parmi les plus sectaires, violents et dogmatiques au monde, la galaxie islamiste, dans un retournement de position hallucinant qui leur a fait épouser des theses que seule l extrême droite pouvait tenir sur les catholiques, il y a encore dix ans seulement.

On passerait ainsi de «les religions sont l.opiums du peuple» à «les religions des dominés sont l expression de la resistance des dominés contre le capitalisme et l ordre raciste du monde blanc »

Au sujet de ses propos sur Occupy Wall Street, il a d’ailleurs plus récemment dit qu’il regrette ses propos, laissant entendre qu’il n’avait pas toute sa tête, sans doute à cause des médicaments, justement.
Quand je l’ai rencontré (en 2014, peu après ces propos), alors qu’il était bien malade et en chaise roulante, il a dit que, pour lui, c’était un « conundrum » : un mystère, une énigme, quelque chose qu’il ne comprenait pas. Il a dit ça sur un ton très calme, très posé, pas du tout agressif.

Jim