FROM HELL IT CAME (Dan Milner)

REALISATEUR

Dan Milner

SCENARISTE

Richard Bernstein, d’après une histoire de Jack Milner

DISTRIBUTION

Tod Andrews, Tina Carver, Linda Watkins, John McNamara…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Année de production : 1957

De l’Enfer, il est venu…et il n’a qu’à y retourner, aurait écrit un critique de l’époque.

Oui, From Hell It came n’est pas un bon film mais on peut tout de même lui reconnaître une certaine originalité dans une production bis dominée en son temps par les innombrables créatures géantes nées de la peur de l’atome et par l’obsession de la menace communiste (dans les années 50, il y avait des rouges partout). En effet, ici le monstre est une souche d’arbre tueuse animée par l’esprit revanchard d’un prince assassiné par son rival !

Sur une petite île du Pacifique, les indigènes locaux ne sont vraiment pas contents. Ils accusent Maku, leur prince, de s’être fourvoyé avec les scientifiques basés sur l’île et qu’ils croient responsables de la mort de leur roi. Ceux-ci sont en fait manipulés par le maléfique sorcier du village (mais y a t’il déjà eu de bons sorciers du village dans ces films?) et le nouveau prétendant au trône. Avant d’être sacrifié, Maku jure de revenir se venger de ceux qui l’on trahi. Avec l’aide d’une pincée de radioactivité (dans les années 50, il y avait de la radioactivité partout), sa malédiction s’accomplit : le dieu vengeur Tabanga s’élève des profondeurs…et malheur à qui croisera sa route !

Après une entame assez accrocheuse, le récit se perd vite en banalités et en clichés sur “ces sauvages qui refusent les progrès de la médecine moderne”. La caractérisation est également assez hasardeuse, entre le professeur macho, la doctoresse rigide qui ne s’intéresse qu’à son travail et l’élément comique, ici une insupportable veuve à l’accent improbable.
On n’échappe bien évidemment pas à une inévitable romance entre les deux savants sus-nommés, même si elle tourne carrément au comique involontaire par le biais de dialogues d’un ridicule affirmé (Lui : “si tu ne voulais pas que je t’embrasse, pourquoi m’as tu rendu mon baiser ?”. Elle : “je ne sais pas, ça doit être mon métabolisme.”…sigh).
Bref, le scénario part vraiment dans tous les sens, accentuant encore plus le côté grotesque de la chose.

Et en parlant de grotesque, après quarante minutes, Tabanga se réveille enfin (il était temps, il ne reste qu’une vingtaine de minutes avant la fin du film). La bébête est l’oeuvre de Paul Blaisdell, que les amateurs de séries B connaissent notamment pour les croustillants extra-terrestres de Invasion of the Saucer Men et It conquered the world. Blaisdell avait la réputation de travailler vite et de toujours tirer parti des maigres budgets qui lui étaient imposés. Cela donnait le plus souvent des designs de créatures imaginatifs (et qui font très joli sur une affiche)…mais qui avaient quand même bien du mal à faire illusion sur grand écran (tout en gardant un certain charme naïf). Tabanga n’est pas la création la plus réussie de Blaisdell…cependant, son côté balourd est assez amusant (ce qui n’est certainement pas l’effet qui était recherché, mais c’est à ça que l’on reconnaît un bon nanar).

Mal écrit, mal joué par des acteurs encore plus en bois que le monstre vedette (ajoutons que la blonde Tina Carver est la pire scream queen de l’histoire du cinéma…n’est pas Fay Wray qui veut), From Hell It came est la dernière réalisation connue de Dan Milner, monteur de formation auteur de seulement trois pelloches, dont deux tournées en indépendant avec son frère Jack. L’échec de leur collaboration a renvoyé Dan Milner à ses tables de montage jusqu’à la fin de sa carrière.