Bon, puisque c’est presque poliment demandé, voici un léger retour de ma journée du vendredi.
Alors, attention, ce sont mes impressions, mes retours qui ne sont peut être pas totalement justes, donc faudra pas prendre pour argent comptant ce que j’écris. D’autant plus que je n’ai vu que le vendredi.
Déjà, contrairement à d’habitude, le village des éditeurs était dans les chaix Magélis. Donc, dans une zone assez sombre, mais avec la lumière, ça donnait une ambiance que je trouvais sympathique.
Ce qui est rigolo c’est que je suis rentré à 10h01, pour une ouverture à 10h00… ouais, pas de queue (si j’avais su, je me serais même garé beaucoup plus près).
Et après le couloir où on retrouvait quelques stands, très majoritairement indé/underground/micro, on file donc dans des salles dont je ne connaissais pas l’existence; Et là, étrangement, j’ai vu des éditeurs pas prêts, voir même avec encore les couvertures sur les livres et eux pas arrivés. Pas la folie d’être au taquet …
Il n’y avait que des éditeurs du Nouveau Monde, exceptés Bliss et Akileos qui fréquentent classiquement la grande bulle, et des nouveaux que je ne connaissais pas (enfin je pense que ce sont des gens que je ne voyais pas) et deux d’entre eux qui me reconnaissent maintenant facilement m’ont remercié d’entrée de jeu d’être venu, et de les soutenir. ça m’a fait bizarre qu’on me dise ça.
En tout cas, l’un d’entre eux a dit que le jeudi a été très très creux (ont-ils fait une vente ?)
Mais j’ai pu voir Ponticelli avec son nouveau bouquin et avoir le temps de discuter avec lui, et j’ai même pu me faire deux dédicaces pour RIP (et pour celles et ceux qui vont en festivals, autant vous dire que ça, c’est un signe, même pour un matin, qui prouve qu’il n’y avait pas grand monde au démarrage (bon, après, la file a grimpé). En tout cas, il y avait deux têtes d’affiche à mes yeux (eux deux + Bryan Talbot), et ce sont eux qui ont drainé du monde.
Je suis allé après à Cosmopolite (punaise, la côte pour atteindre le centre ville … je crois que même quand je poussais la poussette, je ne l’ai jamais trouvé aussi dure .. trop vieux pour ces conneries moi) et là, y avait du monde. Avec deux ou trois têtes d’affiche aussi, vu les queues.
Mais sur le chemin entre Magélis et Cosmo, ça m’a fait bizarre : très peu d’affichages, des voitures partout, une ville normale sans déco, mais dont on set qu’économiquement, c’est pas simple.. ouais, la ville, c’était pas ouf. C’est vraiment à l’intérieur des bâtiments (Franquin, Magélis, le Lieu Utile, Cosmopolite, … pour les coins que j’ai faits) qu’il y avait un peu d’effervescence. Le Champ de Mars ne sert vraiment à rien en dehors des évènements, c’est assez triste.
Le midi, nous (ouais, parce qu’heureusement qu’un pote était là, parce que sinon, j’aurais pas rencontré grand monde que je connais … j’ai juste croisé le petit Patrick M. de Bordeaux vers 16h à Magélis) avons déjeuné dans un Japonais .. on se doutait bien qu’on aurait que le choix des resto. C’était étrange, parce que l’ambiance était clairement celle d’un resto du midi qui sert pour des gens qui bossent dans le quartier, pas des festivaliers.
Et puis j’ai fait quelques bouquinistes, choses que je ne faisais plus depuis des lustres (parce qu’entre l’empâtement de mon sac à dos et le monde, ça devait pénible à faire… et c’est pas comme si je manquais, hein). Et sur la fin de journée, celui a qui j’ai acheté le Comès et le Mickey se demandait si cela allait valoir le coup, cette affaire, entre le coût du stand (donc, là, j’étais surpris quand même, vu l’emplacement) et le manque d’affluence (c’est vrai que pour moi, c’était total régal pour fouiner). J’ai l’impression qu’il allait faire ça à perte. Et en fin de journée, ça m’a fait dire qu’il ne fallait pas que ça dure une année de plus, sinon, bye bye à Angoulême.
D’ailleurs, j’avais discuté à St Malo avec l’un des éditeurs qui m’a « remercié »’ et ils m’avaient dit qu’il ne pouvait pas se permettre de ne pas venir à Angoulême, qu’ils avaient besoin de notoriété, d’être vus (ce que je comprenais assez aisément à l’époque) et que ce n’était pas eux qui allaient avoir le quelconque impact sur le festoche. Bon, entre temps, il s’est passé ce qui s’est passé, mais un autre m’a quand même dit que pour lui c’était aussi une guerre d’influence cette histoire (bon, là, j’ai trouvé son discours assez étonnant et pas en phase avec ce que je vois et lis ici et là … ). Que l’histoire de Chloé était du juridique et n’avait pas à voir avec la tenue ou non du festival. Bon, après, lui ne fait pas de création, donc il a un rapport différent vs ceux qui ont des auteurs en direct. Je ne suis pas trop rentré dans le discours, parce que je ne saisissais pas tous les acronymes qu’il me citait et qu’il y avait du monde qui arrivait, mais visiblement, y a pas forcément un consensus sur tout à 100%. Je reste méfiant sur la manière dont je transpose notre échange, parce que je ne suis pas sûr d’avoir tout saisi sur ses pensées, mais en tout cas, c’était un discours un peu différent. Disons que je pense qu’il regrettait surtout la presque absence de festival et la manière dont ça s’est fait pour le festival (et puis il doit sûrement savoir des choses que je ne maîtrise pas). Il n’a rien dit sur Bondoux, donc je pense qu’il parlait pour le festoche.
Et puis j’ai évidemment discuté du sujet avec mes amis logeurs, qui sont inquiets quand même pour la suite, puisqu’il savent La Rochelle et d’autres villes sur les rangs (bon, la Rochelle, c’est cool l’été, mais enclavé et pas pratique en TGV). Et qui m’ont quand même dit que le maire, qui est surtout plus pro-sport que pro-culture, a tardé à sentir le vent venir et qu’il a fait ça à l’arrache pour sa réélection. C’est visiblement ce qui se dit là-bas.
Ah et que jeudi, c’était effectivement mort. C’est cool pour les festivaliers (et encore, le monde fait aussi partie de l’ambiance, les rencontres, les discussions dans les restos, les files d’attente …), mais ça ne peut pas tenir comme ça
(ah et même si j’ai vu quelques écoles, la moyenne d’âge ne m’a pas paru bien basse. Assez peu de moins de 40 ans, j’ai trouvé, voire même peu de gens en dessous de 45 ans. Et quant aux étrangers … ça parlait bien franchouillard partout)


