GRAND OFF 2026

Bon, puisque c’est presque poliment demandé, voici un léger retour de ma journée du vendredi.

Alors, attention, ce sont mes impressions, mes retours qui ne sont peut être pas totalement justes, donc faudra pas prendre pour argent comptant ce que j’écris. D’autant plus que je n’ai vu que le vendredi.

Déjà, contrairement à d’habitude, le village des éditeurs était dans les chaix Magélis. Donc, dans une zone assez sombre, mais avec la lumière, ça donnait une ambiance que je trouvais sympathique.
Ce qui est rigolo c’est que je suis rentré à 10h01, pour une ouverture à 10h00… ouais, pas de queue (si j’avais su, je me serais même garé beaucoup plus près).
Et après le couloir où on retrouvait quelques stands, très majoritairement indé/underground/micro, on file donc dans des salles dont je ne connaissais pas l’existence; Et là, étrangement, j’ai vu des éditeurs pas prêts, voir même avec encore les couvertures sur les livres et eux pas arrivés. Pas la folie d’être au taquet …
Il n’y avait que des éditeurs du Nouveau Monde, exceptés Bliss et Akileos qui fréquentent classiquement la grande bulle, et des nouveaux que je ne connaissais pas (enfin je pense que ce sont des gens que je ne voyais pas) et deux d’entre eux qui me reconnaissent maintenant facilement m’ont remercié d’entrée de jeu d’être venu, et de les soutenir. ça m’a fait bizarre qu’on me dise ça.
En tout cas, l’un d’entre eux a dit que le jeudi a été très très creux (ont-ils fait une vente ?)
Mais j’ai pu voir Ponticelli avec son nouveau bouquin et avoir le temps de discuter avec lui, et j’ai même pu me faire deux dédicaces pour RIP (et pour celles et ceux qui vont en festivals, autant vous dire que ça, c’est un signe, même pour un matin, qui prouve qu’il n’y avait pas grand monde au démarrage (bon, après, la file a grimpé). En tout cas, il y avait deux têtes d’affiche à mes yeux (eux deux + Bryan Talbot), et ce sont eux qui ont drainé du monde.
Je suis allé après à Cosmopolite (punaise, la côte pour atteindre le centre ville … je crois que même quand je poussais la poussette, je ne l’ai jamais trouvé aussi dure .. trop vieux pour ces conneries moi) et là, y avait du monde. Avec deux ou trois têtes d’affiche aussi, vu les queues.
Mais sur le chemin entre Magélis et Cosmo, ça m’a fait bizarre : très peu d’affichages, des voitures partout, une ville normale sans déco, mais dont on set qu’économiquement, c’est pas simple.. ouais, la ville, c’était pas ouf. C’est vraiment à l’intérieur des bâtiments (Franquin, Magélis, le Lieu Utile, Cosmopolite, … pour les coins que j’ai faits) qu’il y avait un peu d’effervescence. Le Champ de Mars ne sert vraiment à rien en dehors des évènements, c’est assez triste.
Le midi, nous (ouais, parce qu’heureusement qu’un pote était là, parce que sinon, j’aurais pas rencontré grand monde que je connais … j’ai juste croisé le petit Patrick M. de Bordeaux vers 16h à Magélis) avons déjeuné dans un Japonais .. on se doutait bien qu’on aurait que le choix des resto. C’était étrange, parce que l’ambiance était clairement celle d’un resto du midi qui sert pour des gens qui bossent dans le quartier, pas des festivaliers.
Et puis j’ai fait quelques bouquinistes, choses que je ne faisais plus depuis des lustres (parce qu’entre l’empâtement de mon sac à dos et le monde, ça devait pénible à faire… et c’est pas comme si je manquais, hein). Et sur la fin de journée, celui a qui j’ai acheté le Comès et le Mickey se demandait si cela allait valoir le coup, cette affaire, entre le coût du stand (donc, là, j’étais surpris quand même, vu l’emplacement) et le manque d’affluence (c’est vrai que pour moi, c’était total régal pour fouiner). J’ai l’impression qu’il allait faire ça à perte. Et en fin de journée, ça m’a fait dire qu’il ne fallait pas que ça dure une année de plus, sinon, bye bye à Angoulême.
D’ailleurs, j’avais discuté à St Malo avec l’un des éditeurs qui m’a « remercié »’ et ils m’avaient dit qu’il ne pouvait pas se permettre de ne pas venir à Angoulême, qu’ils avaient besoin de notoriété, d’être vus (ce que je comprenais assez aisément à l’époque) et que ce n’était pas eux qui allaient avoir le quelconque impact sur le festoche. Bon, entre temps, il s’est passé ce qui s’est passé, mais un autre m’a quand même dit que pour lui c’était aussi une guerre d’influence cette histoire (bon, là, j’ai trouvé son discours assez étonnant et pas en phase avec ce que je vois et lis ici et là … ). Que l’histoire de Chloé était du juridique et n’avait pas à voir avec la tenue ou non du festival. Bon, après, lui ne fait pas de création, donc il a un rapport différent vs ceux qui ont des auteurs en direct. Je ne suis pas trop rentré dans le discours, parce que je ne saisissais pas tous les acronymes qu’il me citait et qu’il y avait du monde qui arrivait, mais visiblement, y a pas forcément un consensus sur tout à 100%. Je reste méfiant sur la manière dont je transpose notre échange, parce que je ne suis pas sûr d’avoir tout saisi sur ses pensées, mais en tout cas, c’était un discours un peu différent. Disons que je pense qu’il regrettait surtout la presque absence de festival et la manière dont ça s’est fait pour le festival (et puis il doit sûrement savoir des choses que je ne maîtrise pas). Il n’a rien dit sur Bondoux, donc je pense qu’il parlait pour le festoche.

Et puis j’ai évidemment discuté du sujet avec mes amis logeurs, qui sont inquiets quand même pour la suite, puisqu’il savent La Rochelle et d’autres villes sur les rangs (bon, la Rochelle, c’est cool l’été, mais enclavé et pas pratique en TGV). Et qui m’ont quand même dit que le maire, qui est surtout plus pro-sport que pro-culture, a tardé à sentir le vent venir et qu’il a fait ça à l’arrache pour sa réélection. C’est visiblement ce qui se dit là-bas.
Ah et que jeudi, c’était effectivement mort. C’est cool pour les festivaliers (et encore, le monde fait aussi partie de l’ambiance, les rencontres, les discussions dans les restos, les files d’attente …), mais ça ne peut pas tenir comme ça
(ah et même si j’ai vu quelques écoles, la moyenne d’âge ne m’a pas paru bien basse. Assez peu de moins de 40 ans, j’ai trouvé, voire même peu de gens en dessous de 45 ans. Et quant aux étrangers … ça parlait bien franchouillard partout)

4 « J'aime »

L’ami des stars.
Le Stéphane Bern de la BD.

Ça, c’est un truc qui m’intéresse. Parce qu’une grosse partie de la comm sur cet Off a consisté à dire que « bon, l’aspect mercantile, on le met de côté, on est là pour la rencontre et le sourire ». Sauf que fatalement, y a bien des emplacements à payer, et que la réalité économique semble avoir rattrapé toutes les belles intentions.

Guerre d’influence entre qui et qui ?
Les organisateurs et les financeurs / mécènes ?

En même temps, sans cette affaire, le comportement toxique et l’exploitation en règle auraient continué. Et l’affaire en question s’est tenue au sein de l’organisation du festival, donc si, ça a à voir.

Voir plus haut : dès que l’argent entre en jeu, et surtout si on risque d’en perdre, la solidarité s’étiole.

Comme beaucoup. Ça se voit mieux et ça se médiatise plus.
On commence par construire un stade ou une piscine, on finit par avoir un champion olympique, et on tient dix ans sur cette promo.
La culture, c’est fumeux, ça se voit pas, ça se fait en atelier dans des arrières-salles de médiathèque, c’est pas photogénique, et un grand prix d’Angoulême, on en parle une semaine, tandis qu’un champion du monde, on en cause toute l’année.
Et puis le sport, c’est pratique, tu fous les gamins sur un stade, tu les fatigues deux heures le mercredi et le samedi, ils rentrent ils sont claqués, ils font pas de connerie dans la rue. La culture, hein, on sait pas trop ce qu’ils font dans leur atelier, et quand ils ressortent ils ont encore plein d’énergie pour foutre le bazar, ces sales jeunes. En gros, ça sert à rien.

Ah, la vision aiguisée de nos politiques.

À court terme, y a quelques gros libraires, qui font de belles opérations en tenant des stands d’éditeur, qui vont voir disparaître leur « deuxième Noël » de l’année, et le sentir passer dans les comptes. Bon, souvent, ce sont de grosses librairies, tenus par des gens qui ont de la bouteille, donc je pense qu’ils vont simplement serrer la ceinture, faire un peu profil bas, et passer la tempête sans trop écoper. Les libraires et commerçants d’Angoulême vont faire la gueule, mais comme tu le soulignes, c’est une gare TGV et une ville qui a d’autres festivals, donc pareil, ça va se redresser. En revanche, pour les municipales, ça va être houleux : des commerçants pas contents, ça secoue toujours. Il faudra voir si cela impacte la production des éditeurs, et comment (les éditeurs moyens sont les plus fragiles : les gros ont leur inertie pour eux, les petits sont suffisamment légers pour passer sous la vague…). Les chiffres annuels du marché seront intéressants à regarder. S’ils ne bougent pas, ça démontrera aisément qu’Angoulême n’est pas si important que le festival lui-même le croit.
À moyen terme, il faut savoir s’il y aura un Angoulême 2027. On va commencer à voir pointer des communiqués de presse en février, j’imagine : entre les procédures légales, les rodomontades diverses et les attaques ad nominem, le cirque va continuer. Là-dedans, des noms vont remonter à la surface, des propositions vont se formuler, des alliances vont se nouer. Et s’il y a un Angoulême 2027, l’important sera de savoir comment il va se faire (et quand : si le festival quitte janvier pour s’installer quelque part dans le printemps, ça peut impacter la politique des éditeurs, le calendrier, la médiatisation…).
À long terme, il est possible que d’autres festivals et structures se manifestent. Saint-Malo n’a pas grand-chose à en tirer, c’est une grosse manifestation déjà, qui a du mal à grossir notamment pour des raisons logistiques et géographiques (proches de celles d’Angoulême, d’ailleurs). Mais Blois pourrait tirer son épingle du jeu. Et d’autres villes, tu as cité La Rochelle, mais d’autres sont peut-être en embuscade. On peut donc potentiellement assister à une redistribution des cartes, même si Angoulême repart sur des bases saines.

Jim

2 « J'aime »

Je me suis permis de rajouter une ch’tite image… :wink:

tu as bien fait. j’avais pas pris de photo (même si Petit à Petit a pris une photo de l’auteur en train de mettre du texte sur ma dédicace)

Quel toupet.

Jim

Il a utilisé des acronymes (que je ne retiens pas) et comme il parle assez vite et que je ne m’attendais pas à cette discussion (et puis merde, j’avais pas encore pris de café !), je ne sais pas trop de qui, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait une association d’éditeurs… ce que je ne comprend spas trop, car je n’ai pas l’impression qu’ils avaient envie de prendre les rênes. Donc, là aussi, prudence entre qui et qui.

Tu prêches un convaincu.
Mais disons que ce sont les conséquences juridiques qu’il évoquait. En soit, si procès, pour lui, ce n’est pas le festival qui devait en pâtir (si j’ai bien compris ce qu’il a voulu dire)

Et pour la petite histoire, il manquait d’idée pour la deuxième. J’ai glissé une petite anecdote du moment et il a fini par aller dans ce sens.

Qui a l’avantage de ne pas être loin de Paris… Mais dont les dates (mi/fin novembre) ne sont pas idéales dans le calendrier des éditeurs : ça empiète sur les sorties de Noël.

Tori.

Si tu récupères du financement et une renommée internationale, changer la période ne va pas les embêter.
(après, il y a aussi une logistique de logement à prévoir)

Ce que je veux dire c’est qu’au lieu d’avoir deux dates dans le calendrier, ça n’en fait plus qu’une…

Tori.

Là où tu voit l’hypocrisie (et si c’est pas le cas t’es aveugle tout au fond d’une mine de charbon) c’est que l’investissement massif n’est jamais ou rarement mis en lien avec les résultat là on en arrive à demander à la culture d’être rentable en amont (voir les connards du RN qui t’explique qu’un bon film c’est un film qui fait des entrées et que donc c’est ceux-là qu’il faut financer).

Ici, comme un peu partout, je constate un déséquilibre assez incroyable entre les investissements sur l’équipement sportif et le reste. C’est un vrai sujet de campagne (doublé, chez nous, d’un débat autour de la création d’une grande salle de concert type arena) et pourtant quand je vois les résultats d’une majorité des équipes locales c’est le seum.

Donc hypocrisie.
(le jour où on envisagera la pratique sportive non pas sous l’angle de la compétition et du dépassement de soi mais comme une approche curative on aura fait du chemin)

C’est quand même étriqué aussi là bas. Je vois mal où s’étendre.

(Sinon il y a une charmante ville d’Indre-et-Loire vraiment bien)

1 « J'aime »

Avec un cinéma qui saurait adapter sa prog’ en fonction ?

Ça se voit. C’est palpable. Ça crée de l’emploi (un stade, à construire, ça mobilise du monde), ça se médiatise, on fait des inaugurations bien ronflantes, ça matérialise les promesses de campagne (« je vous l’avais bien dit »…), et après, s’il n’y a pas de champion à la clé, ça sert toujours pour faire miroiter un vague fantasme social, genre « nous, on aime la jeunesse ». Alors si en plus, y a des champions (je te dis pas les discours du maire des Ulis, il y a vingt ans, sur la renommée de la ville grâce aux champions du monde de 1998 : j’ai jamais pris le temps de vérifier les dates, j’aurais dû…) !

Jim

On le fait en plus tous les ans avec A Tours de Bulles

:joy::joy::joy::zany_face::wink:

ce qui est vrai, juste la goutte d’eau qui à fait déborder le vase.

Bordeaux est fortement sur les rangs, plus grands, plus accéssible plus beau et le pognon de la région vient de chez eux.

Ca m’intéresse aussi car pour moi l’intérêt du Off était de “sauver” les gens qui avaient le plus à perdre et donc j’y vois vraiment un aspect mercantile, mais en mode on est des indés donc c’est cool, mais le but reste pour moi de survivre.

Il repassera pour la réélection je pense.

En dehors de le sentir passé, certaines locales ne tiendront pas de ce qu’elles ont dit.

Ca me parait compliquer pour le moment vu que bondoux porte plainte et veux empêcher la tenue de 2027

https://www.liberation.fr/culture/bd/ecarte-dun-festival-dangouleme-en-lambeaux-lancien-delegue-general-franck-bondoux-sengouffre-dans-des-represailles-judiciaires-deleteres-20260129_PIL3APWNFNDODLAWKNR5FYXSVQ/

Après, ma foi, s’il n’y a plus d’Angoulême du tout, tant pis.
Je ne pleurerai pas leur gestion discutable ni le mépris pour les auteurs et le lectorat.
Ça risque de faire de la casse, mais ma foi…

Jim

1 « J'aime »

Je ne suis jamais allé à Angoulême sauf pour le festival musical, juste une fois avec des amis… ça ne m’a jamais intéressé d’aller à celui de la BD… je n’ai aucune explication du pourquoi, c’est surtout la foule qui m’effraie mais pas que… le stress pour le voyage pendant cette période… oui c’est assez particulier cette période festivalière… pour les déplacements…

Tiens, je viens de voir que Didier Tarquin faisait partie des auteurs présents à Angoulême… En même temps, c’est logique qu’il soit au Grand Off, Tarquin.

Tori.

3 « J'aime »

4ab3d01b9eb2ce3c5ea1f6f47fad25b3

1 « J'aime »