GRANDS ANCIENS t.1-2 (Jean-Marc Lainé / Bojan Vukic)

Y a un petit placement de produit de copains, là-dedans :

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Petite avant-première, qui ravira les lecteurs italophones ou transfrontaliers : voici la couverture (c1 + c4 : vous noterez que je suis en bonne compagnie) de l’édition intégrale couleurs de Grands Anciens, en italien. À paraître bientôt.

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Jim

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Je note également que les BD, ce n’est pas cher, en Italie !
C’est de la parution kiosque ?
Je remarque que c’est une collection mensuelle, et qu’il y a deux codes barres, dont un pour les librairies…

Tori

Je ne sais pas. La première édition, oui. Celle-ci, je l’ignore. Mais si ça se trouve, les albums (qui se développent) sont aussi vendus en kiosques. Ça fait des années que je ne suis pas retourné là-bas, et le marché a évolué, j’ai encore la vision basique des kiosques dominés par Bonelli et des librairies très pauvres en albums, mais quand je vois les grands formats couleurs que sort Bonelli, je me dis que tout ça a bien évolué et que je ne suis plus à jour.

Jim

Jim

Je viens de lire les 2 tomes et j’ai passé un excellent moment. Je ne m’attendais pas vraiment à ça.
J’aime beaucoup la construction de la narration (une sorte de prequel à « Moby Dick ») avec cette rencontre entre Melville et son héros, Ishmael (mettons :grin:).
J’ai beaucoup apprécié le gros mashup réalisé avec de petites et grosses références aux classiques de la littérature (« L’île au Trésor », « 20 000 lieues sous les mers », "Frankenstein", le corpus lovecraftien évidemment…) tout en restant « plausible » d’un point de vue géographique ou narratif. J’en ai vu beaucoup mais j’ai dû en rater pas mal également (des détails que j’ai vu et pour lesquels je n’ai pas trouvé le lien). Certaines utilisations m’ont bien fait marrer : « L’amiral Benbow » en première chaîne de taverne franchisée, le gimmick de « Bartleby le scribe » à la toute fin. J’ai également trouvé que les connexions avec le vrai « Moby Dick » étaient plutôt bien trouvées.
De façon globale, je dois bien avouer avoir préféré le premier volume qui pose l’ambiance. Le second est très bien aussi mais plus frontal et je suis moins fan des scènes de bataille (même si j’adore le côté outré du dernier affrontement).
Graphiquement, ça marche très bien même si ce n’est pas le type de dessins que je préfère (et j’aurais préféré moins voir ce gros « kraken »).

En tout cas, j’ai beaucoup aimé et encore un grand merci Jim pour les dédicaces et m’avoir permis de l’obtenir à un prix normal.

Tiens, j’y pensais, justement, à ton retour qui me rendait impatient de curiosité.

Cool.

Bah ouais, je pouvais pas ne pas aller au-delà de la proposition de base.

Ça, ça a beaucoup fait rire Jean-Luc Istin, le directeur de collection.

Je me suis replongé dedans pour l’écriture du diptyque. Bon, c’est plus copieux / étouffe-chrétien que de se replonger dans Lovecraft, sûr. Et j’en ai tiré la conclusion qu’en fait, le véritable obsédé de la baleine, c’est le narrateur. Plus qu’Achab. Parce que, au final, c’est le narrateur qui voit des baleines partout, dans les devantures, dans les galeries d’art, dans les dots des mariages, dans les chansons de marins… Et cette plongée dans le texte m’a permis de créer les ponts que tu nots.

C’était un peu l’idée : faire monter la sauce dans le premier, et bien remplir la gamelle du lecteur dans le second (parce qu’une sauce sans plat, c’est sympa mais sans plus). Et puis, on avait envie, Bojan et moi, de s’éclater.

Héhé.
Pour une scène précise, j’ai demandé à Bojan s’il voyait à quoi ressemblait la couverture du Dark Knight Returns, avec l’éclair. Comme il a les mêmes références que moi, il voyait très bien !

Pour lancer le truc, Jean-Luc Istin m’a demandé une scène de baston avec le monstre. Comme il était question qu’il apparaisse à le fin du premier, c’est l’une des scènes qui ont été écrites en premier (avec l’ouverture, par exemple). Du coup, très vite, la bestiole a été présente, dans les pages et dans notre esprit.
J’aime bien le côté surdimensionné, pour ma part. Genre : « il nous faudrait un plus gros bateau ».

Jim

Je me suis posé une question sur un détail.
Lors de la préparation du Pequod avant la première rencontre avec le « kraken », on voit qu’ils embarquent un cercueil en fer?
Ça fait référence au roman original ou à autre chose?
Pareil, on voit plusieurs fois des sortes de crocs sur le bastingage du Pequod. Je n’ai pas souvenir de ce point dans le roman (mais je l’ai lu il y a longtemps et pas aussi minutieusement que toi pour la préparation de « Grands Anciens »).

Alors faut que je me replonge dans la séquence. Je dirais que c’est un délire pour nous amuser, mais je ne sais plus.

Ça, c’est Bojan qui s’amuse, j’en suis sûr.

Mais pareil, ça remonte à quelques longues années, je me souviens précisément de certaines choses, mais y a plein de moments dans la réalisation des deux tomes qui sont devenus flous.

Jim

Le tome 1 n’était pas loin :

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:grin:

C’est le cercueil de Dio !

Tori.

Quand j’ai lu ton commentaire, je pensais que tu parlais du chanteur Ronnie James Dio:sweat_smile:
Google m’a expliqué que tu faisais référence à Jojo’s Bizarre Adventure (qu’il faut vraiment que je lise…).

Ah merci.
En fait, ce n’est pas un cercueil, c’est une caisse contenant les harpons de nouveau modèle fournis par les industries Barbicane, que visite Achab dans la séquence précédente. Dans la page qui suit celle dont tu montres un extrait, on voit les marins en ouvrir un et en sortir du matos… de pointe !!!

Toute cette mise en scène, tout ce foisonnement, c’est à Bojan qu’on le doit. Parce que le scénario est quand même nettement plus succinct. Ce que tu as montré :

Case 4 :

CUT : RETOUR SUR LE PASSÉ. Plan sur le port de Nantucket. On voit le Pequod, et plein de gens qui s’affairent autour.

Melville (voix off) :

«… mais certaines sont vraies.»

Achab (bulle sans queue) :

Allons, plus vite ! Nous appareillons dans deux heures !

Case 5 :

La caméra se rapproche. On voit Achab qui donne des consignes à ses marins.

Achab :

Fixez les lance-harpons sur le bastingage.

Case 6 :

GRANDE CASE. Sur le pont, les marins sont affairés à souder et visser les lance-harpons automatiques sur le bastingage. Achab surveille d’un air très sérieux.

Achab :

Assurez-vous qu’ils soient bien fixés, et que la tension des filins ne les arrachent pas du pont !

Case 7 :

Plan sur Achab qui discute avec Stubb, son second.

Stubb :

Nous repartons, Capitaine ?

Achab :

Oui, monsieur Stubb. Nous reprenons la mer pour une nouvelle campagne.

Et pour la page suivante, avec l’installation des harpons :

Case 1 :

Sur le pont, parmi les marins, on voit Queequeg, qui s’installe et discute avec d’autres marins.

Un marin :

Nous repartons chasser la baleine.

Un autre marin :

Nous voilà pour deux ans loin du port.

Case 2 :

Queequeg et les autres marins regardent Achab et les lance-harpons, d’un air étonné.

Queequeg :

Nouveaux harpons pour grosses baleines ?

Un marin :

J’ai jamais vu des machines pareilles. On va faire de la grosse prise !

Un autre marin :

Mais quand même, je me demande…

Case 3 :

Plan sur les hommes dans les mats, qui s’occupent des voiles.

Autre marin (hors-champ) :

… si les harpons sont mécaniques et sont fixés sur le baleinier…

Autre marin (hors-champ) :

… qu’est-ce qu’on va devenir, nous les harponneurs ?

C’est ce qui se passe quand on a un dessinateur qui en rajoute. On devient elliptique, suggestif, pour tout dire fainéant.
Et pour répondre à ta question, donc, tout cela, c’est Bojan qui rajoute des couches de détails. Un plaisir de bosser avec lui.

Jim

Jim « The Man » Lee !
(ou Stan Lainé)

Quand j’en serai au stade de Tonton Stan, le script, ça sera :
« Ils préparent le bateau. Tu as quatre planches. »

Jim

Ahab, par Billou :

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Ouais … mais je suis sûr que tu serais capable d’appeler le dessinateur et d’y passer 4h rien que pour lui dire ça.

C’est peut-être également ce que faisait Stan Lee.

Tori.

Il faut savoir entretenir les contacts humains !

Jim