HEROES IN CRISIS #1-9 (Tom King / Clay Mann)

(nikohell) #142

Je suis le récit sans être bouleversé ni troublé ni passionné … Mais c’est beau :slight_smile:

(Ben Wawe) #143

Est-ce que tu lis Heroes in Crisis ?

(KabFC) #144

Non juste vos retours et les préviews, mais ça ne donne pas envie, malgré les bons retours.

(Oncle Hermes) #145

J’avoue que ce #6, je serai bien en peine de dire, là comme ça tout de suite, ce qu’il apporte. Je subodore fortement la préparation du twist final et que le titre de l’épisode soit un indice (pas forcément celui prophétisé par Ben, mais quelque chose dans le genre, oui), mais en l’état, pour un épisode qui marque l’arrivée aux deux tiers de la série, ça ressemble étonnamment à un à peu près pur moment de sur-place.

Par contre les pages avec Gnark je me les accrocherais bien dans mon bureau, oui.

(Ben Wawe) #146

Ca reste un event de comics. Je serais curieux de voir quel pitch peut vraiment “détonner” dans ce domaine.
Le fond reste maintenant quasiment toujours le même ; reste la forme, pour diverger et intéresser encore.

C’est du “bétonnage” psychologique, oui. Pour préparer le final, pour que le lecteur se dise “ha oui, j’avais vu que…”.

(Hush2 0) #147

Je pense que nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec cette histoire. je vois bien Tom King rire dans ses moustaches. Y a un truc…mais quoi?

(sylvain cordurié) #148

Ah mais, des pitchs tops, on a en vu passer depuis 2000.
House of M, Civil War, WWH, Secret Invasion, Fear Itself et d’autres…
Le problème, c’est souvent la forme/le développement qui pêche, pas le postulat de départ.

Cela dit, la meilleure solution pour avoir des events moins formatés, c’est de revenir à des enjeux plus modestes, à des approches plus “intimistes”. Faut faire une pose avec les menaces sur l’univers/le multivers. Chez Marvel comme DC. En ce sens, Heroes in Crisis m’intéresse bien plus que No Justice et autres Totality.
Pour moi, l’une des plus grosses erreurs qu’ait fait Marvel par exemple, c’est Secret Wars. Pas le pire événement en terme de traitement si on n’est pas trop regardant, mais ses conséquences sont catastrophiques.
Franchement, relancer les FF après avoir fait de la famille Richards des Dieu le Père, c’est hard. À emmener les personnages trop loin, tu les flingues. Et comble de stupidité, Marvel n’a pas profité de l’arrêt de la série pour prendre de la distance avec leur déification…

(Ben Wawe) #149

… ou tout simplement rebooter ou simplifier sa continuité.
Une belle occasion manquée de réparer ou ranger les jouets mal placés.

(Hush2 0) #150

Et là, on ressort Venditti et son Hawkman et son génie simplificateur, non?

Venditti, l’anti Hickman?

(Ben Wawe) #151

Moui.
Malgré tout mon respect et mon affection pour ce que fait Venditti sur Hawkman, il ne fait “que” finaliser ce que Geoff Johns avait déjà enclenché.
Quand Johns, dans JSA, fait revenir Hawkman, c’est Carter Hall/Prince Khufu qui renaît sur Thanagar, avec des souvenirs de Katar Hol ; et, implicitement, l’idée que Carter Hall/Prince Khufu renaît via Katar Hol.

Venditti a eu la pertinence de zapper ce montage, pour “tout simplement” dire que l’esprit du personnage de base a voyagé autant entre le Temps que dans l’Espace - plus seulement dans l’Histoire, mais entre les planètes.
C’est malin et fin ; mais c’est plus une bonne finalisation, qu’une idée qui ne viendrait de nulle part.

Après…
Après, ce serait injuste aussi de condamner Hickman pour ce que Marvel a fait des conséquences de Secret Wars. Secret Wars finit avec les Richards en re-créateurs du Multivers, et un monde recréé ; et Hickman quitte Marvel, ensuite.
Qu’il n’y ait pas eu de reboot ou de simplification de la continuité par Marvel, ça tient d’Alonso, pas de Hickman.

(Blackiruah) a scindé ce sujet #152

33 messages ont été fusionnés à un sujet existant : FANTASTIC FOUR #1-7 (Dan Slott / Sara Pichelli, Aaron Kuder)

(Le Doc) #153

Heroes In Crisis #7

The Trinity may have uncovered the true killer responsible for the deaths at Sanctuary, but the artificial intelligence that ran the institution is the one thing standing between them and the culprit. Now Batman, Superman and Wonder Woman must face off with their own creation—and face the consequences for what they created. Also, as the truth is uncovered, Booster and Harley go from being enemies to allies.

Written by: Tom King
Art by: Clay Mann
Cover by: Mitch Gerads
Variant cover by: Ryan Sook

U.S. Price:
3.99
On Sale Date:
Mar 27 2019

Source : www.denogeeks.com

(Ben Wawe) #154

Tom King semble ne rien dire, ici, mais dit tout, en fait. Comme d’habitude depuis le début de cette saga, le scénariste joue avec le lecteur et ses attentes, et il évacue le jeu de pistes classique, l’énigme du tueur, pour plonger en fait et encore dans la psychologie de ses personnages. Surprenant, mais puissant.
Soyons directs : il paraît clair, maintenant, que Wally West est responsable de la tuerie du Sanctuaire. Comment, nous l’ignorons encore, mais cela sera expliqué sûrement au #8. Pourquoi, ou plutôt ce qui l’a fait basculer, ce n’est pas encore dit ; mais Tom King continue d’expliquer le contexte qui a pu pousser Wally à agir ainsi. En centralisant les pages de psychanalyse sur le personnage, en semblant ne pas dire grand-chose de lui, le scénariste en dit finalement énormément sur son approche du héros, littéralement fracassé par ce qu’il vit. Par la perte de sa femme, de ses enfants, et le fait que ça ne semble gêner personne ; que tout le monde attend de lui qu’il incarne l’Espoir, alors qu’il n’a plus aucun motif d’espérer.
C’est bien. C’est fort. C’est brillant. Mais c’est obscur, aussi. Heroes in Crisis est une lecture exigeante, pleine de faux-départs, de longues pauses, de révélations difficilement amenées ; il faut l’accepter. La saga vise moins à suivre une ligne classique, qu’à plonger dans la psyché de héros fracassés par des carrières faites d’épreuves et de drames. La gestion de Harley & Booster est à ce titre très fine, notamment dans le statut de héros “principaux ou non”, qui anime un dialogue. Tom King sait bien dialoguer, et il le montre encore ici ; son choix de Harley, Booster, Blue Beetle et Batgirl est aussi pertinent, tant ces personnages sont “importants”, mais jamais autant que les “grands”. Dont Batman et Flash, qui s’agitent, sûrs d’eux, mais qui n’arrivent pas à suivre.
Heroes in Crisis aura sûrement une fin qui ne ravira pas tout le monde, mais je demeure très impliqué dans la lecture ; ça “me prend”, comme on dit. Moins pour savoir qui a fait ça, que pour voir comment Tom King continue à transférer des problématiques très humaines aux demi-dieux de DC ; c’est fort, mais c’est dur. Clay Mann l’accompagne encore, et c’est très beau, mais il ne fait pas tout ; le trait de Travis Moore ne m’a pas marqué, même si c’est joli, et Jorge Fornes livre sa prestation de copycat de Weeks et Mazzucchelli avec sérieux.
Le graphisme est bon, même s’il est diversifié ; il sert, surtout, un récit perturbant, car il évoque tout simplement les failles et l’humanité des héros DC. Qui demeurent faillibles, même s’ils apparaissent comme des demi-dieux.

(nikohell) #155

Encore une fois, je ne rejoins pas ton avis. Pour moi, le suspens est totalement artificiel.
Les vignettes d’interviews ne sont présentes que pour combler le manque d’inspiration de l’auteur pour raconter autre chose.
Alors oui, Flash fouille le monde et batman scan sa batradio et c’est un peu près tout ce que ces deux enquêteurs de choc ont fait depuis 7 numéros … c’est maigre…
L’attrape moi si tu peux entre Booster et Harley, ça dure depuis le premier numéro et comme l’auteur ne sait pas quoi faire dire à Harley, il la fait chanter et se justifie par une simple phrase … Mouais ça passe mais j’attendais autre chose d’un kilafé.

Ca devient une certitude confirmée, les vignettes d’interviews ne servent à rien et Wally ne fait que répéter les causes de son trauma … Oui on a compris qu’il était brisé par la perte de sa famille et qu’il se rajoute la pression de devoir rester le flash incarnant l’espoir (notion fortement périmée depuis les années flashpoint où Flash quelque soit l’avatar semble faire son apprenti sorcier dans le modelage d’univers et où on ne les voit que se lamenter, l’espoir s’est depuis longtemps envolé sur ce personnage).

C’est à mon avis très creux tout ça … le seul point positif est que c’est beau …

J’imagine que la bombe médiatique de Loïs ne trouvera d’exploitation que dans les tie-in mais sérieusement, ils en ont pas marre de bafouer les héros et de les traîner plus bas que terre. En terme de caractérisation, j’ai encore du mal à comprendre comment la trinité a pu un jour se dire que cela suffirait à soigner les traumas de leurs collègues, j’ai plus l’impression que le Sanctuaire a été conçu comme un gros tapis leur permettant de mettre dessous les conséquences de leurs erreurs.
Pas de visite, juste des robots, des holos et des IA(s) … très “humain” comme traitement des problèmes psychologiques, une vraie bombe à retardement.

Et c’est là tout le fond du problème, si la base est bancale et incompatible avec la caractérisation des personnages (ou uniquement au niveau de la surface), dès que l’on creuse en profondeur, on ne peut que se dire que cette trinité a le quotient intellectuel et émotionnel d’une moule avariée qui sèche au soleil depuis 10 ans…

Tout ça ne fait que redonner plus d’éclat et de talent à l’identity crisis car si la partie graphique ne m’avait pas réjoui, le scénario et l’enquête étaient eux à la hauteur de mes attentes. En fait ce qui me déçoit, c’est que tout porte à croire que King va nous livrer une enquête, un whodunit mais qu’il ne livre qu’un rapport de faits abordés plus ou moins subtilement. Nous sommes spectateurs du récit, mais en aucun cas on essaie d’enquêter nous même en tant que lecteur. D’ailleurs c’est pour cela que les meilleurs détectives du monde se contente de poursuivre Harley et Booster dans le monde entier sans faire la moindre enquête, la moindre analyse d’indices …

Et contrairement à Ben qui encense la saga, les analyses psychologiques de l’auteur, je pense que tout ça est très survolé et pas fin du tout dans l’écriture, c’est dilué artificiellement, les fausses pistes sont identifiées comme telles dès le départ et punaise qu’est ce que c’est décousu … De là à lire les ties-in pour mieux comprendre, c’est un pas que je ne ferais pas. C’est une lecture exigeante en terme de patience surtout … C’est très grossier au final.

Ah si les seules fausses pistes que l’auteur offre, ce sont les couvertures qui n’ont jamais eu de lien direct avec le contenu … un peu limite donc … Ils auraient mis du brillant et tout le monde en slip que ça aurait été plus original :smile:

(Jack!) #156

Ah. C’est comme Batman en fait.

(Ben Wawe) #157

Bon sang, nikohell, c’est fou parce que je crois que je suis en désaccord avec tout ce que tu dis. :smiley:

Il l’est devenu, oui. Car finalement, Heroes in Crisis parle moins du “qui” que du “pourquoi”, ou “pourquoi c’en est arrivé là”.

Je suis en désaccord. Les vignettes montrent la réaction des personnages à leurs traumatismes ; et c’est quasiment toujours du déni, ici et dans la vraie vie. C’est dans leurs creux, dans ce qu’ils laissent échapper, qu’on peut comprendre l’ampleur de leurs drames.
Je trouve ça passionnant, car très vrai et juste.

Je crois que c’est là le point important : Heroes in Crisis n’est pas un “whodunnit”, en fait.
Dommage que DC l’ait présenté tel quel, cependant.

Ce n’est pas lui qui se rajoute ça, mais tous les autres ; et c’est terrible.
Imagine. Tu es piégé dans la Speed Force, personne ne t’en sort ; tu t’en échappes par chance, après un rejet de la femme que tu aimes. Tu découvres que tu as tout perdu : femme, enfants, réputation, gloire ; ton existence, même. Ceux qui se souviennent de toi sentent que quelque chose a changé… et pensent que ton retour implique un retour de l’espoir. Que tu dois incarner.
Mais tu n’as plus rien ; tu n’es plus rien. Sauf que personne ne le comprend, et on te met une pression pour incarner l’espoir. Tu es un héros, gentil, poli, bien élevé ; responsable. Tu assumes, alors. Mais t’es fracassé.
Bien sûr que ça tourne mal.

Ca ressemble beaucoup, cependant, aux centres de gestion des soldats traumatisés.

Moui. Une structure pour aider les traumatisés, c’est cohérent avec la Trinité. Perdue dans les champs, c’est légitime pour Superman. Dans la parole et la discussion, c’est adapté pour Wonder Woman. Géré par une IA qui surveille, c’est cohérent avec Batman.
Le Sanctuaire est cohérent, oui, avec la Trinité ; surtout si on y voit, en creux, leurs failles et psychoses.

Sérieusement ? Identity Crisis a une conclusion complètement ratée, basée uniquement sur “ho mais elle est folle, haha”. Le whodunnit est raté, car jamais le lecteur n’a la moindre possibilité de comprendre seule. La conclusion tombe comme un cheveu sur la soupe, la montée en puissance est bonne mais la révélation est d’une triste facilité.
Et je ne parle pas du fait de salir une période et des personnages qui ne le méritaient pas, juste pour buzzer.

Au contraire, ça pousse à comprendre qu’on ne mène pas une enquête, ici, mais une psychanalyse.

(nikohell) #158

Donc toi, tu sais d’ores et déjà que vu les traumas d’un Wally West, il va finir par péter un câble, moi je le sais aussi car c’est ainsi qu’on nous le présente dans Flash Wars et ce, uniquement via les dialogues. Comment passer à côté de ça quand on a un minimum d’empathie ? C’est pas comme si on les envoyait en cure de desintox où il faut les isoler de leur entourage parce qu’il peut être nocif.

Diana, Bruce et Clark eux ne se disent à aucun moment que ça va partir en couille, au contraire, laissons les aux mains de gentilles IA qui vont les écouter et les psychanalyser et ça va rouler … en gros on met tout ça sous le tapis et on est tranquille, on peut dormir.

Et perso, tu me vends une citrouille sur le marché en me disant que c’est une tomate, je te dis que tu vends de la merde … en l’occurrence, on me vend un whodunit et ça n’en est pas un.

Tu dis que c’est une psychanalyse, je dis que c’est rien de tout ça rien que pour ça :
Pourquoi si c’était vraiment le cas interdire la communication entre ceux qui ont subi un trauma similaire au travers de groupes de parole comme c’est fait pour les soldats traumatisés ? Pourquoi prôner l’enfermement sur soi même et l’isolation qui est la base de la thérapie du Sanctuaire, le tout complètement déshumanisé, sans contact avec d’autres interlocuteurs humains ?

(Ben Wawe) #159

Comme le font tous nos gouvernants sur les personnes traumatisées.

Oui. Merci à DC, qui “vend” si bien ces événements.
Je pense ici au mariage de Bat & Cat, pourri par des one-shots préalables alors que, si on s’en tient aux seuls épisodes de Tom King, le #50 est complètement logique. Mais la comm’ de DC a fait foirer le truc.

Pour préserver les identités secrètes. Pour éviter que les autres sachent que X est complètement fracassé. Pour permettre à Y de retourner malgré tout au front, car on a besoin de lui.
Par honte et gêne, en fait. Parce que les héros n’assument pas directement d’être faillibles ; même entre eux. Même la Trinité.

(nikohell) #160

Perso, on me présente le projet, je dis niet direct.

C’est bancal et ça ne peut que se casser la gueule soit en aggravant les choses soit en étant simplement inutile.

Je n’ai cependant pas l’âge de Wonder Woman, l’empathie de Superman et l’intelligence de Batman …

En fait, je n’arrive pas à comprendre cette façon inhumaine et profondément débile de traiter des traumas humains, c’est survoler le truc en étant à des années-lumière et c’est con parce que c’est ce qui fait que le tout se casse la gueule. C’est pas en parlant à un grille-pain que je vais me sentir mieux. Quoique, j’essaierais pour voir :smile:

C’est pas King dont on disait qu’il était un ancien soldat ou de la CIA ?

Si l’objectif était de montrer que les héros sont faillibles, il est atteint mais ne le savions nous pas avant ? Par contre, on s’aperçoit surtout qu’ils ne sont aussi pas très malins.

(Ben Wawe) #161

Oui, Tom King a été à la CIA.
Et je pense qu’il utilise Heroes in Crisis pour montrer que ce que tu dénonces, à savoir ce traitement froid, inhumain et déconnecté des traumas, ça existe dans la réalité pour les soldats ; il le transpose aux super-héros.