IGNITION CITY (Warren Ellis / Giancula Pagliarani)

Si vous aimez Warren Ellis, Glénat Comics vous gâte pour sa première vague de parutions…

[Lire l'article sur Superpouvoir](http://www.superpouvoir.com/news/1451/1-2-3-ignition.html)

Une bonne lecture selon moi, mais qui souffre d’un goût de trop peu. Dommage qu’elle se soit interrompu trop tôt. Ma critique dispo ici.

J’ai été un peu déçu par cette mini. Je m’attendais à une uchronie sympatoche et au final, ça aurait aussi bien pu se passer dans un western que ça n’aurait pas fondamentalement changé les choses. Les éléments anachroniques et/ou extraterrestres ne servent pas l’intrigue et la conclusion est franchement téléphonée.
Concernant Pagliarani, j’aime beaucoup sa manière de représenter les vieux véhicules rouillés et décatis, beaucoup moins sa façon de croquer les personnages.

[quote=“Antekrist”]J’ai été un peu déçu par cette mini. Je m’attendais à une uchronie sympatoche et au final, ça aurait aussi bien pu se passer dans un western que ça n’aurait pas fondamentalement changé les choses. Les éléments anachroniques et/ou extraterrestres ne servent pas l’intrigue et la conclusion est franchement téléphonée.
Concernant Pagliarani, j’aime beaucoup sa manière de représenter les vieux véhicules rouillés et décatis, beaucoup moins sa façon de croquer les personnages.[/quote]

Un des éléments peut-être trop discrets de cette histoire, c’est l’hommage aux grands héros de pulps et de strips, les Flash Gordon, Buck Rogers, Northwest Smith, etc. Un des thèmes est : que deviennent tous ces gens quand ils retombent sur terre.

Le Youri, par exemple, est terrible : il évoque directement la descente aux enfers de Youri Gagarine quand le Kremlin lui a interdit de repartir dans l’espace.

Ah. Alors disons que les références me sont passées au-dessus de la tête. Ce qui est finalement bien normal.

Voilà qui est dommage, car le jeu sur ces références constituent le principe même du bouquin.

Ce qui semblerait pointer un défaut de cette édition : l’absence d’un petit rédactionnel (même un truc sur la quatrième de couv) permettant au néophyte de s’y retrouver et d’apprécier le travail effectué sur les personnages, dont beaucoup sont méconnus en France.

[size=85]Ou alors c’est un problème de scénario.[/size]

Pour info, je suis moi-aussi passé à côté des références mais ici le scénariste s’attache au devenir d’un héros peu importe qui il a été. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ces images de héros de l’après l’acte héroïque…

Après lecture, je rejoins un peu l’avis d’Antekrist, un peu déçu sur l’ensemble, on s’approche de quelque chose mais sans aller au coeur… Il y avait matière à développer un peu l’univers. Ceci dit j’ai beaucoup aimé l’ambiance, lourde, pesante, où peu de choses se disent et beaucoup de choses se comprennent au regard. Chacun des personnages est charismatique, les auteurs ont vraiment travaillés là-dessus.

Une histoire qui se lit donc, j’ai vraiment retrouvé l’univers du scénariste découvert par freaks angel, qui aime particulièrement développer le côté psy des persos et leur donner forme… L’histoire de fond reste légère mais l’univers intéressant.

Absolument (enfin ceci dit, je connais Guy l’Eclair, mais je n’avais pas fait le rapprochement. Je ne suis pas sûr que la faute en incombe pleinement à Gleat). C’est un problème - espérons une simple erreur de jeunesse - que j’ai également constaté sur Wolf-Man (sisi), à propos de l’épisode d’Invincible. C’est bien de l’avoir inclus, ça aurait été mieux de nous expliquer où en était le personnage, vingt épisodes plus loin que la parution française.

Je partage cet avis, et je pense qu’il est inutile de reprocher à Glénat de ne pas avoir rajouté d’éditorial, il n’y en a pas dans la version US et l’histoire se lit très bien sans, me semble-t-il.
Une chose qui me semble également frappante, c’est qu’Ellis téléscope deux genres fictionnels, que sont la fiction spatiale et la fiction western. Et pour le coup, cette référence à la culture western est tellement accessible qu’elle porte la lecture, je crois. Ce faisant, il travaille sur la notion de frontière, d’avancée (la frontière de l’ouest ou la frontière de l’espace), et sur l’idée du désœuvrement qui naît de l’impossibilité (technique, politique, morale, psychologique…) d’aller de l’avant pour la franchir, cette “ultime frontière”. Là, du coup, les personnages sont de vieux astronautes ou de vieux shérifs, peu importe, ils sont juste coincés sur Terre, dans leur vie, dans leur passé.
Chez Ellis, il y a le thème récurrent du mouvement qui est égal à la vie. On a ça dès le début de sa carrière quand il écrit des trucs comme Hellstrom chez Marvel. C’est aussi, remarquons-le, le titre de la fin de son premier grand cycle de StormWatch, “Change or die”. Changer, bouger, avancer, c’est éviter de mourir. Or, là, qu’est-ce qu’on a ? Des personnages qui ne changent plus, qui ne bougent plus, qui n’avancent plus. Et donc qui meurent à petit feu.
Les personnages d’Ellis avancent. Sans ça, ils meurent.
Je crois qu’Ignition City parle de ça avant tout. Que les personnages soient des décalques de Flash Gordon ou de Youri Gagarine importe peu, au final : comme dans tout bon roman à clé, ces références ne font qu’apporter une deuxième lecture, sans ruine la première.

Jim

[quote=“Nikolavitch”]

[quote=“Antekrist”]J’ai été un peu déçu par cette mini. Je m’attendais à une uchronie sympatoche et au final, ça aurait aussi bien pu se passer dans un western que ça n’aurait pas fondamentalement changé les choses. Les éléments anachroniques et/ou extraterrestres ne servent pas l’intrigue et la conclusion est franchement téléphonée.
Concernant Pagliarani, j’aime beaucoup sa manière de représenter les vieux véhicules rouillés et décatis, beaucoup moins sa façon de croquer les personnages.[/quote]

Un des éléments peut-être trop discrets de cette histoire, c’est l’hommage aux grands héros de pulps et de strips, les Flash Gordon, Buck Rogers, Northwest Smith, etc. Un des thèmes est : que deviennent tous ces gens quand ils retombent sur terre.

Le Youri, par exemple, est terrible : il évoque directement la descente aux enfers de Youri Gagarine quand le Kremlin lui a interdit de repartir dans l’espace.[/quote]

Je ne peux d’ailleurs que renvoyer à un bouquin très passionnant, , d’Étienne Barillier, aux Moutons ÉlectriquesSteampunk : l’esthétique rétro-futur. Barillier s’intéresse donc aux récits qui mêlent passé et avenir, et parle à plusieurs reprises de Warren Ellis, parmi de nombreux autres auteurs de BD.

Au sujet d’Ignition City, Barillier a ces quelques lignes assez éclairantes :

[quote=“Étienne Barillier in Steampunk, pages 170-172”]Très récemment, Ellis s’est de nouveau frotté à l’exercice rétro-futuriste, avec la mini série Ignition City (2009, dessin de Gianluca Pagliarani). L’histoire se déroule en 1956, dans un monde devenu uchronique à la suite d’un invasion martienne survenue lors de la Deuxième Guerre mondiale. Une fois l’ennemi repoussé, le voyage spatial est devenu banal. Située sur une île circulaire et artificielle servant de port spatial, Ignition City est une ville dépotoir dont la population se compose d’astronautes déchus. Une jeune femme, Mary Raven, se rend sur place pour trouver l’assassin de son père, Rock Raven, un célèbre astronaute.
Projet imaginé en 2005, Ignition City s’inscrit avec brio dans la démarche métatextuelle, comme l’atteste la réutilisation de personnages fictifs appartenant à l’imaginaire populaire des années 1930 à 1950. Ce jeu référentiel vise essentiellement à ressusciter les héros des serials de science-fiction, l’équivalent cinématographique de ces pulps et de ces comic strips qui prospéraient dans l’entre-deux-guerres. Larry “Buster” Crabbe (1907-1983), l’acteur qui interpréta le premier Flash Gordon en 1936, apparaît sous les traits de Lionel “Buster” Crabb, un ami de Mary Raven. Le groupe des trois premiers voyageurs de l’espace, Lightning Bowman, Gayle Ransom et le docteur Vukovic, correspondent respectivement à Flash Gordon, Dale Arden et au docteur Zarkov. Bronco, c’est Buck Rogers - il passe son temps à expliquer qu’il vient du XXVe siècle. Enfin, le Marshal Pomery, homme de loi sillonnant le ciel à l’ai de d’un jet pack, évoque le héros du serial Commando Cody (1952-53).
Ellis ne s’arrête évidemment pas en si bon chemin et le scénariste s’amuse de toute évidence. Ainsi, le personnage de Piet Vanderkrik, un ancien membre de la patrouille solaire, faite référence à la série “Lensmen” (débutant en 1937) de l’écrivain E. E. “Doc” Smith, l’un des pères du space opera. Rock Raven, un astronaute anglais vétéran des campagnes contre les martiens, désigne pour sa part le héros britannique Dan Dare. Parmi ses autres sources d’inspiration, Ellis a ajouté la série télévisée Deadwood, le groupe Abney Park (que nous évoquerons plus loin), le film Metropolis, ainsi qu’une nouvelle de Ray Bradbury, “Rocket Summer”. Enfin, la galerie des personnages ne saurait être complète sans faire appel à un personnage historique, en l’occurrence Yuri, un valeureux cosmonaute russe disgracié et abandonné à Ignition City.[/quote]

Voilà.
Je crois, en définitive, que le récit ne pâtit guère de l’éventuelle méconnaissance des références qu’Ellis utilise : on comprend sans, mais c’est un plaisir de les découvrir.

Jim

Moi j’attends toujours l’annonce du Ellis que les Moutons nous ont promis quand même !

Tiens, c’est vrai que ça fait un moment qu’ils l’ont retiré du planning. Alex, tu sais si ce projet est toujours d’actualité?

Il est d’actualité, mais les intervenants étaient trop au taquet. en ce qui me concerne moi, j’ai déjà un pain de santé dû à la surcharge de boulot, alors attaquer ce bouquin maintenant serait juste suicidaire. Par contre, je compte attaquer ma part de la prod en Aout Septembre, quand deux ou trois gros trucs en cours auront été évacués de mon planning.

Pour la sortie, à ce stade, pas avant mi 2013, par contre.