INEXISTENCES (Christophe Bec)

Inexistences

Dans les montagnes perdues, tout n’est que désolation. Les survivants errent dans un paysage désolé où ne subsistent que des ruines prises dans les glaces. De grands cataclysmes ont soumis la planète à d’interminables hivers. Il existerait pourtant un sanctuaire où vivrait un enfant bleu, qui aurait conservé la mémoire des temps anciens. Une légende que va tenter de vérifier le sniper nommé Sol.

  • Éditeur ‏ : ‎ SOLEIL (6 décembre 2023)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2302099672
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2302099678
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 788 g

Un Ex-Libris Exclusif est proposé par Soleil / BD Fugue à l’occasion de la parution de « Inexistences » (Christophe Bec) le 06/12/2023 :

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Extraits :

Jim

Sol Gargamel ?

Christophe Bec sur son compte Facebook le 18 août 2025 :

EDITIONS SOLEL - FIN DE LA « COLLABORATION », RIDEAU SUR 3 DECENNIES !

Le quatrième tome de SURVIVAL, qui paraîtra prochainement, sera mon dernier album publié aux Éditions Soleil. Ainsi s’achèvent plus de 33 ans de collaboration – avec une parenthèse au début des années 2000.

Je devrais clore cette aventure avec reconnaissance. Pourtant, c’est avec une profonde amertume que je tourne cette page. Car si ces décennies ont été ponctuées de certains succès – des centaines de milliers d’albums vendus – et quelques échecs, elles ont surtout été minées par des problèmes récurrents, dont certains d’une gravité telle qu’ils ont rendu cette rupture inévitable.

Inutile de tous les énumérer, mais deux affaires restent emblématiques.

La première concerne un avenant mal rédigé sur un tome de PROMETHEE, qui a permis au dessinateur et à son agent d’empocher l’intégralité de mes droits d’auteur. Ils ont refusé de reverser ce qui m’était dû, et Guy Delcourt – qui venait de racheter Soleil – s’est toujours retranché derrière l’argument que « l’erreur » datait d’avant le rachat. Résultat : je n’ai jamais été indemnisé.

Deuxième exemple : TARZAN. J’étais censé écrire un troisième tome pour Éric Bourgier, qui rêvait d’en dessiner un après avoir signé les couvertures des deux premiers. Le projet était sur les rails. Il a été balayé au prétexte de ventes jugées insuffisantes. Certes, le premier tome n’a pas été un raz-de-marée en France, mais il a pourtant été traduit en une dizaine de langues. À cette époque, on me répétait que « l’album classique ne marche plus », et mes conditions contractuelles ont été divisées par deux. J’ai malgré tout accepté de continuer, séduit par des projets ambitieux (ou qui auraient dû l’être) : TARZAN donc, mais aussi BOB MORANE, la collection SURVIVAL, ou encore mon album très personnel INEXISTENCES. Mais j’ai vite constaté que les moyens de promotion n’étaient plus là. Même un succès comme OLYMPUS MONS n’a jamais été reconnu comme tel par l’éditeur. Chez eux, même quand la SF marche, elle « ne marche pas ».

Après le Covid, le ton a changé : mes scripts ont été systématiquement refusés, ou bien on me proposait de rares contrats assortis de conditions inacceptables. Chaque fois que j’ai tiré la sonnette d’alarme, on m’a répondu qu’il n’y avait « aucun problème ». Désinvolture, lâcheté ?.. J’aurais préféré qu’on me dise : « on ne veut plus de toi », au lieu de me laisser mariner ainsi pendant 2 ans.

Et puis est venu INEXISTENCES, un album crucial pour moi, sur lequel j’ai travaillé sur une période de quatre ans. Là encore, un coup bas du directeur de collection m’a amputé de mes droits d’auteur. Au final, deux courriers à Guy Delcourt, deux silences. J’avais pourtant accepté un contrat dérisoire en avances contre la liberté de pagination, misant sur les royalties comme seule chance de rentabiliser le projet. Encore une fois, je n’ai récolté que pertes et dédain.

Ce passif – auquel s’ajoutent bien d’autres problèmes non cités, mais je pourrais cependant ajouter un album entièrement dessiné non sorti, la série AURORA arrêtée : incapacité de l’éditeur à la vendre malgré le succès précédent des mêmes auteurs et d’énormes promesses non tenues – m’a aussi poussé à renoncer à BOB MORANE. Trois ans d’attente pour un feu vert sur un tome 4, avec des conditions pourtant très basses. J’ai fini par estimer qu’il n’était plus possible d’accepter un tel traitement et d’être encore dépendant ce cet éditeur, car ma décision était prise : couper les ponts définitivement.

Voilà comment, après plus de 30 ans de fidélité, plus de 100 albums publiés sans un seul retard de livraison et plusieurs séries qui ont trouvé leur public, je suis « remercié » par Soleil.

Je crois que cela en dit long. Pas seulement sur mon cas, mais sur la manière dont, dans ce milieu, un auteur est considéré : comme une vache à lait, puis comme simple variable d’ajustement, mais jamais comme un vrai partenaire.

EDIT - C’est une décision que j’ai prise il y a déjà deux ans, même si je ne l’annonce sur les réseaux que maintenant. Depuis, je me suis simplement contenté d’assurer le suivi, en professionnel (même si l’éditeur ne le méritait pas) des titres restants, puis je me suis tourné vers d’autres éditeurs — comme Le Lombard, par exemple — qui semblent vouloir collaborer avec moi au moins sur le moyen terme.
Comme je l’avais déjà expliqué, j’aurais préféré qu’on me dise clairement « stop » plutôt que de me laisser croire qu’il n’y avait aucun problème. Cela m’aurait permis d’anticiper, au lieu de me retrouver dans une situation très compliquée. À l’époque, j’ai heureusement pu rebondir hors de la BD, grâce à une proposition d’écriture pour une série télévisée, arrivée au bon moment et qui m’a littéralement sauvé la mise.

Jim

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Je vais chercher des chips et je reviens.

Décevant de la part de delcourt et de ses collaborateurs ?

Je sais pas.
Pas surprenant de la part du monde de l’édition.
(Parce que là, c’est un auteur qui est déçu d’un éditeur, lui-même racheté par un autre. Mais sérieux, c’est partout pareil.)

Jim

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J’ai l’impression qu’il est déçu des 2.

Pas très joli.

J imaginais ça plus cool les petites maisons d édition.

Dans le cas évoqué par Christophe, ce ne sont pas des petites maisons d’édition. Mais chez les petites, tu vois des trucs comparables. Et d’autres.

Jim

Il t en es arrivé de belles à toi aussi ?

Delcourt, ne disait on pas que c etait la plus grosse des petites ou la plus petite des grosses ?

Oui.
Mais pas du même ordre : Christophe le dit lui-même, il a eu quelques réussites, ce qui fait qu’il a souvent touché des droits sur les ventes et qu’il a été confronté à des cas où les droits lui étaient refusés (par incompétence, malveillance, maladresse…). Moi, ça ne m’est jamais arrivé, puisque aucune de mes bandes dessinées n’a généré de droits. Donc sur ce point-là, je n’ai aucune raison de me plaindre : les éditeurs n’ont pas tenté de m’arnaquer, puisqu’il n’y avait rien à arnaquer.
:wink:
(Et sur ce point, j’ai connu aussi des éditeurs qui font très bien leur boulot, qui savent rédiger les contrats en amont, et qui respectent les clauses desdits contrats et versent l’argent quand il est dû (dans ces derniers cas, c’est pas pour des BD, comme dit plus haut).)

Après, ouais, j’ai des tonnes de trucs à raconter. Concernant la promotion, souvent. Ah, les histoires autour des représentants. Mais aussi la fabrication, le suivi éditorial, l’écoute…
Et les copains m’en ont raconté de belles, aussi.

Possible, ouais. Mais maintenant, je le range parmi les gros, quand même.

Jim